Kant, Trailé de pédagogie, trad. Barni, p
Avec la persévérance, il faut enseigner à l'enfant la régularité. La persévérance tend et fatigue la volonté; la régularité la repose. On se délasse d’un travail en s'appliquant à un autre. La régularité n'est que la persévérance dans l'ordre une fois adopté. C'est grâce à elle que l’activité peut se dépenser sans s'épuiser. Que l'enfant ait donc des heures fixes pour le travail, le jeu, les repas, le sommeil. Kant, dont la vie était si minutieusement réglée, pense que « la disposition de la volonté, en général, d'agir suivant des principes fixes (et sans sauter, tantôt ci, tantôt là, comme les mouches), est quelque chose d'estimable * ».
Lorsqu'un enfant a pris l'habitude d'agir avec réflexion, avec persévérance, avec régularité, il est armé pour la conquête de la liberté. Bien loin d'être pour lui des chaînes, ces habitudes générales seront les instruments de son émancipation. Dès qu'il les possède, le maître peut sans crainte l’abandonner à lui-même, et le laisser entrer dans la vie, qui achèvera de faire de lui un homme.
Tels nous semblent être les principes généraux d'une éducation libérale de la volonté. Faire agir l'enfant et accroître ainsi son énergie intime, donner à sa volonté quelques bonnes habitudes générales, voilà en quoi se: résume cette éducation. Qu'on ne nous accuse pas de nous défier de la pédagogie et de réduire à rien le rôle de l'éducateur. Outre que ce rôle, tel que nous l'avons défini, exige beaucoup de probité, de conscience, de Jugement, nous croyons que seule une éducation large,
qui fait fond sur l’activité de l'enfant au lieu de remettre