I. Arch. Nat., X
tonsure qu'Etienne Tierrier disait avoir reçu de l'Evêque de Chartres ne valait rien, puisqu'il n'était pas son diocésain : il était en outre marié, vielleur, « coquin » au temps qu'il l'aurait reçue. Barbin déclarait qu'alors de tels gens pullulaient en France, causant des maux infinis.
« Et en a plusieurs, comme Barrii, qui faignent avoir maladie caduque et se laissent cheoir es assemblées, par les éj^lises et par les chemins, sans avoir aucun mal »,
Parmi eux on rencontrait encore de faux lépreux, comme ce Guillemin Masse, prisonnier à Evreux en 1/167, « pour ce qu'il avoit esté trouvé quérant sa vie sur le païs, faignant estre ladre, et que de sa cornette il couvrit son visaige qui estoit broullé de terre'». La Moralité de V Aveugle et du Boiteux'^ d'André de la Vigne (1^96) nous fait connaître encore les ruses des faux mendiants pour se donner les apparences de plaies pitoyables.
Certes leur réputation était détestable ; mais il faut avouer qu'elle était justifiée à considérer les faits dont ils se rendaient coupables. Le 19 juillet i^Ga la municipalité de Dijon signalait ainsi une bande de mendiants :
« L'en fait sçavoir à tous etc. pour ce qu'il est venu à la conprnoissance de messieurs les mayeur et eschevins de ceste bonne ville de Dijon que plusieurs empoisonneurs se sont mis sus et vont ou royaulme de France, mendians et quérant leur vie et ont desja empoisonnez certain puiz à Har sur Aulbe et luic fontaine à Clervaulx l'abbaye... mesmement, comme l'en dit, que l'un desdits empoisonneurs, qui est prins et prisonnier à Guigny le Chaslel, a confessez qu'il venoit tout droit en ceste ville... »
Sur quoi on ordonna de faire recouvrir les puits •''.
Mais faut-il considérer la classe des mendiants, suivant le Liber Vagatorum, comme le type par excellence des sociétés dangereuses ? Ont-ils eu une influence dans la formation et la dispersion d'un jargon ? C'est ce que les documents français ne montrent nullement.