‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 128 sur 157 · Ed. Héron, t. I, p. 1.V · texte numérisé non relu

Ed. Héron, t. I, p. 1.V

ENDROGUER, chercher à faire fortune, J. 1628, I, 194, propr. aller en drogue (v. ce mot) ; cf. Bas-Maine, endroguer, emporter : « l'gyabe mendrogue ! » (Dottin).

ENFANT, pince de voleur, Litt., II, 204. V. cadet.

ENFANT DE CŒUR, pain de sucre, Vid., Il, 128. Allusion à la blancheur.

ENFILER LA VENELLE, prendre la fuite, Vid., II, 128, terme des voleurs normands. Expression ancienne encore vivace en Normandie.

ENFLAQUER, 1° Voler, Doc, II, 181, propr. ensacher ; 2° Arrêter, faire arrêter, être condamné, Vid., II, 128; Litt., II, 202, c'est-à-dire s'embourber ; 3° Embarrasser, se perdre. J. 1849, ï' 2°6 '■> Gloss., II, 73. Ces acceptions se rattachent au double sens de flaque, sac (en jargon) et bourbier (en français).

ENFLÉE, vessie, outre, Vid., II, 128.

ENFONCER, 1° Etre condamné, Vid., II, 129; 2° Tromper, d'où enfonceur, escroc, Vid., II, 129.

ENFOURAILLER, emprisonner, Doc, II, 182. V. défourailler.

ENFRIMER, envisager, Vid., II, 129. X. frime.

ENFRUSQUINER (s'), s'habiller, Chaulï., II, 92. V. frusquin.

[ENGACHE] = angluche, Litt., II, 197.

ENGAMÉ, enragé, J. i836, I, 208 ; — Poitou, engamé, même sens.

ENGANTER, 1° Voler. Doc, II, 178, 180, i83; 2° (s'), s'amouracher, Doc, II, 181 ; — prov. enganta, empoigner, saisir.

ENGAYER, 1° Allécher, attirer ; 2° Taquiner, II, a34 ; engayeur. 1° Complice du bonneteur ; 2° Tacmin, II, 284. V. gaycu.r.

ENGONCÉ, en concubinage (?), Litt., II, 196.

ENGOURDIR (?), tromper, II, 75.

[ENGRAILLER] se égrailler, I, 194, 206.

ENLEVER (s'), mourir de faim, J. 1849, I, 20G ; Vid., II, 129, c'est-à-dire n'avoir rien dans le corps et s'enlever par sa légèreté. •

ENMALLER, emprisonner, Vill., I, ia3, propr. mettre dans une malle, image analogue à encoffrer, I, 112.

ENQUILLER, entrer, faire entrer, Vid., II, 129; Doc, II, 178, 184. Mot passé dans le bas-langage, parisien et provincial, II, 229-230. V. quille.

ENQUILLEUSE, v. an<iuilleuse.

ENQUIQUINER, insulter, Litt., II, 204. Bas-langage.

ENRHUMER, ennuyer, J. 1849, h 2°6-

ENS, v. an.

ENTAILLER, tuer avec une arme tranchante, J. 1849, 1, 206.

ENTAPPÉ (être), être bien mis, Litt., II, 197. Bas-langage.

ENTERVER, 1° Entendre, comprendre, Vill., I, i3o (et entraver); Myst. Chi\, I, 294 ; Vie, I, 160; B., I, 174 (entrever) ; J. 1628, I, 19^, 22,5, 244; Granv., I, 33i (entraver); Vid., II, 129 ; Gloss., Il, 17a ; 2° Spécialement, comprendre le jargon et, par suite, le métier de voleur, Vill., I, 126, 127; Myst. Ap., I, 270; Vie, I, i40(cf. 309), 147, 160; Granv., I, 337, 33i ; J. 1849, I, 206 (et entraver) ; 3° Sens libre, chez Guill. Coquillart, I, 20, répondant au double sens de rouscailler. En ancien français, enterver ou entrever signifie entendre, comprendre. Le verbe argotique, marqué déjà comme tel par Cotgrave et répondant au synonyme enlreuar de la germania, a pénétré dans quelques langues secrètes delà Bretagne et de la Savoie1. Il est encore usuel, II, a3<>.

