‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 12 sur 238 · I. Ihidcin, VI, i3'i note · texte numérisé non relu

I. Ihidcin, VI, i3'i note

■>.. Ibidem, VIII, -i ; 1\, 897 note.

D IIVTRODUCTION

crits des titres et même des explications à sa manière. C'est ainsi que, toute.s les fois que Froissart parle des gens du commun, il y ajoute une kyrielle d'épithètes injurieuses : u... cesmesclians villains, tuffeSy gaieliers, boinules, tenniilons, tacrlers, craffeurs, marrados et cvatimas, petaiix et gars loubaz. . . » , tellement étranges, remarque Siméon Luce, qu'on se demande, (( dans quel argot notre copiste a pu les ramasser ^ . ))

De ces épithètes, gaieliers a seul un aspect franchement argotique- : au sens de u diable », ce mot est en effet attesté dans la « Vie généreuse » (iSgô) et chez Guill. Bouchet (1597). Cependant deux témoignages à peu près contemporains considèrent le terme comme vulgaire et angevin. Dans son « Histoire des Spectres » (i6o5), Le Loyer affirme, p. 2o5 : (( En quelques quartiers d'Anjou on usurpe le nom de gaelier pour diable, et bien que ce soit entre les rustiques, si penseroy je que c'est une locution ancienne gauloise. » Et André du Chesne, dans ses u Controverses magiques » (161 1), confirme la remarque, p. 290 : (( Les démons sont appeliez par les François gaeliers, lutins, gobelins, moines bourrus, loups garoux ^. » Le terme n'appartiendrait donc à l'argot ancien qu'à titre d'emprunt dialectal.

Page 1