Ibidem, p
LE XVI' SIÈCLE 4l
Cholières, dans sa ix** Matinée, donne aux Bohémiens le nom de passeligoard, que le dernier éditeur de ses œuvres, Jouaust, explique d'une manière absolument fantaisiste : » Passklic.oird, conteur de bourdes, passeur de gourdes ^ » Le mot signifie littéralement « passe-le-chemin » et désigne l'habileté du voleur, répondant exactement à l'ancien français passe-route, expert, habile, terme qu'on lit dans les Cent Nouvelles nouvelles : « Ce bon curé avoit ung chien qu'il avoit nourry de jeunesse et gardé, qui tous les aultres chiens du païs passoit d'aller en Teaue quérir le vireton... Bref, tout ce que bon et sage chien doit et scet faire, il estoit le passe route -. »
Le même écrivain dit en parlant des avocats avides d'argent : « Vous autres advocats..., vous prenez grand plaisir que vos mains fredonnent à la harpe "^^ )) faisant allusion à la courbure que prennent les doigts aussi bien pour jouer de la harpe que pour prendre de l'argent. Oudin enregistre dès lô/io : « Jouer de la harpe, desrober », et la même locution se lit dans une comédie de 1647, " L'Intrigue des Filous », de Claude de l'Estoille. acte I, se. 1 :
Non, non, il a tousjours la cervelle en écharpe. Et sa main a déjà tropjfoùc' de la harpe.
Béroalde de Verville connaît deux autres expressions argotiques :