Cf. Du Cange, v° arca, au sens de « cachot
GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE OIO
cajoller, en faire accroire. Mot de jargon » (Oudin). 11 survit
encore dans le bas-langage, II, 18, 238.
COLLÈGE, prison, collégien, prisonnier, Yid., II, 124 ; Gloss.,
II, 1G9. Appellation encore usuelle qui rappelle ces vers de
r Enfer de Clém. Marot :
Puis se leva Rhadainanlus du liège, Qui ramener me feit au bas colliege Des malheureux, par la voyc ou je viens.
Le vieux cant possède collège au môme sens.
COLLETIN, force, Yid., II, 124, d'après le collet de cuir ou de tapisserie que mettent les portefaix.
COLLETINER, 1° Vrrêter, Hat, I, 33o (coltiner) ; Gloss., II, i65 ; 2° Porter un fardeau, J. 1849, I, 20'».
COLLIER, cravate, Yid., II, 124.
COLOMBE, maîtresse de maison, Litt., II, 2o5 : cf. colombe, dame, dans le jeu de cartes.
[COLOMBER] = conobler, Gloss., II, 169.
COLOQUINTE, tète, Yid.. Il, 124 ; Gloss., II, i65, souvent comparée aux cucurbitacées.
COLTIGER, arrêter, saisir, Doc, II, 182. Y. coltiner.
COLTINER, v. colletiner.
COMBERGER, 1° Compter, Yid., II, 124; 2° Se confesser, comberge, confesse, combergeante, confession, combergo, confessionnal, J. i83G, 1, 204. Mot déformé de compter, d'où le sens de dénombrer ses péchés.
COMBLANCE, comble ; par comblance, au comble, au surcroît, Doc, II, 181.
COMBLE, chapeau, Myst. Chr., I, 278 ; Vie, I, 160 ; J. 1628, I, 192, 218, 220 ; — cf. germ. techo, chapeau (= toit). V. combre.
COMBLETTE, tète, Me, I, 164, propr. petit comble (du corps).
COMBRE, même sens et origine que comble, dont il est la forme postérieure, Vie3, I, i65 ; Granv., I, 33o ; Chauff., II, 91 ; J. i836, I, 192 ; Yid., II, 124; — combre galuché, chapeau bordé, Chauff., II, 91 ; Doc, II, 179.
COMBRIAU, chapeau, Granv.2, I, 33i ; Yid., II, 124 (combrieu) ; Doc, II, 181 (combriot).
COMBRIÉ, pièce de vingt sous, J. 1628, I, 193, 222, 244 ; Yid., II, 124 ; — propr. bombé, pour cambré, forme conservée dans le Bellau : cambré, un franc.
3l6 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
COMBRIER, chapelier, Vid., II, io4.
COMBRIEU, combriot, v. combriau ; combriot galuché, chapeau en soie, Doc, II, 181. V. combre.
COME, commerce, Vid., II, 124.
COMÉDIE, misère, Litt., II, 206. Ironie.
COMMODE, cheminée, J. i836, 1, 204.
COMPAS (faire son), se sauver, Litt., II, 200, propr. s'enfuir en ouvrant les jambes comme les branches d'un compas.
[COMPLE] == comble, I, 192.
COMTE DE LA CARRUCHE, geôlier, Resp., I, 253 ; Granv.,
I, 33o == J. 1728, I, 193 ; J. *836, I, 204 (comte du canton). Appellation ironique.
COMTOIS, niais ; battre comtois, 1° Faire le niais, l'imbécile, J. 1849, I, 201 ; 2° Servir de compère à un forain, Vid.,
II, n5. Terme des camelots, propr. comte, pris ironiquement ; cf. Oudin : « Bourgeois, c'est-à-dire sot ou niais ».
CONASSE, femme honnête, J. 1849, I, 204. Appellation ironique que les filles donnent à celles qui ne sont pas inscrites à la police.
CONCE DU CASTU, domestique d'hôpital, J. 1628, I, ig3, propr. canal d'hôpital ; — dial., Ouest, conche, auge.
CONDÉ, 1° Chef, magistrat, Vid., II, 124 ; 20 Autorisation, permission, J. i836, I, 204, 248 ; Granv.'2, 1, 33 1, encore usuel : avoir un condé, c'est être autorisé à stationner sur la place publique pour y débiter de la marchandise, ou y exercer un métier (Rossignol) ; 3° Permission de tenir des jeux illicites, Vid., II, 124. Origine inconnue.
CONDULEUSE (?), serrure, II, 81.
CONE, coni, conir, v. cosne, cosni, cosnir.
CONFESSER, dépouiller un mort, II, 108. Ironie.
CONFONCER, même sens que foncer, Myst. Test. I, 209.
GONIFFE, prostituée, J. 1728, 1, 193. Dérivé calqué sur poniffe .
CONOBRER, connaître, Vid., II, 124 ; J. i836, 1, 204 (conombrer) ; Litt., II, 196 (conobler).
CONSERVATOIRE, bureau de commissionnaire près du mont-de-piété, Vid., Il, 124 (cf. ao4). — Meubles (?), Litt. II,
CONTRE, compagnon, Vill., I, 129, i3o ; — cf. fourb. contro, citoyen.
CONVERTIS, classe de gueux qui exploitaient la crédulité publique par de prétendues conversions, J. 1628, I, 227.
GLOSSAIRE ÉrïMOLOGIQLE 3 1 7
COP DE ROY, coup de roi, I, 4oo, ioi.
COQ (?), cuisinier, H, 58.
