‹ Les scolies du manuscrit d'Aristophane à Ravenne; étude et collationChapitre 20 sur 232 · XVII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVII PRÉFACE

Parmi les confusions possibles, citons : celle de ππ et de r + produite par ce fait que le groupe #7 est toujours écrit "=, celle de σ et de :, l’ a très souvent une forme arrondie qui le rend très semblable au € lunaire de l’oncial.

Un fait assez curieux, c’est la présence, dans le manuscrit de Ravenne, d’un certain nombre d’abréviations purement tachygraphiques ; je veux dire d’abréviations qu’on ne trouve employées qu’en tachygraphie et qui ne sont pas passées

dans la minuscule. J'ai trouvé deux fois l’abréviation de ee, 9 L

Plutus, 170, va βασιλεύς ; Nuées, 1130, ERA = ληστευομένη. L’abréviation signalée par Hultsch (1), dans le Vaticanus 218 du douzième siècle, üx+t, #r+, 8m+, pOur ὅπερ, ἥπερ, ὕπερ, 56 rencontre aussi dans le Ravennas; j'ai trouvé ür+, Oiseaux, 1367, 1459; Paix, 123, de même ὥσπτ, Oiseaux , 1694 ; Paix, 34, 36, 64.

Un ne de l'abréviation tachygraphique de se trouve : Paix, 314 pour le mot Δημήτηρ, Peut-être faut-il considérer l’abréviation de οὐ dans ττὴν Lysistrata, 840 comme une abréviation mal faite de - = αὖ.

Tous ces passages se trouvent groupés à peu près au même endroit du manuscrit, à la fin des Oiseaux et au commencement de la Paix (2); ils appartiennent tous, sauf le passage douteux de Lysistrata, à un seul de nos copistes, à celui que nous nommons R!'; ce copiste ἃ fait en ce moment une échappée sur le terrain tachygraphique, échappée assez courte, mais qui prouve au moins qu'il avait con- ᾿ naissance des secrets de cette écriture. Les manuscrits tachygraphiques connus jusqu'ici sont assez peu nom= breux (3); ils appartiennent tous au dixième et au onzième siècles , la tachygraphie eut alors son moment de vogue, le copiste du Ravennas sacrifia lui aussi à la mode du jour (4),

(1) O. Lehmann, op. cit., p. 60.

(2) On a vu que les scolies des Chevaliers sont de ΗΠ": R! a écrit les scolies de la Paix aussitôt après avoir écrit celles des Oiseaux.

(3) La liste la plus complète de ces manuscrits se trouve dans le Journal des savants, 1881, p. 312 et suiv., article de Charles Graux sur la Griechische Pa-

læographie de M. Gardthausen.

(4) « En tout cas, le fait est qu'à le fin du neuvième siècle et pendant tout

PRÉFACE. KIZ

il se servit des abréviations tachygraphiques à peu près de la même façon que le copiste du ms. 990 de notre Bibliothèque nationale (1); il avait, lui aussi, pour excuse que l’espace lui manquait sur les marges pour la transcription des scolies ; mais l'emploi qu’il fit de l'écriture à la mode fut bien plus timide ; nous voyons les abréviations tachygraphiques apparaitre assez tard dans la partie des scolies écrite par R!{, οἱ disparaître presque aussitôt après. Tous ces faits ont leur intérêt, et, rapprochés des particularités que nous avons signalées pour les abréviations ordinaires, ils donnent une importance nouvelle à un manuscrit si intéressant déjà à tant d’autres égards.

Les dernières éditions des scolies d’Aristophane sont celles de W. Dindorf (Oxford, 1835, 8 vol.) et de F. Dübner (Paris, 1841, un vol. collection Didot). Ces deux éditions marquent un progrès très sérieux sur les précédentes, et en particulier les Adnotationes que Dübner a ajoutées à la fin du volume forment à ces textes souvent si difficiles un commentaire dont le secours est indispensable. Le défaut commun à ces deux éditions c'est de reposer sur une connaissance insuffisante (2) des manuscrits. Si parmi les textes que nous ἃ transmis l'antiquité il en est qui ont subi des altérations nombreuses, ce sont bien ces commentaires, ces notes explicatives, dont la sécheresse était une excuse pour la négligence des copistes, et qui, par la place qui leur était réservée sur les marges,

le dixième , il existe, pour un certain nombre de syllabes, deux manières de les écrire en abrégé : l’une selon le système ordinaire de la minuscule, l'autre selon le système sténographique byzantin. Les copistes qui, donnant dans la . mode, se sont plüs ou moins exercés à se servir de la nouvelle sténographie, mélent alors volontiers quelques signes néosténographiques aux abréviations du système ordinaire. » Charles Graux, op. cit. C’est tout à fait le cas pour le copiste du manuscrit de Ravenne.

(1) Ce manuscrit a été décrit par Ch: Graux, p. 316, op. cit.

(2) Cette insuffisance avait été signa lée pour le manuscrit de Venise dans une communication de M. Augsberger, lue à l’Académie de Munich par M. Bursian, cf. Sitzungsberichte der kôn. bayerischen Akademie der Wissenschaften zu München, 1877, ?° livr.

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