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Dindons, en rouennais

2. David Ferrand, Muse Normande, éd. Héron, t. I, p. io3. Voir, pour d'autres exemples, L'Argot Ane, p. 167.

3. L'anc. fr. befe, moquerie (= bave), it beffa, diffère sous tous les rapports — chronologique, formel et sémantique — de befler, blefrer, dévorer et mystifier.

BÉQUILLER, manger sans besoin, J. 18/19, 1' 2()I ! Gloss., II, 172, propr. jouer du bec. Y, becqueter.

BÉQUILLER, pendre, J. i836, I, 201 ; Vid., Il, n5, 179.

BÉQUILLEUX, bourreau, J. 18^9, I, 101^ Vid., II, n5 (béquilleur). V. béquille.

BERART, v. beroart.

[BERBUANTE) = b roquante, J. i83C, I, 201.

BERDOUILLE, ventre, J. 18/I9, I, 201 ; — cf. dial. (Berry, Anjou, etc.), berdouille, gros ventre.

BERGE, année, Vid., II, 7, n5; Gloss., II, 170 ; — tsigane, berj, môme sens. Emprunt moderne, encore usuel (Hayard, Rossignol).

BÉRIBONO, béricain, nigaud, Vid., II, n5 ; — Languedoc, beri(c), niais. Voir, sur la finale bono, II, 102.

BERLU, tronc pour les indigents, II, 58 ; — cf. prov. berlo, souche d'arbre ébréchéc.

BERLU, aveugle, J. i83G, I, 201 ; — prov. berlu, louche, c'est-à-dire qui a la berlue.

BERLUE, couverture, Vid., II, n5; — cf. Bas-Maine, berluche, grosse étoffe, bure (Dot tin).

BERNARD, v. benard.

BEROART, peut-être loup-garou, I, n3, sobriquet donné par Villon à ses compagnons, I, 128 (berart), i3i ; Myst. Chr., I, 282 (berouart). — [bandit], II, 30.

BERSUEIL, nom d'une geôle de l'ancien Chàtelcl, I, 10 (et borsueil), propr. berceau.

BERTELO, un franc,.!. i83G, I, 201. Origine inconnue.

BESIFLE ? Vill., I, 128.

BESOUILLE, ceinture, Vid., II, iiô, propr. gros ventre (Vonne, bezouille, bedaine).

BÊTE, tricheur, dans une partie de billard, Vid., II, n5 : il fait la bêle pour mieux attraper la dupe.

BÊTE A CORNES, fourchette, Granv.*, I, 33g; Rat, I, 339 ; Vid., II, 11 5. Allusion aux deux dents des anciennes fourchettes.

[BETTANDER] = ballader, I, 192 ; II, 80.

BEURRE, argent, beurrier, banquier, Vid., II, n5. Mot devenu populaire, au sens de « bénéfice » (v. Rossignol). Le proverbe judéo-allemand, « avoir du beurre sur la tête, être couvert de crimes », cité par Vidocq, II, 8, n3, fait allusion aux teigneux, qui, dans les pays orientaux, pour guérir, se couvrent la tète de beurre.

GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE 207

BEZARDER, mourir, B., I, 174. V. basourdir.

BIANCHER, payer, Gloss., Il, 172. Forme réduite de billancher, usuel dans le bas-langage. II, 221.

BIARD, 1 Côté pour se diriger, J. i836, I, 201 « ; 2° Celui qui va, qui se dirige. Vie, I, 166. V. hier.

BIBASSE, vieux, II, 202 ; bibasserie, vieillesse, Gloss., II, 173 (cf. II, aaï). V. frirbasse.

BIBI, couteau (?), MU., Il, »o3.

BIBLOT, outil d'ouvrier, Vid., II, n5, propr. bibelot, avec le même sens dans le parler du Bas-Maine (Dottin).

BIBON, vieux, vieillard, Gloss., II, 172; Litt.. II, 198, 200 (cf. su). V. birbon.

BICHOT (?), évêque, II, 27, 28.

BIGLER, voir, Chaulï'., Il, 90, g4, propr. loucher, sens de ce verbe dans les patois : Bcrry, Poitou, etc.

BIDET, moyen de correspondance d'une fenêtre à l'autre de la prison, \ id.. II. 1 15. Allusion au bidet qui portait autrefois les courriers, les estafettes.

BIDOGHE, viande, Gloss., II, 172: — cf. Bcrry, bide, vieille brebis. Mot passé dans le bas-langage (Rossignol) et spécialement dans l'argot des casernes (Merlin).

BIDON (attacher un), dénoncer, Litt., II, 20a. V. bidonner.

BIDONNER, dénoncer, Litt., II. 2o3, propr. boire beaucoup, faire des révélations à l'état d'ivresse.

BIER, 1° Aller, marcher J. 1G28, I, 192 ; Granv., I, 33o ; 2° Contrefaire, feindre, Vie, I, 102, i53 (v. anticle, foùjne, franc-mitou, rufle, tout Une). Verbe extrait d'ambier. — [voler, mendier, tromper], II, 107.

BIFFIN, chiffonnier, Litt., II, 199. Bas -langage.

BIGARD (triumpher sur le) ? Myst. Chr., I, 292.

BIGARD, trou, bigarder, percer, J. i836, I, 201. Origine inconnue.

BIGE, ignorant, J. i83C, I, 201 ; — cf. Bcrry, bige, chèvre.

BIGEOIS, imbécile, J. 18^9, I, 201 : dérivé du précédent. De là, Anjou, biyeoise, bêle.

BIGNER, regarder, Vill., I, i3o, propr. loucher, sens du verbe dans le Bas-Maine et le Jura (cf. bicler).

BIGNON (?), fou, II, 46.