GOQUART, maréchal ferrant, Vie, I, iG5, propr. sot, rustre, sens du mot dans la \ ieille langue (v. benarl) : cf. dans le bas langage, muf, maçon, propr. goujat.
COQUER, 1° Baiser, J. 1849, I, 204, du Lyon, coquer, même sens; 2° Dénoncer, Vid., II, ra4. par allusion au baiser de Judas (cf. Anjou, bijou, traître, propr. celui qui baise); 3° Donner. Vid., II, 124* 190, sens généralisé.
COQUEUR, 1° Espion, dénonciateur, J. 1849, I, 20/, ; Vid., II. ia4î Gloss., Il, 169 :2 Bailleur de fonds, Vid., II, 124.
COQUEURS DE PAIN? Vill.. I, i34 (cf. II, 37).
COQUILLARDS, 1 Nom d'une bande de voleurs et tricheurs, au \\ siècle, appelés aussi compaignons de la Coquille, Coq., 1,88,9."); Vill., I, 124, 127; 2" Gueux travestis en pèlerins, portant sur leurs chapeaux et leurs robes des coquilles qu'ils prétendaient avoir rapportées de Saint-Jacques ou de Saint- Michel, et qu'ils vendaient à ceux mêmes qui en revenaient1, J. 1628, I, 224 (cf. 3s3); Granv., I, 33<>. Le pèlerinage et le costume étaient souvent faux et servaient comme passeport au vagabond et au malfaiteur, I, 372, 393.
COQUILLE (la), nom de l'association secrète des Coquillards dijonnais, I, 88, 91, 93, 100, 106 (cf. 395).
COQUILLON, pou, Vid., II, 124 ; — cf. anc. fr. et dial., coquillon, capuchon (le contenu pris pour le contenant).
CORBETTE, vache, corbetterie, étable, Ghauff., II, 91, 94 : bêle dont les cornes sont recourbées, II, 89.
CORBUCHE, ulcère. J. i836, I, 204. Origine inconnue.
CORDER (se), se pendre, Chauff., II, 96.
CORNAGE, puanteur, Vid.. II, 124. V. corner.
CORNANT, bœuf, Vie, I, i05; J. 1628, I, 193, 229; Granv., I, 33 1 ; — cf. fourb. cornante, même sens.
1. C'est là l'origine de la locution proverbiale vendre des coquilles, mentir, tromper quelqu'un. Aux textes déjà cités, I, 39339'!, ajoutons ces deux exemples :
" Mais à qui vendez-vous vos coquilles ? A ceux qui viennent de Saint Michel » (Comédie des Proverbes, acte I, se. vi).
'i A qui vendez-vous vos coquilles ? c'est-à-dire A qui vous adressez vous, à qui est aussi fin que vous pouvez estre (le reste est : A ceux qui reviennent de S. Jacques ou de S. Michel). Vulg. — Bailleur de coquilles, un vantard ou trompeur» (Oudin, Curiosité:, iG'io).
3l8 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
CORNANTE, vache, Me, I, if»5 ; J. i6a«, I, i<j3 ; Granv., T, 33i ; \id., Il, 124 ; — cf. fourb. cornuta, même sens.
CORNER, puer, J. 1628, J, 218, et 1849, 1, 204 ; Vid., If, 124 : la corne brûlée exhale une odeur insupportable. Mot vulgaire: « Corner, sentir mauvais, estrc puante ou corrompue, se dit de la chair » (Oudin), aujourd'hui usuel dans les patois (Anjou, etc.).
CORNET D'ESPICES. capucin, J. 1G28, I, 193, 227 ; Granv., T, 33i ; Vid., Il, 124 : le cornet où le marchand enveloppe ses épiecs est brun et pointu comme le capuchon de ces moines.
CORNICHON, veau, Vid., Il, 124, c'est-à-dire bète à cornes.
CORNIER, niais, dupe, Coq., I, 97, propr. veau.
CORNIÈRE, étable, J. i836, I, 204. V. cornanl.
CORPAULT, pot, B., I, 172. propr. crapaud : corpaall est la métathèse de cropaalt, aujourd'hui nom lorrain et jurassien du crapaud ; la variante crupault, antérieurement attestée, I, 4*>, 137, en est une autre transcription. Le pot porte ici le nom du batracien, d'après sa forme ramassée : cf. Champagne, crapaud, bouteille plaie pleine d'eau chaude, et Languedoc, (jrapanl, bouteille carrée où l'on met les anchois (= crapaud).
CORPORAL, coq, Nie, I. 149. Forme plus ancienne de caporal.
CORVETTE, jeune sodomitc, Vid., II, 124. Terme de bagne tiré du langage des matelots, 11, io4-
[COSMAH] = coesme, II, 3o5.
[COSMEL] = coesmelot, 11, 107.
COSMIDEUR ()), orgueilleux, il. 47, 48, 49-
COSNE, la mort, J. 1G28, I, 193, et 1660, I, 240 ; Resp., I, »54 ; Cranv., I, 33o 2= J. 1728-1849 (cône) ; — prov. cauno, terrier où les animaux se retirent. V. cosni. — [auberge], J. i83G, I, i85, 204.
COSNI, mort, Vie, I, iGG ; J. 1G28, I, 232, 243; Vid., II. ia4 (côni) ; — prov. cauni, trépassé, propr. retiré dans un terrier. Terme encore usuel : Je suis veuf, ma femme est conie (Rossignol).
COSNIR, 1° Mourir, Itesp., I, 2Ô3, 254 ; 2° Assassiner, tuer, Chauff., II, 90, 9.5 (conir) ; Doc, II, 192. Mot passé dans plusieurs langues spéciales '.