‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 175 sur 238 · I. Les Routiers · texte numérisé non relu

I. Les Routiers

C'est un fait général dans l'histoire des années mercenaires du moyen-âge qu'elles ont toujours essaimé derrière elles des brigands, soit que les larrons aient agi sur leurs traces et à leur exemple, soit (lue les soudoyés licenciés se soient faits larrons.

Pendant les grandes querelles de la fin du \iv siècle entre Aragon et Navarre, entre Brabant et Lorraine, apparut pour la première fois en Fiance toute une armée de partisans : « Aragonais, Basques, Navarrais, Mainades, Triaverdins, Brabançons, Coteraax ou routiers, armée si diverse dans ses éléments, si unie dans le but de ses opérations, le désordre et le pillage «^

En 1181, les Cotereaux envahissaient le Limousin ; en ii83 on rencontre une autre bande, celle des Paillards. Ils s'attaquaient en particulier aux églises. Une ligue militaire des habitants, les Capuciati, les secours de Philippe-Auguste parvinrent non sans peine à les arrêter. Voici le récit de la fin des Cotereaux, comme on le lit dans la vieille traduction française des Grandes chroniques de Saint-Denys "^ suivant les Gesta Philippi Augasti de Rigord :

« En cette année furent occis sept mille Coteriaux en la conté de Bouro^es et plus. Si les occistrent ceulx du pays par le secours que le roy leur iist, pour la très grant desloyauté qu'il faisoient par tout le pays. Car il entrèrent en la terre le roy par force, et prenoient les proies, et prenoient les païsans du pays, si les metoient en liens, et les trainoient après eiilx ainsi comme esclaves, et dormoient avec les femmes de ceulx qu'il emmenoient ainsi, volant eulx meismes. Et plus, plus grans douleurs faisoient encore : car

1. H. Géraud, Les Routiers au xn' siècle, dans la Bibl. de l'Ecole des Chartes, III, 125-1/17.

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