Rolland, Flore populaire, t. V, p. 3g
BALUCHE (?), poche, II. 80.
BALUCHON, paquet de gueux, J. i8£g, I, -un (balluchon); Vid , II, ii'» ; — propr. petite balle de mercier-gueux. Terme devenu populaire, II, 319.
BANC, échafaud, Yill., I, ia3 ; — cf. germ. btmeo. prison.
BANC, lit de camp. Yid.. II, 1 14- Terme de bagne.
BANQUET, banquier, .1. 18*9, I, soi; Doc. I. 187.
BANQUETTE, menton, Yid., II, u4, dont la saillie forme banquette au bas du visage.
BANQUISTE, opérateur, J. i836, I. aoi : les charlatans montaient sur un banc (cf. saUimbcutque) pour promu- leur marchandise.
BAQUET, insolent, J. 18^9, I, 201. Allusion au baquet du métier.
BARANT (?), ruisseau, II, 37, 28.
BARBANE, nom ancien d'une geôle du Chàtelet, I, 10.
BARBAUDIER, 1 Gardien d'hôpital, J. 1628, I, 192, »*5 : Granv., I, 829; Aid., II, n4 ; 2° Portier, J. i836, I, 201 ; — cf. anc. fr. barbaadier, mégissier, apprêtera1 de laines.
BARBEROT, barbier, au bagne, Yid., II, ri* ; — anc. fr. et dial. barberot, même sens.
BARBET, diable, Doc, II, 192, assimilé probablement au chien barbet, à cause de son corps velu et de sa queue.
BARBICHON, capucin, Vid., II, n3. Allusion à sa barbe.
BARBILLON, jeune souteneur, J. 1849, I, 201 ; Yid., II, n4 ; — propr. petit barbeau (poisson = maquereau).
BARBILLON DE VARENNES, navet, J. 1628, I, 192 : Yarennes, commune du département de l'Aisne, était jadis réputée pour ses navets, de même que la Beausse, I, 180.
BARBOT, 1° Y. barbotte ; 2° Vol, Litt., II, 2o5. Abstrait de barbotter.
BARBOTTE, 1° Cane, Chauff., II, 91 ; 2° Canard, Yid., II, n4 (barbot), qui barbotte dans l'eau trouble ; 3° Fouille d'un détenu, Vid., II, n4-
BARBOTTER, fouiller un détenu à son entrée en prison, J. 1849, I» 2GI ' Vid., II, n4 : image prise du canard (barbotte) qui fouille avec son bec dans l'eau trouble. Passé au bas-langage avec le sens de « voler », II, 220.
BARBOTTIER, 1° Canard, Chauff., II, 91 ; 2° Guichetier chargé de la fouille, Chauff., II, 92 ; Yid., II, n4-
2bi GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
BARBUE, plume d'oiseau, Doc., II, 190. Allusion à la barbe des anciennes plumes d'oie.
[BAR-DE-TIRE] = bas-de-lire, J. 1849, !• 186, 201.
BARDER, entrebâiller, Gloss., II. 172 ; — cf. dial. (Lyon, etc.), bader, bâiller.
BARGAYA, couteau, Chauff., II, 81, 91 ; — prov. bargaio, broyeuse de chanvre ou de lin (bargo, couteau d'un brisoir de chanvre).
BARON, chapon, Chaufï*., II, 91. Nom facétieux.
BARRE, aiguille, Vid., II, n4. Ironie.
BARRÉE (?), échelle, II, 46.
BARROUX, bois, Chauff., II, 90 ; — Limousin, barrou, bois en rondin, cotret.
BARTOCHER, être bas, en parlant du vin, J. 1628, I, aiS; — cf. Gascon, bartoc, bondon d'un tonneau.
BAS-DE-TIRE, bas de chausses, J. 1C28, I, 192. V. tirantes.
BASOURDIR, tuer, mourir, J. 1628, I, 192, 233, 2^1. 242 ; Resp., I, 256; Granv., 1,329; ^id., II, n4- Ce dérivé argotique de bazir a passé, au xviuc siècle, en français sous la forme abasourdir, II, 220.
BASSE (la), la classe des miséreux, en opposition avec la haute, Gloss., II, 168.
