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Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 19

GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE

BLEFLEUR, blefreur, v. befjleur.

[BLÊMEj = durême, I, ig3.

[BLER| = bier, J. 1660, I, 192.

BLESGHE, colporteur, dans la hiérarchie des merciers, deuxième degré, précédé par pechon et suivi par coesme, Vie, 1, 1/46, 1^7 ; J- 1628, I, 190. Le vocabulaire secret de ces merciers (cf. I, 3i, i3g) a été le point de départ de la constitution d'un jargon, à partir du xvie siècle ; ils y ajoutèrent, au xvne, le langage également secret des mendiants (gueux) et celui des filous (matois), ces trois classes constituant le royaume de l'Argot. Voir, sur l'origine, l'expansion et la survivance du mot Mèche, I, 1 39-141 ; II, 221-222.

BLESQUIN, i° Qui tient des blesches, I, i64 (cf. I, 3i); 20 Nom du jargon au xvic siècle, I, 43, 139.

BLESSE, balle de mercier, I, 3g ; — cf. Bellau, blesse, mercier : survivant, sous une forme parallèle (d'où blesquin), de l'ancien blesche.

BLEU, manteau, Vid., II, 116 : d'après la couleur.

BLIOTEUSE (?), genre de prostituée, II, 55.

BLOND (le beau) Q), le soleil, II, 58.

BLOQUER, abandonner, J. 1849, I, 202, propr. consigner.

BLOQUIR, vendre des effets volés, Vid., II, 116; — moy. fr. bloquer, « c'est serrer et arrester un marché » (Nicot). V. blot.

BLOT, prix, marché, J. i830, I, 202 ; Vid., II, 11G ; — anc. fr. bloc, prix. Mot passé dans le bas-langage, II, 222.

BLUCHET(?), vin, II, 46.

BLUSTER, tourmenter, II, 72-73. Archaïsme.

BOBE, v. bobino.

BOBINE, figure risible, Gloss., II, 172. Bas langage.

BOBINO, montre, Granv. 2, I, 33o (et bobe) ; Vid., II, 11G: elle est ronde comme une bobine. Terme encore usuel (Rossignol).

BOCCARD, bordel, Vid., II, 11G; — ï onne, boucard, bouc, type de la lascivité. Dans l'argot des marins, bocart désigne un cabaret de bas-étage.

BOCGARI, Beaucaire, Vid., II, 11G, ville célèbre par sa foire annuelle, 22 au 28 juillet, jadis rendez-vous des gueux.

BOCOTER, v. baucoter.

BOCSON, 1° Cabaret, II, 108: Doc, II, 180; 2" Bordel, Vid., II, 116; — Aorm., boxon, môme sens (cf. Argot Ane,

GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE 3QI

BOES, bois, Vie, I, iGG. Prononciation vulgaire du mot français.

BOESMIENS, Bohémiens, pris souvent au sens de « filous » cl associes parfois aux merciers et gueux, I, 45-$7, i«^9> *4i« 160 (cf If, 6-7).

BOFFETTE (?), soufflet, II, 27, 38.

BOGUE, montre, Rat, I, 33g ; ChaufT., II, 93 ; Vid., II, lift; boguiste, liorloger, J. 1849, I, 202. La montre est ici assimilée à une bogue de châtaigne.

BOIS AU-DESSUS DE LŒIL-JARD, savoir et entendre l'argot, .1. i84<>, I, 202. Expression obscure (cf. un essai d'explication dans le Supplément de Larchey).

BOIS POURRI, amadou, Aid., Il, 11G, qui est parfois remplacé par du bois pourri.

BOITE, chambre, Vid., II, 116. Mot devenu populaire : c'est la préfecture, pour l'agent de police ; la prison, pour le militaire ; l'atelier, pour l'ouvrier ; le magasin, pour l'employé, etc.

BOITE A CORNES, chapeau, Litt., II, 903.

BOITE A PANDORE, boite renfermant de la cire pour prendre les empreintes des serrures, Vid., II, 11G. Souvenir d'école, II, 101.

BOITERNE, v. bouter ne.

BOITEUX D'UN CHASSE, borgne, Vid., II, 11G, c'est-à-dire qui boite d'un œil.

BOMBE (faire jouer la), enfoncer une porte, Chauff., II, 91.

[BONDE] = baude, J. 1728, I, 192, et i83G, I, 202.

BONHOMME, saint, Vid., II, 116. Ironie.

