Voir Argot Ancien, p
AGGOERER, accommoder, arranger, J. i836, I, 200. V. coire.
[ACCŒURER] = accoerer, II, 66, 67.
ACCOLER, pendre, Vill., I, 122, 129, propr. jeter les bras autour du cou. Lasphrisc appelle accolante, I, 3o3, la corde à pendre.
ACCROCHE-CŒURS, favoris, Vid., II, 110; à la fin du xi\c siècle, mèche de cheveux ramenée sur la tempe, coiffure des souteneurs. Cette expression désigne, dans le Berry, la boucle de cheveux appliquée avec coquetterie sur la tempe des paysannes (Joubert).
ACCROCS, mains (?), II, 49.
AGHAR, acharnement, Aid., II, no; d'achar et d'autor, d'autorité, vivement, expression passée dans le bas-langage, II, ai5.
ACITE (?), huile, II, 27.
ACRE ! méfiance ! gare ! J. 18/49, I, 200, 204, forme euphémique de sacré, encore usuelle (Rossignol). Cf. Rigaud : « Acre ! paix ! silence ! exclamation lancée à l'atelier, soit pour avertir les camarades de se taire ou de se méfier, soit pour annoncer l'entrée du patron. » V. cres.
ACRE, fort, Vid., II, 110, sens induit du précédent et rappelant l'emploi analogue de sacré dans le bas-langage.
ADRAGUANGIER, ADRAGUER ? Vill., I, i35, i37.
AFF, affaire, Vid., II, 110; Doc, II, 194 ; pour l'afif, par dérision, Vid., II, 1 53. Abréviation.
AFFAIRE, vol, Vid., H, 110, répondant aux synonymes ouvrage et travailler.
AFFE, vie, Granv., I, 329 ; Vid., II, 110; J. 1849, I, 200 ; — peut-être même mot qu'acre, angoisse. V. eau-d"affe et laffe.
AFFRANCHIR, corrompre et initier dans le métier de voleur, Vid., II, 110, propr. débarrasser quelqu'un de toute entrave ; encore usuel : Affranchir, faire connaître à un complice les êtres d'une maison où l'on veut commettre un vol (Rossignol). Virmaître cite, dans le bas-langage, ces deux sens généralisés : « 1° Ne rien craindre ; on dit dans le peuple d'une fille qui a perdu son capital : elle est affranchie ; 2° Châtrer un animal : le tondeur des chiens et V affranchisses des chats. »
AFFUR, gueux, Vie2, I, 166, propr. trompeur. V. affurer.
AFFUR, profit, J. i836,I, 200 ; Gloss., II, 172 ; Doc, II, 180. Encore usuel avec le sens de « gain, bénéfice » (Rossignol).
AFFURAGE, bénéfice, profit, Vid., II, m.
AFFURARD, sergent, Vie, I, 166, propr. attrape-voleurs.
AFFURER, 1° Tromper, Vie, I, 147, i5o : J. 1G28, I, 191, 228,. •M»., et 1849, I, 300 ; Granv., I, 329; 2° Gagner, J. i83G, I, 200 ; Yid., II, m; Gloss., II, 168, encore usuel (Rossignol); — a ne. fr. ajfaver, taxer, acheter, d'où tromper en achetant. Le deuxième sens est encore vivace, II, 21 5.
AFFUTER, mêmes sens que le précédent, J. 1G60. I, 227, et i836-i8'i9, I, 200; Yid., II, m ; — cf. bas-Iang. afl'até, rusé (d'Haute!).
AFLUER = affùrer, I, 191.
ÂGARCIZ?YilL, I. i3a.
AGATE, faïence, J. i830, I, 200 : d'après le brillant de lime et de l'autre.
AGUALUROO), banni, II, 45.
AIDANCE, service, Yid., II, m, propr. aide.
AIGLE BLANC (?), chef de bande, II, 43, 44. Ce terme, comme le suivant, appartient en propre à la germania.
AIGLON (?), apprenti-voleur, II, 43, \\.