BASTRINGUE, 1° Scie à scier le fer, J. 1849, I, 201 ; Gloss., II, 168 ; 2° Etui contenant des scies que les malfaiteurs tiennent caché dans leurs intestins, Vid., II, n4- Sens argotique tiré de celui de « mauvais violon », que bastringue a dans le bas-langage (cf. harpe).
BAT-CONTRE (?), incube, II, 58.
BATENCOURANT (?), soulier, II, 46.
BATH, 1° Beau, joli, bien, Litt., II, 199, 2o5 (cf. II, 26); se faire bath, se faire arrêter (= se faire beau : ironiquement), Litt., II, 2o5; 2° (du), du bien, de l'argent, Litt., II, 2o5. Y. balif.
BATIF, neuf, Vid., II, n4, d'où la forme abrégée moderne bath, beau. V. battant.
BATOCHES, testicules, Vie, I, 164. Peut-être coquille pour baloches.
BATON (tour de), une des. subtilités du métier des gueux, Vie, I, i48, expression passée dans le bas-langage dès le xvnc siècle : « Tour de bâton, c'est le savoir faire d'une personne, les profits qu'elle a l'adresse de faire dans son métier. En
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQl E ^83
France, les fermiers généraux, les intendants, les gens de robe appellent tour de bâton ce qu'est friponnerie, volerie, et voilà sa véritable signification » (Ph. Le Roux, 1718).
BATON DE CIRE (?), jambe, II, 58.
BATTAGE, menée astucieuse, J. 1849, I, 201. V. battre.
[BATTANDER] = balader, I, 192.
[BATTANDIERS1 = Mammdiers, I, 3i3 ; II, 80 K
BATTANT (tout), neuf, tout neuf, J. 1628, I, 192, 244 : image tirée de la toile nouvellement battue. Expression d'origine vulgaire, donnée par Oudin (iG'jo) et d'Hautel (1808) : « Un habit tout battant neuf, pour dire un habit nouvellement fait ou acheté. »
BATTANT, 1 Cœur, Vid., II, n4; 2" Estomac, Granv.2, I, 329 ; Gloss., II, iG5. Ce dernier sens passé dans le bas-langage, II, 220.
B ATTAQUA, femme malpropre, J. i8£g, I, 201. Origine inconnue.
BATTERIE, mensonge, Vid., II, ni V. battre.
BATTEUR, 1° Menteur, J. i83G, I, 201 ; Vid., II, 1 1 4 ; 2° Fainéant, tapageur, Gloss., II, 172 ; 3° pi. V. dig-dig. — [Normand], II, 5i.
BATTOUERS, testicules, Vie2, I, 164, propr. battoirs.
BATTOUZE, toile. J. 1628, I, 192, 260 ; Granv., I., 829; Chauff., II, 94 ; Vid., II, n4 ; — d'après l'opération qu'on lui faisait subir pour la blanchir. V. battant.
BATTOUZIER, tisserand, J. i836, I, 201.
BATTRE, 1° Dissimuler, feindre, Gloss., II, 168 (v. antijfe, comtois); 2° Mentir, Vid., II, n5 ; 3° Railler, se moquer, Vid., II, no ; 4° Faire du tapage (v. morasse).
BAUCHE ? Rat, I, 339.
BAUCHER, se moquer, Vie, I, 16G ; J. 1G90, 1, 192; — propr. établir le poutrage (sens de baucher dans l'ancienne langue), par une évolution analogue au synonyme plancher.
1. Dans l'avant- propos du Monde oh Von vole d'Hogier-Grison, on trouve une liste alphabétique de diverses catégories de voleurs, « qui se tiennent aux aguets de la rue, dans les magasins, dans les gares, dans les théâtres, dans les bals, dans les églises, partout. » Et, parmi ceux-ci, l'auteur a découvert des « bazourdisseurs, befleurs, battandiers, cagoux, gailleurs, sabouleux... », c'est-à-dire des noms de gueux qui sont morts depuis plusieurs siècles. V. Cagou.
BAUCOTER, 1° Enrager, Granv. *, I, 33o (bocoter) ; 2 Impatienter, Vid., II, ii 5. Origine inconnue.
BAUDE, syphilis, J. 1628, 1, 192 ; Granv., I, 23o ; — propr. la joyeuse (maladie), la gaillarde. Ironie.