‹ Les Rentes Viagères Servies par les Compagnies d'AssurancesChapitre 11 sur 54 · IT. — ASSURANCE D'UN CAPITAL DIFFÉRÉ · texte numérisé non relu

IT. — ASSURANCE D'UN CAPITAL DIFFÉRÉ

Nous n'en dirons pas autant d'une autre combinaison très usitée, très avantageuse, qu'on a voulu parfois assimiler aux rentes viagères différées ; il s’agit de l'assurance d'un capital différé. Dans ce contrat, l’assuré verse des primes annuelles pendant un certain temps, de même que pour une rente viagère différée. Mais, le délai du différé expiré, ce n’est plus une rente qu'il touche, c’est un capital. L'avantage est évident : le fruit des économies et des versements annuels est perçu d’un seul coup: plus de danger ici de toucher seulement un ou deux termes d’ar-

rérages ; toute perte est écartée, du moment que l’assuré

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vit au jour où expire le différé; et comme les contre-assurances fonctionnent habituellement, et très facilement avec ce contrat, tout risque peut être écarté pour l'assuré.

Aussi les praticiens conseillent-ils l'emploi du capital différé de préférence à celui de la rente viagère différée. Ils appuient même parfois ce conseil sur des raisons peu exactes. Nous relevons ces lignes, écrites par un actuaire, Actuarius, dans le Bulletin des institutions de prévoyance (1):

« Supposons qu'une personne àgée de 35 ans veuille se constituer une rente de 500 fr. à l’âge de 60 ans. Elle devra verser une somme, qui dépend de la table de mortalité et du taux employé. Or, cette même somme donnera droit à un certain capital différé, toujours payable à l’âge de 60 ans; et ce capital placé en une rente viagère immédiate, donnerait la même rente de 500 fr. Il est donc bien

inutile de s'engager d'avance. »

Contrôlons cette affirmation avec un tarif.

J'ai 35 ans : je me constitue une rente de 100 fr. payable après 25 ans ; je dois verser 383 fr. 73.

Cette même somme placée en capital différé me donnera droit à un capital de 1.142 fr. 73, payable à 60 ans. Or, ce capital placé en une rente viagère immédiate me donnera une rente de 95 fr. 98, et non plus de 100 fr.

À 60 ans, pour me constituer une rente viagère de 100 francs, j'aurais dû verser 1.190 fr. 66. Et, pour avoir ce capital de 1.190 fr. 66 à 60 ans, j'aurais dû, à 35 ans, payer 399 fr. 82, c'est à-dire 16 francs de plus que pour une rente viagère différée.

Les deux combinaisons ne sont donc pas identiques,

le

quoi qu'on en ait dit; et la rente viagère différée coûte moins cher que la rente viagère immédiate constituée au moyen d'un capital différé. Et cela s'explique, et pouvait se prévoir. En effet, lorsque je stipule dès maintenant une rente viagère différée après 25 ans, la Compagnie acquiert une double chance : celle de me voir mourir avant le délai expiré, et celle de me voir mourir peu de temps après.

Si au contraire je stipule un capital différé, sans m’engager à le replacer en rente viagère immédiate lorsqu'il sera devenu exigible, la Compagnie n’acquiert que la première chance; l'opération est moins avantageuse pour elle, il est juste qu’elle soit aussi plus coûteuse.

Il est vrai que si, à 60 ans, je place mon capital différé en viager, la Compagnie va acquérir la deuxième chance. Mais, à 60 ans, je ne suis plus un aussi bon client qu'à 35. À 60 ans j'ai, relativement, plus de chance de vieillir que je n’en avais à 35.

D'après les tables de mortalité de la Compagnie d’assurances générales, la vie moyenne est à 35 ans de 30,75 et à 60ans de 12,45. La Compagnie doit donc calculer ses tarifs, en considérant, si j'ai 35 ans, que je mourrai à 65 ans et 9 mois ; si j'ai 60 ans, que je mourrai à 73 ans. Elle me fera donc payer la même rente viagère, stipulée payable quand j'aurai 60 ans, plus cher si je stipule à 60 ans que si je stipule à 35.

Au surplus, et si avantageuse que puisse être l’assurance d'un capital différé, il semble bien qu’elle ne rentre pas dans le cadre de notre travail. Peu importe, en effet, que ce capital soit, par l'assuré, replacé en viager: son assurance lui donne droit à un capital, non à une rente viagère. Rien, quand il a conclu, n'impliquait le service d'une rente. Tout ce qu'on peut dire, c’est que l'assurance

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du capital différé est une assurance en cas de vie, que la rente viagère différée en est peut-être une autre; nous aurons à le rechercher. En tous cas, on ne doit pas pousser l'assimilation plus loin entre ces deux contrats.

Nous nous contenterons donc d'avoir mentionné le premier, pour l’écarter, et, nous restreignant exactement au contrat de rente viagère, nous nous trouvons du même coup avoir passé en revue les principales combinaisons de rentes viagères différées.

Indiquons, avant de les quitter, dans quelles proportions elles sont employées par rapport à l’ensemble des contrats de rentes viagères :

Assurances générales LR mn Ot TON ÉDION OR A I SE EE TON Nationales mr rt TER Ne ee PROD En Ernie TEE RE RE OS Urbaine sup rer "rs se A 00 SE AIGTE LR RS SE RERO COS

Une autre statistique, dressée par années et non pas par Compagnies, nous donne les chiffres suivants, qui représentent le nombre des contrats de rentes viagères différées ou de survie, par rapport au nombre des contrats de

rentes viagères immédiates, passés chaque année:

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