Œuvres d'Enst. Dcschamps, t. II, avant-propos
2. Remarque déjà faite par M. Ant. Thomas {Journal des Savants^ 1909, p. Uo).
3. Ces deux citations sont tirées du recueil posthume de Delboullo {liomania, igo/j, p. 362).
Les autres épithètes dérivent certainement des papiers provinciaux (c'est le cas de iajfes, déjà cité, Laiigued. Info, touffe de cheveux, et de gavs loiibaz, ce dernier répondant à loup garou) ; ou bien remontent à l'ancienne langue, comme tacrlers, dont le primitif tacre, poix, se lit dans un mystère du XV" siècle. Le Jour du Jugement : «... plus noires que tacres^. » Le dérivé tacvier trouve son pendant dans GuilL Bouchet : u Un mattois estoit tacroux et bruslé-. ))
En somme, rien de certain touchant l'argot dans les monuments littéraires jusqu'au milieu du xv" siècle, bien que les poètes du xni*' au xv" siècle aient souvent fait allusion à l'état piteux, réel ou contrefait, des gueux de leur temps. Faulx Semblant en fait une évocation tragique, dans le « Roman de la Rose » :
Quant je vois tous nus ces truans Trembler sor lemiers pnans De froit, de fain crier et braire ; Ne m'entreinet de ior airaire...^
Rutebeuf déplore leur misère dans son u Diz des Ribaux de Grève » , cette u chanson des gueux » du xiii" siècle :
Ribaut, or estes vos à point :
Li aubres despoillent Ior branches
Et vos n'aveiz de roi)e point ;
Si en aureiz froit à vos hanches...