‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 133 sur 238 · Ed. 1690(1700): Froii · texte numérisé non relu

Ed. 1690(1700): Froii

LE JARGON DE l' ARGOT REFORMÉ 233

mouchaille des ornies de balle qui morfîoient du grenu en la court, il fiche de son sabre sur la tronche à une et la basourdie, et la met en son guellard et entroUe, puis quand il fut dehors, 4o il escrivit contre la lourde ce qui s'ensuit :

« Si le Rupin eust fiché du michon au marcandier, il n'eust pas entrollé son ornie de balle ».

Le Rupin sortant dehors advisa cet escrit, il le Icut, mais n'entervoit que lloutiere : il demanda au Rastichon de son village que c'estoit à dire que cela ? mais il n'entervoit pas mieux que seziere.

Arriva que je trimardois juxte la lourde de ce Pipet, advise cet escritoau, et commence à le lire ; une Cambrouse du Pipet me mouchailloit et en advertit le Rupin pour ce que je riois en le lisant, le Rupin me demande : « Vien ça, gros gueux, (|u*est ce que tu lis contre ma porte ? »

Vlors je mis le comble en la louche et luy respondis « Monsieur, c'est que ce bon pauvre qui vous demanda l'aumosnc un de ces jours, à qui vous ne donnastes rien, a escrit que si vous luy eussiez donné quelque chose, il n'eust pas emporté vostre poule d'Inde ».

Lors le Rupin en cholere jurant par la tronche du Havre que s'il attrappoit jamais des trucheurs en son Pipet, il leurs ficheroit cent coups de sasbre sur l'endosse, et meziere de happer le taillis et ambier le plus gourdement qu'il me fut 4i possible.

Le Polisson.

Le Havre garde [de] mal le frère, puis qu'il a eu si bel esprit.

Le ^Ialingreux.

Yeux tu venir prendre la morfe et peausser avec meziere en une des pioUes que tu m'as rouscaillé ?

Le Polisson.

Il n'y a ny rond ny herplus, ne brocque en ma felouze, je vois peausser en quelque grcnafle.

•î34 documents jargoivnesques

Le Malingreux.

Encore que tu n'nye de michon, ne laisse de venir, il y a deux menées de rond {nie) en ma liane et deux ornies en mon guellard que j'ay egraillce sur le trimard, bions ' les faire rifodcr, veux tu ?

Le Polisson.

(iirolle, et benisl soit le nom du Havre, qui m'a fait rencontrer si chenastrc occasion, je m'en vois m'entrejoùir et chanter une chanson :

Chanson de l'Argot.

Sur le chant : Si les murailles de Poicliers.

Qui veut ouyr rouscailler

D'un appelé le grand Coësre,

Dasbuche des Argotiers,

Et des Truclieurs le grand Maistro,

Et aussi de tous ces vassaux.

Vive {sic) les enfans de la Truche !

Vive les enfans de l'Argot !

Premièrement les Cagous Sont ainsi comme les Princes :

Et sont honorez de tous Les Trucheurs de nos Provinces, Comme aussi les Archi-Supposts.

Vive les enfans de la Truche !

Vive les enfans de l'Argot !

Les Drilles ou les Narquois, En revenant de la grive.

En trimardant quelque fois, Hasourdissc (sic) des ornies.

Ou quelque chenastre castros.

Vive les enfans de la Truche !

Vive les enfans de l'Argot !

Page 1