BONICARD, 1° Vieux, J. i83G, I, 202 ; 2° Maître d'une maison, Chauff., II, ()3 ; — Anjou, bonicard, vieux. V. bonique.

BONIMENT, long discours de forain pour annoncer un spectacle, Granv. 2, I, 33o (« préambule que les marchands débitent pour vendre leurs objets ») ; Vid., II, 11G ; J. 1849, I, 202 (« couleur, mensonge ») ; Doc, II, 18G, 191. Terme de saltimbanque qui a fait fortune, comme plusieurs autres de cette catégorie que nous étudierons ailleurs.

BONIQUE, 1° Maître d'une maison, Chauff., II, 93, 94, 90 ; 2° Vieux, terme des voleurs normands, Vid., II, 11G ; — Norm. et Anjou, bonique, vieux, vieille. Appellation euphémique.

IBONIR, dire, Vid., II, 117, 180, propr. dire des bonnes (=z histoires) : cf. Mourmé, bourdi, dire (dire des bourdes). Sui-

2Q2 GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE

vant Delvau, le mot signifierait par contraste, se taire, dans l'argot des marbriers de cimetières, II, 68.

BONJOUR (voler au), voler le matin pendant le sommeil, .1. i84g, I, 202 ; bonjourier, voleur au bonjour, Yid., II, 117.

BONNE, 1° Être de la bonne, être heureux, Yid., 11, 117, expression répondant à l'ancienne de bonne heure né, souvenir des croyances astrologiques ; 2° Avoir à la bonne, aimer, Vid., II, 117, c'est-à-dire bonne grâce ou amitié.

BONNET (grand), évêque, J. i836, I, 208. Allusion à sa mitre.

BONNET DE COTON, jeu de hasard appelé habituellement bonneteau, jeu de trois cartes truquées où le joueur est dupé par le banquier ou bonneteur, Litt., II, 206.

BONNETEUR, genre de tricheur, Yid., II, 117. Nom antérieument attesté (cf. I, 77) et qu'on Jit déjà dans un pamphlet de 1708 : « Soixante bonneteurs... tuant, pour- se divertir, les archers du guet dans les rues de Paris * ». Etymologiquement, le bonneteur est un filou qui flatte sa dupe.

BOQUABELLE (?), bouche, II, 40, 48.

BORNETTE (?) chandelle, II, 78.

BORSUEUIL, v. bersueil.

BOSMAR, bossu, Yid., II, 117. Mot déformé.

BOTTES DE NEUF JOURS, bottes percées, Yid., II, 117. Ironie.

BOTTOCHE (?), fusil, II, 46.

BOUBANE, perruque, Vid., II, 117; — cf. anc. fr. boban, ajustement.

BOUBOUILLE, mauvaise cuisine, 1, xi. Mot franchement vulgaire.

BOUC, cocu, Yid., Il, 117. V. bélier.

BOUCAN, poison, Yid., II, 117; — cf. boucon de Lombard, poison (Oudin), et le petit boucan de Lombardie, dans un écrit du début du xrxc siècle 2.

BOUCANADE, corruption, Yid., II, 117 ; — prov. boucanadn, tapage, c'est-à-dire causerie bruyante pour corrompre. \ . arnaque.

BOUCARD, boutique, Ghauff., II, 90; Yid., II, 117, 188;

1. Pluton maltôtier, Cologne, 1708, IIe partie, p. 91 (cité pur Fr.- Michel).

2. Mémoires de Richars de Lédans, mort 181G (cité par M. Ant. Thomas, Journal des Savants, 1909, p. 4/i3).

Gloss., Il, 166. Même mot que boccard, bordel, d'où cabaret de bas otage et boutique de receleur.

BOUCARDIER, voleur de nuit dans les boutiques, Yid., II. 117.

BOUCHER, médecin, J. 1849, I, 202. Ironie.

BOUCHERIE, ancien nom d'une geôle du Chàtelet. 1, 1 1.

BOUCHON, bourse, J. 1OG0, I, 198, 19G ; Resp., I, a5i ; — propr. petite bouche ou ouverture. — [cadet], II, 58.

BOUCLER, l'Enfermer, emprisonner, J. 18^9, I, aoa; Nid., If, 117 ; 2° Fermer (la porte), Litt., Il, 202. Mot devenu populaire, II, *22.

BOUDIN, verrou, Yid., Il, 117 : d'après la rondeur.

BOUÉE, fouet, Yid., II, 117 ; — Poitou, bouée» buis. Y. bouys.

