‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 178 sur 238 · Yernier, op. cit · texte numérisé non relu

Yernier, op. cit

3. Les Tard Venus en Lyonnais, Forez et Beaujolais, iSSG-iSGg, Lvon, 188C.

"'i. Ihid., p. T),").

5. « Si se partist Monseigneur Hertran à tous ses bretons », dit Froissart en iHGI.

(■). Arch. Nat., JJ 120, p. iSy.

7. l)ouet-d'Arcq, Pièces relatives au règm; de Charles F/, t. I, p. 29.

8. Les Fortunes et adversilez . . . de Jean Régnier, éd. P. Lacroix, p. 10,

Les Sources de l'Argot Aucie.c. ^o

Ces Anglais, Gascons, Bretons et Normands, Bcitrand du (lucsclin tenta bien de les conduire en Espagne en i365. Mais ils furent encore après cette date la désolation du royaume de France.

In des faits qui montre le mieux comment s'adaptèrent les larrons aux habitudes des routiers se rencontre dans l'ordonnance du 9 mars i4oo (n. st.) faisant défense de chevaucher le visage couvert ; et par suite on peut croire que les gens d'armes ne se privèrent pas de tourner leurs cornettes sur leur figure pour larronner à l'occasion:

(( Charles etc. comme nous avons entendu que ])lusieurs de nos subgiez, nobles et autres, aient de nouvel prins à chevaucher les visages cmbrunchés de leurs chapperons, tellement que l'en ne les peust congnoistre ne voir leurs visaiges à descouvert, excepté les yeux tant seulement, et soubz umbre de ce aucuns malfaicteurs ont entreprins à chevaucher en telle manière, par lesquels ont esté et sont faits plusieurs murdres et roberies, excès et maléfices, desqviels ne i^eut estre faict pugnicion... Poiu-quoy nous, ces choses considérées etc. vous mandons, et pour ce que autres fois par nos ordonnances royaulx a esté deffendu que nul neportast faulx visaiges ne embrnnchez... commectons que diligemment et secrètement vous informez etc.. 1 »

Cette information ne mit pas fin à l'usage d'aller par les routes le visage couvert. \ous avons vu cette pratique dans l'affaire des « faux visages ».

La querelle d'Orléans et de Bourgogne amena dans la France du Nord les rudes bandes du sud ouest, les Armagnacs (i^ii). 11 faut lire, dans le Bourgeois de Paris ou le Religieux de Saint-Denys, le lécit des exploits de ces « faux bendés )>. Au nom seul d'Armagnac les villages se vidaient^. On disait que ces tyrajis cruels transformaient les églises en écurie pour leurs chevaux et les autels en mangeoires ^. Le triste nom d'Armagnac survivra à la mort du connétable (i4i8) : c'est ainsi que les documents des bords du Rhin désigneront encore les bandes des Ecorchcurs de i444-

Après la défaite d'Azincourt (i4i5) et pendant l'occupation anglaise ce fut pis encore. On nommait brigand, au temps de

I. Livre rouge vieil du Chàtelet, copie de la liibl. de la Préfeclure de Police, fol. 307.

a. Le Bourgeois de Paris, p. 11 et suiv. .'>. Religieux de Sainl-Denys, t. Y!, p. 32 1.

LES SOCrETES DANGEREUSES DU XV'' SIECLE

l^'ioissart, le soldat à pied qui avait pour arme défensive la cotte de mailles appelée brigandine. Maint(Mianl les paysans révoltés étaient dits brigands, ou brigandsdes bois. Le premier ferme est courant dans la cliancellerie anglaise pour désigner depuis i4i5 ceux ([ui n'acceptèrent point, en Normandie surtout et sur les confins de cette province, la domination étrangère. Mais à côté d'eux on vit bientôt toute la classe des misérables et des sans aveu. En ï\^G, au mois de janvier, note le Bourgeois de Paris', « vint une grant plainte à Paris des laboureurs pour larrons brigans qui estoient entour à xu, à \vi, à \x lieues de Paris et faisoient tant de maulxquenul ne ledisoit; et si n'avoient point d'aveu et nul eslandart, estoient pouvres gentilz liommes qui ainsi de\enoient larrons de jour et de miN t...» Le prévôt de Paris en arrêta 200 ; le 9, on amenait à Paris « deux charretcs des plus gros », une vingtaine environ.

Ami ou ennemi, (jui était alors le moins redoutable.^ Les pauvres Ecossais^, pour nous avoir donné leur sang, n'étaient pas moins exécrés tpje les Armagnacs. Après la bataille de \erneuil on se réjouit d'en être délivrés, même au prix de la défaite '. Quand on les attrapait, on les pendait comme fit Ricbemont en i4-^8 du capitaine Bouais Glavy^. Quand Villon souhaite à l'une de ses victimes un haut gorgerin d'Ecossais, il faut entendre non la pièce d'armure qui défend le cou, mais bien la potence.

.J'ay la conscience aussi large

Que les hoiisseaulx d'un Escossoys.

était une façon de proverbe à la fin du xv" siècle ••. Et (^ollerye'^' dira :

Ils sont larrons comme Escossoys

(hii vont pillotant les villaiges.

Mais ce sont surtout les derniers venus de ces mercenaires

■2. Li plus trnant en Ecosse (Crapelet, Pioverbcs et dictons du xiii* siècle, p. 78).

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