ENTERVEUX, qui entend ou comprend, expert, Vill., I, ia3. (et entreveux).

ENTIFFE, entifle, entifler, v. antijle,anlijïer ; entiflement, mariage, Vid., II, 129.

ENTIRER, s'en aller, Litt., II, 2o3. V. tirer.

ENTOLER, entrer dans une maison avec le dessein d'y voler, I, 72 ; Vid., II, 129. Mot passé, ainsi que ses dérivés, entôlage et entôleuse, dans la langue générale, I, 72. V. taule.

ENTONNE, église, J. 1628, I, 194, 228, et i836, I, 206; Granv., I, 33i ; Vid., II, 11 1 (antonne : terme des voleurs parisiens), c'est-à-dire maison où l'on entonne des chants et des prières2.

ENTONNER, rentrer, fourrer, Myst. Test., I, 267, propr. mettre en tonne (cf. en français : le vent s'entonne dans la cheminée).

EN TOUS CAS, parapluie, Vid., II, 129. Mot devenu populaire.

ENTRA VAGE, conception, Vid., II, 129 ; entraver, entrever, entreveux, v. enterver, enterveux.

[ENTRIMER] = altrimer, I, 60.

i. V. Argot Ancien, p. 171.

2. Cf. Virmaitre : « Antonneur, voleur qui a la spécialité de dévaliser tes églises : il vole l'argent contenu dans les troncs à l'aide d'une baleine enduite de glu. »

Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 22

ENTROLLER, 1° Emporter, J. 1628, I, 191 (antroller), 218 ; Granv., I, 329, 33 1 ; Vid., II, ni (antroller), 129; entrollement, vol, Doc., II, 189 ; 2° S'en aller, J. 1628, 1, 233. V. troller.

ENTURNER, entrer dans une maison, Ghauff., II, 92. V. turne.

ENVOYEUR, assassin, Coq., I, 95, c'est-à-dire qui envoie dans l'autre monde : cf. dans l'argot moderne, expédier, assassiner (Hayard).

ÉPATAGE, embarras, Vid., II, 129; épater, étonner, J. 1849, I, 206 ; épateur, qui fait de l'embarras, Vid., II, 129. Baslangage.

ÉPICER, railler, Vid., II, 129, c'est-à-dire relever par des mots piquants.

ÉPICE-VINETTE, épicier, Vid., II, 129.

ÉPLUCHEUSE DE LENTILLES, tribade, Vid., II, 129.

ÉPOUFER LA FOUCANDERIE, se sauver en jetant la chose volée, J. 1628,1, 194, 239; Granv., I, 33i ; — bas-lang. s'épouffer, s'échapper, s'enfuir secrètement, s'évader (Ph. Le Roux), aujourd'hui, dans le patois champenois et ailleurs. V. foucanderie.

ÉPOUSER LA VEUVE, être pendu, J. 1628, I, i94; Resp., I, a53 ; Granv., I, 33i ; Gloss., II, 170 (« être mis à mort»). Ancienne métaphore à la fois jargonnesque (v. marier, noces, veuve) et populaire :

Le beau gibet espouserés Pour estre de nopces tous troys !

dit le bourreau aux deux larrons destinés à servir de compagnons au Sauveur, dans la Passion de Jean Michel (f° D 2v°). Cf. Oudin : « Espouser une potence ou une roue, pour se faire pendre ou rouer. »

EPPRENER(P), appeler, II, 47.

ÉRAILLER, tuer, Granv., I, 332 ; J. 1849, 1, 2o5, propr. faire rouler les yeux (anc. fr. esrailler) ; cf. en français, des yeux éraillés.

ÉRIFFLER, chauffer les pieds, Ghauff., II, 90. V. rijîer.

ERMITE (?), voleur de grand chemin, II, 42, 43, 44.

ES, escroc, Vid., II, 129. Abréviation.

