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cicrs, comme ils disoient, c'est assavoir ung duc et unjç conte ^ et dix hommes tous à cheval, et lesquclx se disoient très bons chrestiens, et cstoient de la Basse Egiptc...
Les hommes cstoient très noirs, les cheveulx crespez, les plus laides femmes que on peut veoir et les plus noires... Ce esloient les plus povres créatures que on vit oncques venir en France de aage de homme. Et neantmoins leur povreté, en la compaignie avoit sorcières qui regardoient es mains des gens •et disoienlce que advenu leur cstoitouà advenir... En parlant xiux créatures, par art magique, ou autrement, ou par l'ennemy d'enfer, ou par entregent d'abileté, faisoicnt vuiderles bources aux gens '^... »
Cette mention unique a été citée par tous les his- •toriens, à commencer par Pasquier^. L'érudit Sauvai^ y ajoute quelques renseignements sur les vicissitudes ultérieures de cette race d'hommes : u Depuis, leurs semblables, sous le nom de Bohémiens ou d'Egyptiens, n'ont pas laissé de rôder impunément en France jusqu'en i56i et en 1612, qu'aux Etats de Blois, et que par Arrêt du Parlement de Paris, il leur fut ordonné de sortir du Royaume dans deux mois, à peine de galères et de punition corporelle. Avec le temps, nonobstant l'Ordonnance des Etats, ils n'ont pas laissé d'y revenir, et nous en voyons tous les étés... ressemblant en laideur, en vêtements et en
1. Rabelais y fait allusion dans son ancien prologue au Quart livre: « Par reciprocque déclaration... que si jamais vous rencontre en Mésopotamie, je feray tant avec le petit comte George de la basse Egypte qu'à chascun de vous il fera présent d'un beau crocodile du N'il...>^