‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 28 sur 238 · I. Pantagruel, 1. IV^, ch. l · texte numérisé non relu

I. Pantagruel, 1. IV^, ch. l

■2 Voir la Revue des Eludes Rabelaisiennes, l. VI, p. acjg, et t. VII, p. o/if) à 35a.

3. Gargantua, ch. v : ((... là, là, là, c'est morfici' lé celA. »

tiré du primitif argotique morjîer, manger, terme^r qui n'est attesté dans nos sources qu'à la fin du xvi" siècle, mais dont l'existence dans l'argot italien témoigne d'une origine jargonnesque.

Pie, dans l'expression croquer pie, boire copieusement, dont Rabelais expose facétieusement l'ori gine anecdotiquc dans le prologue au Quart livre. En réalité, cette métaphore est antérieure à Rabelais : nous l'avons déjà rencontrée dans le u Mistere du Vieil Testament » et dans les Farces du xw" siècle ; nous pouvons ajouter cet exemple tiré de la (( Condamnacion des Ranquetz », moralité du commencement du XVI" siècle :

Gallans, allons croquer la pie.

Je n'en puis plus, si je ne pie Quelque pienche bonne et fresclie^.

L'expression croquer pie ou croquer la pie signifie tout simplement avaler la pie, oiseau auquel on attribue l'habitude de se griser. Dans un des a Contes d'Eutrapel n de du Fail, il est question d'une enseigne de la Pie qui boit - ; en languedocien, prene Vagasso, prendre la pie, a le sens de se griser, et en Anjou, on appelle soupe de pie, une sorte de soupe faite avec de la galette mise toute chaude à tremper dans du vin froid ^. Charles d'Orléans y fait allusion dans ce rondeau :

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