‹ Les sources de l'argot ancien (volume 2)Chapitre 61 sur 238 · Proprement soldat vagabond ou gueux portant l'uniforme · texte numérisé non relu

Proprement soldat vagabond ou gueux portant l'uniforme

'4. Cf. Dictionnaire de l'Académie de 1O94 : n Drille, terme de raillerie^ fantassin, soldat à pied : c'est un simple drille. On dit aussi: c'est im bon drille, pour dire, c'est un bon compagnon. C'est un pauvre drille, c'est un pauvre malheureux. On dit aussi .^ouldrille. »

Dure. On ne le dit que dans cette phrase : coucher sur la dure, c'est-à-dire sur la terre ou sans matelas.

Eclairer, en termes de joueur, on dit activement éclairer le tapis, pour dire, coucher comptant la somme que l'on veut jouer. On avertit son adversaire d'éclairer le tapis, lorsqu'il oublie de mettre au jeu.

FouiLLOusE, vieux mot et hors d'usage qui signifioit autrefois sac ou poche. Il avoit de beaux écus en fouillouse. Rapin. Les gueux, dans leur jargon qu'ils appellent Argo, disent felouse^ dans le même sens.

Frlsquin, terme bas et populaire, qui signifie le bien, le patrimoine de quelqu'un. Il a mangé tout son frusquin à la débauche. On dit, dans le même sens, tel a mangé tout son saint Grépin^.

Grec, terme de bonneteur ou de filou. Ils appellent grecs ceux qui suivent leurs tours infâmes, et qui les pratiquent^.

Grivois, bon drôle, bon compagnon ; soldat hardi et alerte. M. de Callières se moque de ce mot et ne l'approuve point. 11 est vrai qu'il est populaire, mais il est François, et on s'en sert dans le style familier et dans le burlesque. Un bon grivois, un grivois de l'armée ^. — Grivoise, femme qui vit en débauche avec les grivois. On le dit particulièrement des vivandières, ou d'une femme d'armée.

Gueux, qui signifie mendiant. On dit que ces Gueux font

1. Variante qu'on lit dans l'édition du Jargon de iGGo : elle s'est maintenue jusqu'à Halbert (18/19).

2. C'est la rédaction de Furetière. Trévoux se borne à dire : « Frusquin, terme populaire, ce qu'un homme a d'argent et de nippes. Sa part, son héritage. » Philibert le Roux, au mot frusquin, fond ces deux rédactions.

3. Manque à Furetière. Oudin (i6/|o) ne connaît que : « H est Grec, i. il est sçavant ou habile », et Le Roux (1718): « Etre Grec, être habile, rusé, entendu, fin, subtil. «

II. Cf. Philibert Le Roux (1718): « Grivois, soldat ou débauché, qui se moque de l'inconstance de la fortune, pourvu qu'il ait de quoi boire, manger et fumer ; homme toujours gai et sans souci, qui jirend le tems comme il vient, qui ne s'inquiète de rien et ne songe qu'à se donner de la joie : Ma foi, vive la pipe, c'est le salut du grivois (Gherardi, Théâtre Italien)».

une espèce de république, qu'ils ont un Roi qu'ils appellenll le grand Couaire, et qu'ils tiennent des assemblées qui sont comme leurs étals, où ils règlent tout ce qui regarde leur république. Us ont un langage particulier qu'ils appellent Argot*. On en a fait un Dictionnaire. Les mots de ce jargon n'étant ni de l'usage ordinaire, ni propre d'aucun art ou d'aucune science, ne se trouvent pas ici 2.

Jargon est aussi une langue factice dont les gens d'une même cabale conviennent, afin qu'on ne les entende pas, tandis qu'ils s'entendent bien entre eux=^ : tel est le jargon del'Argot dont se servent les coupeurs de bourses, les Bohémiens, etc. Je ne sais pourquoi l'on dit que ce jargon est composé pour la plus grande partie de mots tirés du (Irec. 11 y a beaucoup moins de Grec dans l'Argot que dans le François ordinaire^.

Jaspineu, parler à tort et à travers. Il est bas. // jaspinoil argot encor mieux que François. Poëme de Cartouche.

Malingre. Terme populaire, qui se dit des gens qui ne sont pas en bonne santé, ou qui sont convalescens, ou valétudinaires, et surtout de ceux qui sentent des incommodités sans en connoîtrc la cause. Ce mot est tiré du Jargon de Vargot, où les gueux s'appellent malingres, quand ils excitent les gens à leur donner l'aumône, en faisant paroître quelques maladies ou difformités vraies ou apparentes.

1. Cf. Richelet (1G80): « Argot, terme de coupeur de bourse, lï peut venir du fjrec où il signifie sans travail, sans ouvrage. Mais dans la signification qu'on lui donne aujourd'hui, il veut dire le langage des gueux et des coupeurs de bourse, qui s'exjjliquent d'une manière qui n'est intelligible qu'à ceux de leur cabale. »

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