Ed. i(jGo (1690) : Au long des entilTlcs
LE JARGON DE l' ARGOT REFORMÉ 2 25
truchenl sur le Coquillard. et qui n'y furent jamais, et qu'il 39 y a plus de dix ans qu'ils n'ont fait le pain benist en leurs Paroisses, et ne peuvent trouver le chemin à retourner en leur logis. Ils ne fichent que frontière au grand Coesre.
Les iinhins.
Hubins sont ceux là qui se disent avoir esté mordus des Loups ou llabins enragez. Ils triment ordinairement avec une lucque comme ils bient à S. Hubert i, ou qu'ils en viennent, qu'ils fichent aux Rastichons pour les recommander dans les Entifles. lis fichent un ragot par an au grand Coesre.
Les Polissons.
Polissons sont ceux qui ont des frusquins qui ne valent que froutiere : en Ilyver quand le gris bouesse, c'est lors que leur estât est le plus chenastrc. Les Rupines et Marcandiers leur fichent les unes un georget, les autres une lime ou haut de tire qu'ils solissent au Barbaudier du castu ou à d'autres qui les veulent abloquir. Ils Irollent ordinairement un guellard à leurs costez avec une roûillarde pour mettre le pivoys, ils entervent bravement attrimer l'ornie ; il s'en trouve grand quantité aux Estais, et fichent deux ragots au grand Goësre 3o par an.
Les Francs miloux.
Sont ceux qui sont mallades, ou qui font semblant de l'eslre, on les nomme les Ecamens, ils bient appuyez sur un sasbre,
1. Cf. Jaubert, Glossaire du Berry : « Saint-Hubert ou marchand de Saint-Hubert. Ou appelle ainsi les charlatans qui promènent dans nos foires et dans nos assemblées des images de S. Hubert, et qui vendent des bagues et des chapelets bénis qui ont la vertu de préserver de la rage. » Cf. H. Glouzot, Ancien Théâtre en Poitou, p. 391.
Les Sources de l'Argot Ancien. iD
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et bandez par le front, faisant les trcmbleurs. Ils ne fichent que cinq ronds par an au grand Coësre.
Les Capons.
Capons sont les Eschevins ' de la Triperie, dont la plupart sont casseurs de hane et doubleux. Ils ne sortent guercs des Yergnes, ils truchent dans les piolles où ils sont souvent à l'aguet et pour mouchailler s'ils trouveront quelque chose à descouvert pour le doubler. Ceux là ne fichent que floutiere aux Estats, car ils ne triment point.
Les Coiirtniix de boiitnnche.
Courtaux de boutanche sont des compagnons d'estat, dont les uns ne maquillent que durant l'hyver quand le gris saboulle-, et quand l'esté est venu, ils disent : « Fydu maquillage, qu'il est mion de ponifle qui a maistre. Voicy les cassantes, les verdouzes et lescalvins qui sont chenastres. » Les autres ne maquillent point en tout, ains trollent dessus leurs courbes quelques outils, dont on se sert en leur meslier, pour ce que leur colle en soit plus franche. Les autres quand ils sont en quelque vergue à ballader'', et qu'on leur dit qu'ils aillent maquiller, ils rouscaillent qu'il n'y a point de boutanche de leur estât en la vergue. Car ils disent estre d'un autre mestier qu'ils ne sont, et qu'ils sçavent qu'il n'y en a point en la vergne. La plus grand part d'iceux sont hays des autres Argotiers, pour ce qu'ils sont frolleux, et froUent sur la balle des frères, quand ils sont en quelque boutanche à maquiller.
^. Ed. 1728 : Capons sont les ccrivains de la triperie; éd. i8.'?6 Capon, écrivain. Cape, écriture, Capine, écritoire, Capir écrire; iefme fictifs qu'on lit dans tous les dictionnaires d'argot. ,