Cf. M. de Mun, Correspondant du 10 décembre
Quant aux pères de famille qui envoient leurs enfants dans nos lycées, pense-t-on que si l’enseignement universitaire se faisait gloire d’être vraiment libéral — au lieu de s'en cacher — ils ne nous demeureraient pas fidèles ?
Peut-être même faut-il aller plus loin et se demander si, au point de vue de la seule habileté, la franche adhésion au libéralisme ne serait pas pour l'Université la tactique la plus avantageuse. L'enseignement « neutre » que l'on donne dans les lycées encourage et facilite la « contrefaçon ». Il n'est point difficile d'enseigner les « matières » du baccalauréat, quand on les a vidées de tout ce qui en fait l'intérêt et La vie. Et l’on sait que les établissements religieux et même les « institutions préparatoires aux baccalauréats » l'ont pu faire avec une aisance surprenante. Il n’en serait plus de même si l'enseignement des lycées était franchement libéral, si, comme le demande M. Boutmy, « renonçant aux petites recettes », il prenait les choses par le grand côté, si, loin de bannir les grands problèmes réputés dangereux, il se proposait d'y initier les jeunes gens. Un tel enseignement, les établissements religieux ne pourraient pas le donner; car, s'ils le donnaient, ils ne seraient plus des établissements religieux. « La vraie manière de décourager l'enseignement libre et de le vaincre, dit très bien M. Boutmy, c'est de faire ce qu'il ne pourrait pas faire sans se métamorphoser complètement. »
Est-ce à dire que nous voulions faire de l'enseignement une arme de propagande? Nullement. Nous ne pensons pas que la tactique qui consiste à défier l'adver-