Cholièrcs, Œuvres, éd. Jouaust, t. 1, p, 9G
3. Bouchet, Serécs, éd. Roybet, t. 111, p. i3i. '1. Pantagruel, 1. III, ch. xviii.
20 l>iTRODUCTION
A Scuillé les coquins souppans, un jour de bonne feste à riiospital, et se vantans l'un avoir celluy jour guaingné six blancs, l'aultre deux soulz, Taultre sept carolus, un gros gueux se vantoit avoir guaigné trois bons testons. « Aussi, luy respondirent ses compaignons, tu as une jambe de Dieu, » comme si quelque divinité feust absconse en une jambe toute sphacelée et pourrie*.
Cette locution jargonnesque, que Rabelais a empruntée aux gueux eux-mêmes, figure ici pour la première fois. Guillaume Bouchet, en parlant des pauvres et des mendiants, remarque : (( Ils ne seront jamais sans une jambe gangrenée, estiomenée, sphacellée, fîstuleuse, chancreuse qu'ils nomment une jambe de Dieu... » Cotgrave (1611), au mot Dieu, donne également l'expression comme argotique : « Jambe de Dieu. So do the canting and blasphemous rognes of France term a cankered, gangrened, or desperately fore-leg. » Cette origine est d'ailleurs confirmée par l'existence de la même locution dans l'argot italien. Oudin. dans ses u Recherches » (i653), mentionne: (( Gamba di Dio, en jargon, une jambe toute gastée. » Cette métaphore argotique représente un tour d'esprit particulier aux gueux, dans le langage desquels les notions de divin et malade se confondent -.
MoRFiAiLLER, maugcr avidement ^, fréquentatif