‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 185 sur 238 · Rabelais, prologue du iv' livre · texte numérisé non relu

Rabelais, prologue du iv' livre

rappelle leur violence ^ Une lettre de rémission nous montre qu'on le tenait pour une insulte'^ : « Estes vous assez gens de bien pour avoir ungfeu ? Au fort, oïl : car bretons sont gens. Il y en a de trois manières : les ungs sont larrons, les autres ne se peuent tenir d'embler (on lui fait répéter et Guillaume Guymart d'Angers de dire : Bretons sont gens; il y en a de trois manières : les ungs sont chevaliers, les autres escuiers, et les autres gentilzhommes) ».

Le mot brigand nous présente une évolution analogue. <rétait au temps de Froissart le piéton armé de la brigandine ; après i4i5, le mot désignera les paysans révoltés. Dès 1426, le Bourgeois de Paris parlera des exploits d'un larron brigand.

Enfin ces bandes étaient internationales. On connaissait dans le peuple leurs jurons •^ leurs injures^, leurs mots de cabaret. Les Anglais et les Ecossais ont eu leur part dans cet apport.

On a noté déjà un fond commun au jargon et aux langues méridionales, fait expliqué jusqu'ici par le rôle du port de Marseille où s'embarquaient les galériens dès François P"^-^. N'y a-t-il pas lieu de croire que les compagnies de routiers lombards et espagnols contribuèrent à répandre leurs mots ") Il est curieux de rencontrer dans le jargon les mots bazir et rafle (tuer et le feu;. Or ces bandes méridionales formèrent de beaucoup les contingents les plus nombreux des Grandes Compagnies et surtout des Ecorcheurs qui se transformèrent si facilement en brigands. Eustache Deschamps qui avait vu

Page 1