BOUESSER, tourmenter, en parlant des intempéries, F. 1638,

I. *i8, >>:>, >;>7 f'boisser) : mot tiré de bouesse (anc. fr. boucrr). boue. \ . lxiii:oler.

BOUFFARDE, pipe, Granv.*, I, 33o ; J. i836, I, 202 : abstrait de bonffarder. Mot devenu populaire, II, 222.

BOÙFFARDER, fumer, J. i836, I, 202; Yid., Il, 117 : dérivé de bouffer* souffler.

BOUFFARDIÈRE, 1° Cheminée ; 2" Estaminet, tabagie, Yid.,

BOUGIE, canne, Yid., Il, 117 : elle éclaire les aveugles.

BOUILLANTE, soupe, Granv.2, I, 33o ; J. i84o, I, 202; Gloss., II, i65. Mot familier aux troupiers.

BOUIS, bordel, Yid., II, 117. Mot déjà donné par d'Hautel (1808) : « Un bouis, terme bas et de mépris, cloaque, maison de débauche et de prostitution » ; — cf. Bresse, bouis, local spécial aux oies et aux canards (Guillemant).

BOUIS, v. bouys.

BOUISER, fouetter, J. 18^9, I, 202.

BOUISSE, prostituée, ChaufT., II, 93. V. bonis.

BOULANGER, diable, J. 1849, I, 202; Yid., II, 117, par rapport à l'enfer, appelé moulin. Mot passé dans le parler lyonnais, II, 223.

BOULE, tête, ChaufT., II, g4; Yid., II, 118; Doc, II, 186; jouer à la boule, être guillotiné, ChaufT., II, 92, 96; Gloss., II, i65, 166. Métaphore commune au bas-langage : « Boule, pour dire tête » (d'Hautel).

BOULE, marché, foire, J. 1G28, I, 192, 224, 23r : Granv., I, 33o; Yid., II, 117; — propr. boule, image vulgaire appli-

quéc soit au globe terrestre tout entier, soit à une de ses. portions : .ville ou marché. Terme commun au jargon et à la germania; fourb. bolla, ville1.

BOULE DE SON, pain de munition donné jadis aux prisonniers et aux soldats, J. 18/19, '» 2°2 '•> Glosa., Il, 172.

BOULE EN DOS, bossu, Yid., II, 118. Mot vulgaire.

BOULE JAUNE, potiron, Vid., II, 118.

BOULER, aller, ChaufT., II, 90, 95; Yid., II, 118, propr. rouler comme une boule.

BOULET A QUEUE, melon, Yid., II, 118. Terme facétieux.

BOULIN (?), bourgeois, II, 90.

BOULIN, trou fait dans une muraille, Vid., II, 118. Mot français.

BOULINE, bourse, Yid., II, 118. Sens induit de boulin, trou.

BOULINER, 1° Yoler, Granv., I, 65, 33o ; 2° Percer une muraille, Yid., II, 1 18 ; 3° Déchirer, Gloss., II, 168. Avec le premier sens, le mot est depuis longtemps populaire : « Bouliner, terme de soldat, qui signifie dérober secrètement (Ménage) », et Dictionnaire de Trévoux : « Terme des gens d'armée qui signifie voler dans le camp. Il a perdu au jeu tout ce qu'i7 avait bouline ; ce soldat se fera pendre, il s'amuse à bouliner. Il est populaire2. » C'est primitivement un terme des matelots au sens de : tourner de biais, louvoyer. Le deuxième sens est français ; le troisième, induit du précédent.

BOULINGUER, 1° Déchirer, J. 18A9, I» 2°2 ; 2° Se bien porter, aller à merveille, Gloss., II, 172. Le premier sens est une forme parallèle de bouliner (cf. boulingue = bouline) ; le deuxième, une forme réduite du bas-langage bourlinguer, vivre péniblement, pris ici dans une acception ironique.

BOULINOIRE, viilebrequin, Yid., II, 118. Y. boulin.

BOULOTER, 1° Assister, boulotage, assistance, Yid., H. ni 2° Aller lentement, Gloss., Il, 172 ; — cf. Bas-Maine, boulotter, amasser, économiser ; Bcrry : se porter assez bien, vivre tout doucement (sens familier au bas-langage).

BOUQUET, cadeau [cadavre], II, 65.

BOURDON, prostituée qui ne gagne pas, J. 18/49, *> 2°2>

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