1. En dérivent le Aorm., s'embiardrr, s'enfuir (chez David Ferrand), et le lias-Maine, débiarder, se sauver (Dottin).

BIGORNE, un des noms du jargon à partir du \viic siècle, J. 1638, I, 198, 221, et i836, 1, 201 ; Rcsp., I, 263 ; Granv., I, 65 ; Chauff., IL 94; Aid., II, 116; — propr. le langage des sots1 {ou qui se prétendent tels), appellation analogue à jobelin. Le mot se lit dans la Comédie des Proverbes, I, 309, et il est donné par d'Hautel, II, 17, 19.

BIGORNEAUX, sergents de ville, J. i8&g, 1, 201, mot désignant propr. les fantassins de la marine, d'après le nom du coquillage (bigorneau) qu'on pêche sur les côtes de la Manche et de l'Océan.

BIGOTTER, prier, Yid., II, 11O, propr. faire le bigot.

BIJOU, sexe, J. 1628, I, 192, appellation rappelant les Bijoux indiscrets de Diderot.

BIJOUTIERS AU CLAIRE DE LUNE, brigands, Chauff., II, 90. Ironie.

BILLE, monnaie, argent, Vie, I, i56 ; B., I, i-3 ; J. i836,

I, 201 ; — cf. argent en bille, et billon. Le mot a passé dans le bas langage, II, 18, 221.

BILLEMONT, billet, J. i836, I, 201 ; Doc. II, 180.

BILLER, payer, Gloss., II, 168, 172. V. bille.

[BILOU] = bijou, J. 1660, II, 192.

BINELLE, faillite, J. i836, 1, 201 ; binellier, banqueroutier, Yid., II, 116; — propr. ruine (r= débine), forme encore usuelle : Le failli a fait binelle (Rossignol). Le parler Dôlois dit dans le même sens : faire binette (Lecomte).

BION, employé dans les gabelles, J. i830, I, 201 ; — cf. en français, bion, rejet d'une plante vivace.

BIOTTE, bête (?), I, 3o2, 3o3. Origine inconnue.

BIRBADE, birbasse, vieille femme, J. 18^9, I, 201 ; II, 221 ; birbasserie, vieillesse, Yid., II, 116, Y. birbe.

BIRBE, vieux, vieillard, Yid., II, 11G, propr. vieux mendiant ; — prov. birbe, gueux. Mot passé dans le bas-langage où il a produit de nombreux dérivés et formes réduites,

II, 221. Y. bribe.

1. Le moyen français connaît bigornier, sot comme une bigorne : « Sotz bigorniers... » (Montaiglon, Recueil, t. III, p. 17) et « Tous bons bigorniers... » (Fournier, Variétés, t. IV, p. 5o). Godefroy, qui allègue ces textes des xve-xvie siècles, traduit à tort bigornier, <( celui qui parle argot », bigorne, au sens d'argot, ne remontant pas au delà du xvn1'. Le provençal connaît encore l'ancien sens du mot: bigorna, personne stupide (= bigorne).

BIRLIBIBI, jeu de bonneteur avec trois coquilles de noix (ou trois dés à coudre) et une petite boule de liège, Vid., II, 1 i(i. Vax français, biribi désigne une espèce de jeu de loto.

BIS, se\«-, \ ie, I, i63, i64 ; B., I, 173 ; J. i836, 1, 202 (bit) ; — Picard, Saint-Pol, bis, bit, même sens (Edmont). Du jargon, le mot a passé dans le fourbesque l.

BISAN? Yill., 1, 123.

BISARD, soufflet de cheminée, Vid., II, 116, d'après le courant de la bise.

BISCAYE, Bicètre, Vid., II, 116. La province de Biscaye était une des patries des gueux (cf. I, i'ji) ; Bicêtre, jadis prison, n*esl plus qu'une maison de retraite pour les vieillards.

BISSARD, pain bis, J. 18^9, I, 201.

BISTOURNÉ, cor de chasse, Vid., II, 116, propr. recourbé, tordu (cf. en français, jambe bistoarnéé).

BITH (?)= bath, II, 26. .

BITUME (piler, polir le), se promener pour chercher pratique, .1. iN'ji), I. 212.

BIZAC? Yill., I, i3i. — [bise], II, 36.

BIZART? Vffl., I, i3i, 1 30 (bizou art). — [membre viril], II. 37.

BLANC, niais, dupe, Coq., I, 97 ; Vill., I, 122, propr. innocent. Même métaphore dans la germania et le calao. V. coulon.

BLANCARD, argent, Litt., II, 196. V. blanquette.

BLANCHEMIN, blanchemont, blanc, I, 3o2, 3o3 ; B., I, 72.

BLANCHIR, tromper, escroquer, Coq., I, 97; Vill., I, i38 ; — cf. fourb. bianchire, couvrir une fourberie (= blanchir).

BLANCHISSEUR, avocat, Litt., II, 20G : il lave l'accusé.

BLANQUETTE, argenterie, Granv. *, I, 33o ; blanquetter, argenter, Vid., II, 116.

BLASÉ, enflé, Vid., II, 1 16 ; — cf. Hainaut, blasé, blême par l'usage fréquent de liqueurs fortes (Hécart).

BLAVE, mouchoir, Chauff., II, 93 ; blave à ressort, revol- Ner. Litt., II, 2o3 : cf. mouchoir, pistolet de poche. Appellations facétieuses. Abrégé du mot suivant.

BLAVIN, mouchoir de poche, Rat, I, 339 ; Chauff., II, 93 ; J. i836,I, 202 ; Vid., II, 116 ; — prov. blaven, bleuâtre. Mot passé clans le bas-langage, II, 221.

BLAVINISTE, voleur de mouchoirs, Vid., II, n6«

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