AIGUILLE, clef, Yid., II, m, terme des voleurs des campagnes. Vague rapprochement entre la fonction des deux objets.
AILE, bras, Yid., II, ni ; — cf. fourb. ala, même sens. Terme passé dans le bas-langage, II, 21 5.
AIR (se donner 1'), s'enfuir, Granv. "2, I, 329 ; Yid., II, 11 1.
ALARMISTE, chien de garde, Vid.\ II, m ; il donne l'alarme. V. tambour.
ABBACHE (?), nom, II, 40.
ALENTOIRS, alentours. Yid., II, ni. Déformation.
ALLEGRUIS? Yill., I, i37.
ALLUMER, regarder attentivement, Rat, I, 33g (cf. ï, 71) : Granv.2, I, 329; Yid., II, m, 190; — cf. fourb. allumare, même sens. Ce verbe, employé dès l'abord comme terme policier, est devenu populaire, H, 17, 21 5.
ALPAGA, habit, J. 1849, I, 200, fait de cette étoffe ; aujourd'hui, veston (Rossignol).
ALTÈQUE, beau, Yid., II, ni, 190, propr. allier.
ALZINGUE (?), alpaga, II, 46.
AMADOUAGE, mariage, J. i836, I, 200, propr. collage.
AMADOUE, substance dont les gueux se frottaient pour se jaunir le teint et avoir l'air malade, moyen pour apitoyer les passants, J. 1628, l, 192, a3o. L'amadoue, tirée de l'éclairé, ser-
vait aux Francs-mitoux ; celle obtenue par une mixtion de lait, de sang et de la farine, aux Malingreux et Piètres. Ce nom, attesté dans les documents argotiques dès le début du xvne siècle, est identique au français amadou, dont la variante amadoue, usuelle au xviue s., est encore vivace dans les palois.
AMADOUER, 1° Frotter avec de l'amadoue, J. 1628, I, 22/1. En français, amadouer, ayant perdu dès le \vie siècle son acception primitivement matérielle, n'en retint que le sens figuré d' « appaiser de belles paroles » (Rob. Estienne, i53g), et ce sens est encore seul vivace ; cependant, dans les premiers textes, chez Calvin et Rabelais, amadouer garde encore quelque chose du sens primitif, matériel et technique, du mot ' : 2° Marier, J. i836, 1, 200 ; 3° Se grimer, J. 18^9, I, 200. Ces derniers sens ont été induits de la notion spéciale de « frotter », inhérente à amadouer.
AMBASSADEUR, 1° Entreteneur d'une fille, J. 18^9, I, 200. sens donné par Ph. Le Roux (1718) : « Ambassadeur d'amour, c'est une manière de parler qui exprime honnêtement ce qu'on appelle en termes libres un maquereau... »; 2° Cordonnier, J. 18^9, I, 200 : appellation facétieuse usuelle parmi les voyous.
AMBES (i>), jambes, II, 68.
AMBIANT, vagabond (v. atrimois).
AMBIE-ANTICLE, excommunié, Vie, 1, 166, propr. fuiemesse. V. ambier et anticle.
AMBIER, aller, fuir, Vie, I, i55, iG5 ; B., I, i73 ; J. 1628. I, 191, 232, 233 (embier, Vie, I, 1^9 ; Resp., I, 20G) ; Granv., I, 329 ; — anc.fr. ambier, embier, aller à l'entour, sens encore vivace dans le patois picard.
[AMBLER] = ambier, II, 107.
AMBOUREUX, bourreau, Vill., 124 (ambourreur, Mvst. Chr., I, 283), propr. celui qui embourre le cou du patient en lui nouant la corde. L'exécuteur portait vers la même époque les noms de tyranl, taulart et roart, suivant qu'il était chargé de traîner, de pendre et de rouer (v. ces mots).
AMÉRICAIN, genre d'escroc, Vid. , II, 1 1 1 (cf. 20) : il feint d'arriver de l'Amérique.
AMI, voleur émérite, Vid., II, m.
AMINCHE, ami, Litt, II, 200, 204.