‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 4 sur 238 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

Vidocq forme la meilleure transition de l'ancien argot à l'argot moderne. Le point terminus que nous avons adopté (i85o) est naturellement factice : cette date coïncide simplement avec la dernière édition du (( Jargon » donnée en 18^9 par llalbert d'Angers. En réalité, c'est déjà dans la pre mière moitié du xix'' siècle que se font jour les tendances nouvelles, et que l'argot pénètre de plus en plus profondément dans les couches populaires, invasion déjà constatée par Vidocq. Cependant, c'est seulement dans la seconde moitié du xix^ siècle que s'opère à peu près complètement la fusion du jargon des malfaiteurs avec le langage populaire parisien, de sorte que l'apache de nos jours se sert essentiellement de la même langue que l'ouvrier, le soldat, la fille, le voyou. Le bagne, la caserne et l'atelier ont apporté chacun leur contingent au bas-langage existant depuis des siècles ; il en est résulté un mélange qu'on a improprement appelé argot et qui n"est aujourd'hui que le parler des basses classes parisiennes.

Cette fusion sufQt à expliquer l'erreur profonde dans laquelle sont tombés des criminalistes, comme Lombroso, qui ont confondu le langage des malfaiteurs avec les curiosités de toute provenance qui encombrent nos dictionnaires d'argot. En prenant pour base de ses recherches l'ouvrage connu de Larchey, le célèbre criminaliste a tout bonnement fait fausse route et, faute d'une connaissance historique du sujet, le long chapitre qu'il a consacré aux argots,

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