ESRALANCER, rejeter, renvoyer, Vid., II, 129. V. balancer.

ESBASIR, assassiner, Vid., II, 129. V. basir.

ESBIGNER (s'), s'en aller, disparaître, J. i836, I, 206 (cf. J. 1849, I, 2o3), à côté d'esbiner, emporter, Gloss., II, 169. Bas-langage.

ESBROUFFE, 1° Air important, Granv.2,!, 33i ; 2° Embarras,

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 33û

Nid.. II, 139 ; 3° (d'), à force, avec violence, J. 18^9, I, 206; I, Doc, II, 181 ; — prov. esbroufe, gestes prompts, tapage, embarras, jactance. Mot passé, ainsi que ses dérivés, dans le baslangage, II. a3o.

ESBROUFFER. faire des embarras, effaroucher, J. 18^9, I, 206; — prov. etbroufa, éclater en paroles, faire de l'embarras, propr. s'ébrouer (en parlant d'un cheval qui souffle des naseaux) et sortir avec violence d'un vase.

ESBROUFFEUR. faiseur d'embarras, fanfaron, Vid., II, 129.

ESCABRANTE (?), échelle. II. ,:.

ESCANER.ôtcr, J. i836, I, aoC. Y. escanner.

ESCANNER, fuir, Chauff., II, 99 (à Vescanne, fuyons!); — Lyon, escanner, se sauver (de canne, jambe).

ESCAPER, assassiner, Vid., II, 129, propr. ôter la cape et par suite la tète qui la recouvre.

ESCAPOUCHE, assassin, Vid., II, 129; — prov. escapoucho, chenapan, scélérat. Terme des voleurs du midi, comme les suivants.

ESCAPOUCHER, assassiner, escapoucheur, assassin, Aid., II, 129; — prov. escapoucha, tuer, propr. ôter le capuchon (cf. escaper).

ESC ARCHER, regarder, J. 18^9, 1, 206. V. escracher.

ESCARE, empêchement, escarer, empêcher, J. i836, I, 206. V. escarrir.

ESCARGOT, vagabond. Vid., II, 129, pareil au mollusque qui porte sa maison sur son dos.

ESCARPE, 1° Assassinat, Chauff., II, g3 ; Vid., II, 129; 2° Assassin, J. 18^9, I, 206 ; Vid., II, 129. Mot devenu populaire, II, 20, 21, 23o. V. escarper.

ESCARPER, assassiner pour voler, Chauff., II, 90 ; Vid., II, 129; J. 1849, !» 2°6 ' — prov. escarpi, écharper, déchirer.

ESCARRIR, se sauver, Vill., I, 123 (et escharir), i33 (esquarrir) ; — moy. fr. escarrir, esquarrir, même sens (Coquillart).

ESCARTER, mettre par écrit, Vie, I, i46 ; — moy. fr. escartcr. mettre à part (v. Littré, SuppL).

ESCHEC ! gare! Vill., I, 122; eschecquer, éviter, en se sauvant, Vill., I, 122, i2o ; Myst. Chr., I, 282. Terme du jeu d'échecs (sens du mot dans la vieille langue) : échec ! avertissement qu'une pièce est en prise et qu'il faut la sauver.

ESCLOT, sabot, J. i836, I, 206; Vid., II, 129 (et esclotier, sabotier), terme originaire du Midi.

ESCOFFIER, tuer, assassiner, Chauff., II, 90, 90 ; Vid., IIr 129, propr. ôter la coiffe et, par suite, la tète (cf. escaper). Terme passé dans le bas-langage, II, 18, â3i.

ESCOIRRE, espèce de tricherie, Vill., I, i35 (et choirre, esquerre) ; — anc. fr. esquerre, extorquer.

[ESCOULE] = escoute, J. i634, ï, 194.

ESCOUTE, oreille, Granv., I, 332 ; J. 18^9, I, 20G, et i83G, I, 2o5 (écoute) ; — cf. en français, être aux écoutes.

