‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 2 sur 238 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

remonte au-delà du xv" siècle. Après quelques traces isolées de lexique, le jargon ouvre la série de ses textes avec le Procès des Coquillards, document d'une importance capitale pour la constitution des classes dangereuses après la guerre de Cent Ans. Son intérêt est encore rehaussé par le fait que Villon était au nombre des compagnons de la Coquille, et que les ballades jargonnesques du grand poète ne nous sont intelligibles qu'à la lumière des données fournies par le vocabulaire des Coquillards. Mais, bien que le « Jobelin » ne soit plus pour nous un livre à sept sceaux, comme il l'était pour nos devanciers, il reste toujours dans son ensemble une production pleine d'obscurité et en somme encore assez problématique.

Nous avons eu la bonne fortune d'avoir, en ce qui concerne ces premiers monuments de l'argot, la collaboration de M. Pierre Champion, excellent érudit qui s'est déjà taillé un beau domaine dans ce xV" siècle encore si peu connu. Pour les Coquillards, il nous a communiqué la copie même que feu Marcel Schwob avait prise de l'enquête ; et, pour Villon, il nous a fourni une édition critique des ballades traditionnelles et une transcription diplomatique de celles contenues dans le manuscrit Fauchet de la bibliothèque de Stockholm. M. Pierre Champion a ajouté à ces contributions des renseignements historiques sur les classes dangereuses en France, qui éclairent singulièrement notre sujet.

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