Arch. Nat., X^^ lundi, 21 avril i4/i
30 ans, le 3i mars 1^61 ^ Pour attraper i'arg-ont des bonnes gens il se frappait de certaine pierre contre la poitrine et d'une petite bille de cire hérissée d'épingles. Il y avait trois ans qu'il errait ainsi. Car, ayant tué son frère d'un coup de dague, il avait été chercher son absolution à Rome ; et le pape lui avait enjoint, disait il, de faire pénitence. On le menaça de la question : il ne tarda pas à avouer qu'il faisait cela <( pour la lucrative, et afin que les gens feussent meu a plus grant dévocion de lui donner». Signe inquiétant: Luxale n'avait plus ses oreilles ! « Abus, fraude et baraterie et cabuserie » : ainsi l'enquêteur estimait de telles pratiques.
Les pèlerinages donnèrent naissance également à d'autres supercheries pour sui'pendre la boinie foi des naïfs : entre autres le commerce et l'exploitation des reliques que l'on voit lleurir dès l'époque mérovingienne'-.
On lit dans la Nef des fous de Sébastien Brandt (i^g'i) : « De même font les marchands de reliques qui se prosternent et vont en pèlerinage, qui ne manquent à aucune dédicace pour y crier publiquement comme quoi ils portent dans leur sac le foin qui était tout enfoui sous la crèche de Bethléhem; une plume de l'aile de saint Michel ; aussi une bride du cheval de saint Georges, ou les gros souliers de sainte Claire... ». Us portaient à leur chapeau des images sacrées, surtout de la Véronique, des coquilles. Ils se vendaient les uns aux autres ces ornements, faisant accroire qu'ils avaient été dans les villes dont ils portaient les signes^.
Voici une ordonnance de Charles Vil où les abus de faux quêteurs sont dévoilés^ :
« Ctiarles, etc. à nostre bien amé Henry, esleu sur le fait des aides ordonnées pour la guerre à Usées, salut. Nous avons entendu que es provinces de Reims, Sens et autres pais en Gliampagne, a plusieurs questeurs et abuseurs qui lent et commectent de jour en Jour, et ont fait et commis le temps passé sur nos subgetz, et à la grant charge et linilc d'icf'ul\, plusieurs grans faultes et abuz en leur donnant à
1. Arch. dép. de la Côte- d'Or, B SGa, I, fol. 173 et B 36o, Vil, p. 950.
■i. Cf. Chansonnier Huguenot, 1870, p, i6j.