Molinet, éd. Buchon, l\, laS-iSo
roiistalalioiis. On lit dans le Jargon dos Coquillards do 1^55 : Un bref on c'est un larron.
Nous l'avons vu : la Brota<ino, pauvro ot avonturouso, avait donné do nombreux enfants perdus aux bandes du xiV sièele. Les Bretons a>aient naturellement suivi Hertranddu (ùiesrlin et sa fortune. Le mot breton, dans les documents italiens surtout, désij^Miora dès ce temps toutes sortes de bandes ^ On lit. dans Eustaclie Doschamps, on i375 (IV, 210-aii) :
Les Bretons ont fait cantïpaigne Pour aler en Alemaignc O le seigneur do Goucy.
En i.'i8(j. pendant les préparatifs faits on Flandre pour le passaofo en An<;loterro, on voit ((u'un routier « avec d'autres compagnons bretons », avaient rompu les coffres, les armoires ot les portos de l'église do Bailleur^.
Lu siècle plus tard, dans un vocabulaire do jargon, le mol signifiera larron. C]e mot nous le retrouverons encore, dans la mémo acception, lors du procès do Jehan Olivier, prisomiier au Cliàtelet de Paris, ot que l'évoque réclamait comme clerc le la avril 1470 (n. st.) 3.
Ce bandit, près deChinon, avait percé de quatorze coups do dague un jeune compagnon pour lui voler sa bourse : « Dit que c'est un breton liabondonno, ot se alie à d'autres bretons (jui pillent poules ot contraignent les gens à paier leurs oscot/ quaid ilz les trouvent en tavernes; et s'il n'y a ame Hz distront à l'oste quant ilz ont fait qu'ilz paieront une autres foiz, et s'ilz en parlent, les menassent. Il porto toujours ungospieu surson col, ot on ofTect il est incorrigible... »
On dira au xv" siècle :
Dien nous gard' d'un tour de Breton '».
Le proverbe ironique :
Bretons sont gens ^,
1. Villani ; Ducange av. v. Britones ; « Bretons, Gascons ou Galioursins, quelquefois Anglais, tel était le nom donné par les Italiens aux routiers étrangers pendant le xiv' siècle » (P. Durrieu, les Gascons en Halle, p. 107-109).
■>.. Registre dnCliâtelet, I, GG.
;L Arcli. Nat., X" 83ii, fol. 200.
h. Parnasse sa lyrique, p. p. Marcel Sclnvob, p. 195.