‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 38 sur 238 · L'Argot chez les imitateurs de Rabelais · texte numérisé non relu

L'Argot chez les imitateurs de Rabelais

Des termes d'argot isolés ne sont pas rares chez les écrivains du xvi" siècle, tout particulièrement chez les conteurs de l'école de Rabelais.

Du Fail emploie à la fois morfier ^ manger : (( Eutrapel... commence à morfier et galloper des machouëres », et faire la morfe, au même sens ^ ; ailleurs, en parlant d'un curé, il s'écrie : u Ah ! meschant razé ^ ! » ancienne appellation jargonnesque désignant le « prêtre ».

On rencontre un autre terme franchement argotique dans le célèbre libelle protestant, les u Satires chresh'ennes de la Cuisine papale » :

Je voudrois sravoir si Ram us En porte point la peste au fovir, Non, car il est (passe-ligour) Maistre aux ars d'escornillcrie '*.

Quoy que soit il en faut cercher, Encores qu'on vende bien cher, Sans raisons et sans jugemens.

Des reserves les instrumens !

Mais le fait des retentions De tous fruits pour les pensions Passent llgonr joyeusement •>.

\. Verbe également employé par Ch. Sorel dans Francion (éd. Colombey, p. 177) : ail ne faut pas s'enquérir comme il fut morfe, ni combien on dit de bons mots de gueule. »

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