‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 31 sur 238 · H. Estienne, Conformité, p. i · texte numérisé non relu

H. Estienne, Conformité, p. i

3. « Piot. C'est la liqueur bachique, tesmoin la joyeuse et proverbiale demande : Tandis que j'ai la main au pot, Veux tu, Lyot, du doux piot ? A verho rJ.'joi. A quoy se rapporte le langage des Blcsches [nom des merciers et des gueux au xvi* siècle], quand ils veulent dire que quelqu'un a beu, ils ont accoustumé do dire et d'user de ce terme il a pié. »

/i. (( Croquer la pie. Du grec -nivîtv est venu pier, qui en langage de l'Argo (sic) signifie boire ; de pier, par une phrase burlesque, on a dit dans la même signification croquer la pie. »

5. (( On lit Jehan qui pie dans le livre de la Taille de Paris on 1292 » (Fr.-Michcl, p. 3 18).

32 IM'RODCCTION

argot s'en est emparé de bonne heure et, dès le xv" siècle, on trouve fréquemment cette famille de mots dans les Mystères et les Farces, chez Villon et Coquillart.

SvLYEKNE, écuellc dc gueux : u Le coul comme une salverne », et ailleurs : «... hanaps, jadaul\, salvernes, tasses ^.. » Rabelais nous offre le premier témoignage de ce terme argotique expliqué dans le Jargon de 1628 : a Une escuelle se nommoit croUe, à présent une salwenie ; » mais d'autres écrivains du xvf siècle en ont fait un fréquent usage.

Dans une pièce de la même époque, « Les Ténèbres des pauvres prisonniers de la Conciergerie du Palais - )) , on lit ce passage :

Quant à la bourse, n'a [plus] de quinquaille.

L'homme n'est plus chose qui vaille :

Fvist il baron ou chevalier,

Il faut coucher de sur la paille,

Tendre la main à la victuaille

Et la salverne au jafilier "'.

Dans le u Testament de Ragot », sur lequel nous reviendrons plus loin, le fameux gueux s'écrie, à l'approche de la mort :

...fault que je délaisse Mon salverne, mon ravaultet ma blesse^...

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