‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 29 sur 238 · Du Fail, Œuvres, éd. Assézat, t. I, p. 3i · texte numérisé non relu

Du Fail, Œuvres, éd. Assézat, t. I, p. 3i

3. La métaphore analogue du langage parisien — étouffer un per-

Soupper au baing et cHsner au bateau, En ce monde n'a telle compaignie...

Et y boit on du vicl et du nouveau, On l'appelle le desduit de la pie '.

Et Molinet dans ces vers :

Au Roy de la Pye Doint Dieu la copie De bons champions, Ainn qu'il pappie Vin cler que rouppie Par grans sapions •.

Dans l'ancien argot, pie a le sens de « boisson », et gourde pie y désigne une boisson copieuse. Dès le XV'' siècle, cette expression argotique pénètre dans la langue littéraire. Les « Cent Nouvelles nouvelles » parlent « de bons compagnons de la pie^, » et au début de la « Farce du Munyer », déjà citée, on lit :

Le Munyer.

Femme, pour me mectre au dessus, Baillez moy...

La Femme.

Quoy ?

Le Munyer.

La gourde pie^.

Car mort de si près m'espie.

Que je vaulx moins que trespassé.

roqucl, boire un Aerre d'absinthe — fait par contre allusion à la couleur verte commune à l'oiseau et au liquide (cf. étouffer un pierrot, boire un verre de vin blanc).

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