‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 59 sur 238 · Idem, p. /|io · texte numérisé non relu

Idem, p. /|io

a. Nougaret, III, 07. Ce passage ne ligiire pas dans VAlmanach.

.'^. Voir ci-dessous, p. oSg.

LE XVIir SIECLE

!\. L'argot et les lexicographes.

Il ne nous reste plus maintenant qu'à jeter un coup d'oeil sur les termes d'argot insérés dans les dictionnaires de la langue générale jusqu'à la fin du xvin" siècle.

Le fondateur de la lexicographie française, Robert Estienne, n'en a admis qu'un tout petit nombre dans la seconde édition de son « Dictionnaire françois-latin » (i549). Nous avons déjà cité pier ; voici un autre terme :

Artis, en langage de jargon, signifie pain^ Tl vient d'ap-o;, id est panis.

C'est d'ailleurs cette origine grecque, alléguée aussi pour pier, qui explique la présence du mot dans un ouvrage destiné surtout à l'enseignement.

Cotgrave, au contraire, dans son vaste « Dictionnaire » (1611), a été très accueillant pour les termes jargonnesqnes. Il en cite plusieurs tirés du petit vocabulaire de Guill. Bouchet en les accompagnant de la notation : Barrag(ouin). Exemple :

1. Cf. Meurier, Dictionnaire François-Fiameng (lôS/i) : « Artos, en jargon Broot. » On lit dans le Dictionnaire des termes du vieux fran rois de Borel(iG55): a Artos, pays, dit de àpTo;, pain, à cause de sa iertilité». Cette explication est le résultat d'une coquille: pays, au lieu de pain.

Aubert. Money, coyn, silver, cliinks. || Barrag. Fouillouse. A bag scrip, or powch. |1 Barrag. *

Nous avons déjà relevé l'expression jargonnesque jambe de Dieu que Cotgrave attribue aux argotiers et gueux de France ^ ; ajoutons-y trottouër ( u habling or pratling » ), dont il est également redevable à Bouchet, et qu'il fait suivre de cette remarque : « Le terme appartient dans ce sens ru pedlars French », c'est-à-dire au blesquien ou langage des mercelots.

C'est le « Dictionnaire Universel » d'Antoine Furetière (1690), et tout particulièrement celui de Trévoux (1752), qui n'en est qu'un remaniement considérable, qui renferment le plus grand nombre de termes d'argot. Abstraction faite des termes déjà cités ^, voici une liste que nous ne donnons pas pour complète :

AisQUiLLEusE, qui se dit d'une femme qui filoute, qui vole chez les marchands : Far fœmiiia, mercatoribas siirripiens quod sub prœcinctoris servant. On a pendu aujourd'hui une anquUleuse. Les arrêts de la Tournelle emploient ce mot ^.

Antiffe. Terme d'argot, qui est un langage particulier que se font les gueux et les voleurs. Et sur le grand trimard aile: battre l'antiffe. Poëme de Cartouche.

1. De même, Oudin {Reclierctics, 1C42) : a Fouillouse. Parola di zcrgo. Sacoccia. »

Page 1