I. Garnior, op. cit
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fois. Un interrogatoire toutefois l'a précédé : celui de Regnault D'Aubourg.
Le i*'' octobre i455 en effet, on interrogea Regnault D'Aubourg, perrier de Dijon i. Regnault avait fréquenté les foires de Genève ; à Besançon il était emprisonné comme compagnon d'un nommé Petit Jehan, interdit de séjour. Il déclara en outre connaître Christophe Turgis, qui avait logé chez lui ; mais il ignorait s'il forgeait des écus ; il parla aussi d'un nommé Mugneret qui lui avait donné rendez-vous. Mis à la question de l'eau et de la corde, il avoua que Mugneret lui avait dit qu'il trouverait moyen de lui faire gagner beaucoup d'argent à Lyon. 11 donna le signalement de Mugneret : un homme grand, d'une cinquantaine d'années, vêtu d'une robe, d'un manteau et d'un chapeau noir. Le 9 octobre il complétait les renseignements sur Philippe Mugneret, qui en compagnie de Johanncs, d'Antoine de Bonneval et de Turgis, jouait aux dés et aux cartes « et aucune foiz il avoit des dez d'avantaige ; mais il a bien entendu dire aux dessusdits que ledit Philippes aloit de nuyt et entroit en tel lieu que bon lui sembloit, ne scet toutes voyes comment ». Parfois Philippe venait se reposer et dormir le jour dans sa carrière. Il ignorait s'il était crocheteur ou meurtrier. Il avoua toutefois qu'à la Noël i^5A, lui, Johannes, Jehan Cornet, Dimanche le Loup dit Bar sur Aulbe et un nommé Remonnet s'étaient rencontrés à Dijon en la rue de la Porte Guillaume. Comme ils ne faisaient rien en cette ville, D'Aubourg se prit à dire que s'ils voulaient aller en Lorraine « il lui sembloit qu'ils trouveroient bien à gaigner à jouer aux jeulx de dez et de qartes. » Ils avaient des dés de forte cire'^ achetés en partie à Pcrrenet le Fournie)-, barbier, et d'autres dés avantagés ; ledit Cornet portait un jeu de cartes. Ainsi ils gagnèrent Neuchàtel et Toul. Là ledit Johannes et ses compagnons quittèrent son logis disant qu'ils allaient (( a Vesteve^. » Interrogé si pendant ce voyage de Lorraine « il fut point entrepris de faire un cop de Roy et que, se bien en feust venu, Jehannin Cornet eust esté tué pour ce que l'on doubtoit que n'encusa les aultres », il répondit ne pas
1. A.rch, Dép. de la Gôte-d'Or, B 3Go, VI, 11° 709. — Le nom est parfois écrit Damboiirg.
2. Le Procureur écrit en inarf^c : Aescio (juid dicit cl debiiit interrogari hic harbilonsor hinc et piiniri.