ESCRACHE, 1° Passeport, Vid., II, i3o, propr. interrogatoire (cf. crachoir, réquisitoire, dans l'argot moderne); 2° Papiers, Doc, II, 191. Le mot a aujourd'hui le sens de « réprimande » (Rossignol).

ESCRACHER, 1° Demander le passeport, Vid., II, i3o ; 2° Renvoyer, Litt., II, 198. Aujourd'hui : disputer, engueuler (Hayard), Doc, II, 187.

ESGANACER, rire, Granv., I, 332 = J. 1728-1849, I, 206 ; prov. esganassa, rire à gorge déployée.

ESGAR (faire 1'), dérober à ses camarades une partie du vol, Vid., II, i3o. V. esgarer.

ESGARER, perdre, Granv.2, 1, 332, c'est-à-dire égarer.

ESGOURNE, oreille, Doc, II, 18G. Origine inconnue.

ESGRAILLER L'ORNIE, v. égrailler l'ornie.

ESPENICLER, châtrer, Chauff., II, 93. V. pinicle.

ESPIGNER (s'), se sauver, J. 1849, I' 206 ; Granv.2, 1, 332 ; — cf. l'expression vulgaire faire le peigne, prendre la fuite s'échapper.

ESPINCER (s') ? Vill., I, 125. — [s'enfuir], II, 36.

ESPONTON $), paria, II, 108.

ESQUERRE, v. escoirre.

ESQUINTER, 1° Ereintcr, Ghauff., II, 95 ; esquintant, éreintant, Doc, II, 193; 2° Briser, Vid., II, i3o ; Gloss., II, i65 ; esquinte, abîme, Vid., II, i3o ; esquintement, effraction, Doc, II,i88; esquinteur de boutogue, cambrioleur, Doc, II, 180; 3° Souffler la chandelle, Gloss., II, i65 ; — prov. esquinta, déchirer, briser de fatigue, éreinter. Mot devenu populaire.

ESSORER, pendre, Vill., I, 123, propr. exposer à l'air libre.

ESSURGER? Vill., I, i3o*.

1. Suivant Schône, p. i58, essurger, c'est proprement enlever sur les peaux de mouton la laine ou surge, terme de mégissier ; mais on ignore le sens métaphorique que Villon donne au mot.

ESTABLE. estafle, chapon, J. i63/|, I, 197 (estaphle), et i(i(>o, I, 197 ; Resp., I, a58; — prop. étable, c'est-à-dire oiseau de basse-cour.

ESTAFION, [chat] = esta/on, chapon, II, 67.

ESTAFLE, estaphle, v. eslable.

ESTAFON, chapon, Granv,, I, 33a sa J. 1728-1849, I, 193, 20O. V. estable.

ESTAMPILLE, marque que le bourreau apposait sur l'épaule du condamné à l'aide d'un fer chaud ; estampiller, marquer d'une fleur de lis, Vid., II, i3o. Ce g«nrc de flétrissure a été aboli par la loi du 28 avril i832.

ESTERIE? Vill., I, i3o.

ESTEVE, fraude, escroquerie, estever, escroquer, esteveur, escroc, Coq., I, 91, 92, 93, 99, io5, 107, 108, no; — anc. fr. esteve, manche de charrue : tenir l'esteve, conduire bien ou mal une entreprise quelconque. Métaphore tirée du travail agricole.

ESTOC, estoque, esprit, finesse, malice, Vid., II, i3o; J. i836, I, 206 (estio) ; — Lyon, estoc, esprit, capacité, propr. souche (sens du mot dans la vieille langue) ; cf. Oudin : « De son estoc, de son propre, de soy mesme ». La variante estio représente une prononciation vulgaire.

ESTOFFE, 1° Butin, part de vol. Coq., I, 97, 108, propr, étoffe, provision ; 2° Argent, Myst. Pass., I, 273 ; estofifé, bien garni, pourvu d'argent, Myst. Pass., I, 273.

ESTOME, estomac, J. 18% I, 206. Abréviation.

ESTOQUE, v. estoc.

