l/édilion de iGOo intercale ici la description suivante
Cour des Miracles, ou Piolle franche, où les Argotiers et les Gueux font leur retraicte.
Apres vous avoir descrit la vie et les mœurs des Gueux et Argotiers, et le langaf^re dont ils usent journellement entre eux, et pour n'estre entendu par le commun, et après aussi vous avoir dépeint l«'s inventions et les ruses dont ils se servent pour entretenir leur vie en la paresse de feneantise, j'ay trouvé qu'il seroit à propos de vo\is faire quelque petit discours du lieu auquel il font retraicte.
Ce lieu s'appelle en leur jargon la Cour des Miracles, ou Piolle franche, et dont l'oste se nomme piollier Francillon, entre les mains duquel ils mettent en depost tout ce qu'ils ont gaigné, car ils appellent gaigner, quand ils ont couppé quelque bource, ou demeceint ( ^= demi-ceint) d'argent ou desrober quelqu'autre chose. Et est ditte Cour des Miracles, d'autant que c'est le lieu où toutes sortes de malades trouvent leur guarison, c'est là où les aveugles recouvrent clarté, les sourds et muets entendent et parlent, c'est le lieu où ceux qui sont frénétiques et estropiez de la cervelle reviennent en leur bon sens, où les paralitiques reçoivent une entière et saine disposition de leurs corps, l'hydropiqvie est soulagé de son enfleure, la violente ardeur de la fièvre est esteinte, le flux de sang estanché, et où les impotens mesmes recouvrent l'entier maniement de tous leurs membres, et en un mot c'est la vraye boutique d'Esculape qui guérit toutes sortes d'infirmitez et maladies. Ce n'est donc pas sans subject qu'elle est ainsi nommée, puis que nous en voyons tous les jours les effects. Car l;i plupart d'iccux paroissans beaucoup malades par les riies ou dans
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Resjouissance des Argotiers, sur la prise de La Rochelle.
b'] Puisque l'Angluche qui estoit égarée,
Contraincte par la faim, a esté attrimée, Tl y aura du repos et plus de grive en France, Et faudra aux ornies pour trimer des potences. Sus donc, frères Argotiers, selon nostre musique. Pour chanter gourdement au Havre ce cantique,
les Eglises, estans revenus en cette Cour, ou PioUe franche, ils boi vent et mangent des mieux, et sont incontinent guéris de leurs maladies par la liqueur bachique qui leur sert d'antidote.
Davantage, cette Cour rend ses Courtisans si libres et affranchis de tout soin des affaires du monde, qu'ils ne se soucient du futur, jouysscnt paisiblement du présent et selon leur gain font leur dcspence sans qu'il reste rien pour le lendemain. Scachans bien que la Providence divine nourrit et alimente toutes les creatui'es de la terre, leur pourvoira de viande pour les rassasier. Et craignant que ce qu'ils auroient de reserve, n'inquietast en quelque façon leur repos lors qu'incontinent après leur travail ordinaire et leur réfection prise, le sommeil se vient insensiblement glisser sur leurs paupières, pour les faire jouyr de la douceur de ses charmes. Ils vivent, dis je, tellement ensevelis dans l'oisiveté (qui à bon droict est estimée la mère de toutes meschantes inventions, la source et origine des vices, et la pépinière de tous maux) qu'ils prefereroient volontiers ceste manière de vie à tous les contentements et délices du monde si elles estoient accompagnées de quelque peu de travail. Je ne m'estendray davantage sur ce discours, craignant que quelque esprit léger qui auroit le jugement de travers, ne vint à le censurer, et dire que je voudrois en cela esteindre la charité des gens de bien envers les pauvres ; mais tant s'en faut que je n'aye jamais une seule pensée de la refroidir en quelque façon que ce soit, qu'au contraire si mes paroles avoient assez d'énergie et d'eflicace pour vous l'augmenter davantage, je voudrois couldre les jours et les nuicts ensemble, pour les employer à un si bon office." Mon intention n'estant pas aussi de parler de ces pauvres desquels notre Seig. fait mention en son Evangile, mais bien de ceux quierrans et vacabons par le monde, sans aucune incommodité de leurs membres, meinent une vie de tout feneante et paresseuse et. comme freslons, mangent le miel des abeilles, et toutesfois ne font ne miel ne cire.
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LE JARGON Di: i/aUGOT REFOHME 247
Honorant son S. Nom qui a besnit les Armes Du Dasbuche François, malgré tous les alarmes. Commencez, Ralichons, Uupins et Marcandiers, Laboureurs, Vignerons et tous les Argotiers, Entremêlant leurs chants ne feront qu'une langue. Min lie rouscailler la divine louange.
<() chenaslre Seigneur, qui d'une forte lousclic 58
As fait humilier cette N ergnc farouche Dessous les pasturons du Dasbuche Lotis, i/aquigeant triompher dessus ses ennemis, Xouzaille t'en rendons mille grâces immortelles Et à tcziere soit gloire sempiternelle!
•<^>uc le ciel et la dure, les sabres et campagnes, Les cavernes, rochers et superbes montaignes, Te bénissent à jamais, accordant leur silence <) son de nos voix par grand resjouissance. En te priant aussi de tousjours conserver La Noble Fleur de Lys, et de vouloir foncer, Pour combler de bonheur et bénédictions, A son Oingt bien aymé de beaux petits Mions. Et généralement te prions pour les Princes, Et chenastre Pharos des Vergues et Provinces Et ceux qu'on a cosny basourdy à la grive, ^^u'o teziere. Seigneur, éternellement vive!
Fix.
Lucqiie.
\ouzaillcs, Archisupposl de la Monarchie Argotique, de 59 l'authorité du grand ('oësre fouquons pour Lucque authentique, à toutimes qu'il appartiendra : Qu'avons mouchaillé le présent livre intitulé : Le Jargon on langage de l'Argot reformé eic, et n'avons trouvé en iceluy que floutiere qui soit contraire à l'Estat de celte dite Monarchie Argotique. Ains l'avons trouvé utile et profitable pour l'instruction de tous Argotiers, et autres qui voudront enterver et rouscailler Bigorne, aquiger et passer dans une (jrenafle. La huictiesnic (Jalcndc de Février,
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et luysant de Mardy Gras. En tesmoing de quoy avons signé les présentes.
Fiacre I'Amballeur et Philbert Gandallin ^
I. Les éditions de colportage finissent avec la Chanson de l'anjot, suivie d'un
GONDÉ
J'itre mouchaillé le babillard, qui se bagoule Diciionnairc argotique, maquillé par M. B. H. D. S., l'un de nos archisuppôts, et j'itre toutimc babillé, je n'y jtre mouchaillé lloutière de vain et otépinière de chenu, pourquoi j'itre foncé condé de la cartauder. A. Turcan en jaune de la longue qui bovile, B. F. Cagou du grand Coëre.