‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 13 sur 238 · Œuvres d'Enst. Dcschamps, t. II, avant-propos · texte numérisé non relu

Œuvres d'Enst. Dcschamps, t. II, avant-propos

2. Remarque déjà faite par M. Ant. Thomas {Journal des Savants^ 1909, p. Uo).

3. Ces deux citations sont tirées du recueil posthume de Delboullo {liomania, igo/j, p. 362).

Les autres épithètes dérivent certainement des papiers provinciaux (c'est le cas de iajfes, déjà cité, Laiigued. Info, touffe de cheveux, et de gavs loiibaz, ce dernier répondant à loup garou) ; ou bien remontent à l'ancienne langue, comme tacrlers, dont le primitif tacre, poix, se lit dans un mystère du XV" siècle. Le Jour du Jugement : «... plus noires que tacres^. » Le dérivé tacvier trouve son pendant dans GuilL Bouchet : u Un mattois estoit tacroux et bruslé-. ))

En somme, rien de certain touchant l'argot dans les monuments littéraires jusqu'au milieu du xv" siècle, bien que les poètes du xni*' au xv" siècle aient souvent fait allusion à l'état piteux, réel ou contrefait, des gueux de leur temps. Faulx Semblant en fait une évocation tragique, dans le « Roman de la Rose » :

Quant je vois tous nus ces truans Trembler sor lemiers pnans De froit, de fain crier et braire ; Ne m'entreinet de ior airaire...^

Rutebeuf déplore leur misère dans son u Diz des Ribaux de Grève » , cette u chanson des gueux » du xiii" siècle :

Ribaut, or estes vos à point :

Li aubres despoillent Ior branches

Et vos n'aveiz de roi)e point ;

Si en aureiz froit à vos hanches...

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