LA BANDE DES COQL ILLARDS : LE JARGON
Le chapitre ix du Liber Vagaloriim (i5io) traite des Coquillards :
« Ce sont des mendiants ([ni unlélc'- loiiulcinps malades, à ce qu'ils disent, et ont promis aux saints de faire un long pèlerinage chaque jour avec trois aumônes entières, en sorte qu'ils vont chaque jour de maison en maison jusqu'à ce qu'ils aient trouvé trois personnes pieuses qui leur domient les trois aumônes entières... Ne donnez rien aux Co(iuillards qui disent avoir promis de ramasser par jour trois ou quatre aumônes entières, ut supra. Les autres sont moitié cliiens, moitié chats, moitié lx)ns, moitié méchants, méchants pour la plupart. »
Nous retrouvons cette indication dans le Jargon (vers 1G28) : « (^oquillards sont les pèlerins de Saint-Jacques : la plus grande partie sont véritables et en viennent, mais il y en a aussi qui triichenl sur le coquillard... »
On l'a vu plus haut : les pèlerinages étaient l'occasion de fréquentes duperies, une façon de mendier. De pèlerin à trompeur ou à voleur, la différence n'était pas grande. Par extension, les coquilles du pèlerin désignèrent de bonne heure toutes sortes de finesses et de ruses. C'est dans ce sens que nous rencontrons ce mol chez Charles d'Orléans' :
A qui vendez vous voz coquilles
Entre vous, amans pèlerins? /
Vous cuidez bien par voz engins
A tous pertuis trouver chevilles .'
Sont ce coups d'esteufs ou de billes
Que ferez tesmoing voz voisins ?
On congnoist tous voz tours d'estrilles.
Et bien clerement voz latins :
Troctez, reprenez voz patins.
Et troussez voz sacz et voz quilles...