ESTORGUE, 1° Fausseté, méchanceté, Vid., II, i3o ; 2° (à 1'), Faux, Vid., Il, 122. Probablement, même mot qu estoque, malice.

ESTOURBIR, tuer, II, 108; Vid., II, i3o; Doc, II, 181, 192 ; — prov. estourbi, étourdir, assommer, tuer. Mot passé dans le bas-langage et les parlers provinciaux, II, 23 1.

[ESTRAFON] = esta/on, J. 1728, I, 193.

ESTRANGOUILLER, étrangler, Vid., II, i3o; — prov. estrangoulha, même sens. Mot également passé dans les parlers provinciaux de l'Anjou, du Bas-Maine, du Lyonnais.

ESTREIGNANTE, ceinture, Vie, I, i65, c'est-à-dire celle qui ctreint ou serre le corps.

ESTREIGNOIRE, même sens, Vie2, I, i65.

ESTUC, estuque, part dans un vol, Granv., I, 336 (stuc) ;

Chauff., II, 98 (faire le stuc, partager); J. i836, I, 20.5, 216 (d'estuc, de moitié, et stuc, part) ; Yid., II, i3o ; — prov. estuc, cachette, propr. étui.

ESTUQUER, 1° Recevoir sa part, partager, J. i836, I, 2i(5; 2° Attraper un coup, J. 18/J9, 1, 206 ; Granv.2, I, 332 ; Gloss., II, 166, application ironique du sens précédent. Le champenois stu^uer, frauder l'octroi, est emprunté de l'argot.

ÉTOUFFE, étouffoir, maison de jeu clandestine, Yid., II, i3o ; — étouffer, dans le langage des tricheurs, escamoter une partie des enjeux.

ÉTOURDIR, solliciter, étourdisseur, solliciteur, Vid..II, i3o.

ÊTRE (en), être pédéraste, Yid., Il, i3o. Euphémisme.

ÉTRON DE MOUCHE, cire, Yid., II, i3o. x\Iot de Yillon (Test.. v. 1198) qu'il faut ajouter aux autres déjà énumérés, II, 98.

ÉVAIGEPYill., I,' 122.

FABE (?), poche, II, 75.

FABRIGANT, v. poussière.

FABRIQUER, voler, dévaliser, Litt., II, 204, 206, propr. faire (v. ce mot).

FACE, monnaie, Granv.2, I, 332, et principalement pièce de cinq francs, mot encore usuel (Hayard). V. caire.

FADAGE, partage entre les voleurs, Yid., II, i3o. Y. fader.

FADARD, élégant, agréable, Granv.2, I, 332 ; Gloss., II, 16G, 173 ; — prov. fadard, fat.

FADE, 1° Part dans un vol, Granv.2, I, 332 ; Vid., II, i3o ; Doc, II, 186; 2° Partie de boisson, Litt., II, 200; — prov. fado, don (de fée). Mot passé dans le bas-langage, II, 23i.

FADER, 1° Partager les objets volés, Granv.2, I, 332 ; Vid., II, i3o ; 2° Partager, en général, J. 1849, *» 2°6 '■> Doc, II, 190 ; — prov. fadà, donner.

FADEUR, exploiteur de filou, Gloss., II, 170, propr. qui prend sa part.

FAERIE ? Yill., I, 127, 129. Chez Guillaume Goquillart, le mot a le sens de « parole enchanteresse, mais fausse », t. II, p. 247 :

Au fort tessons ceste faerie Et retournons à nos moutons.

Propr. féerie ; cf. « bailler la fée, se moquer, en donner à garder » (Oudini.

FAFFES, 1° Papiers, J. 18^9, I, 206 ; Vid.,II, i3o ; 2° Billets de banque, Gloss., II, 173. Onomatopée exprimant le bruit que produit un léger froissement. Encore usuel, II, 23i.

FAFFIOT, 1° Papier blanc, Vid., II, i3o ; 2° Certificat, J. i836, I, 206. Au xvue siècle, le mot avait le sens de jeton ou marque, I, i85 ; aujourd'hui, dans le Berry, fafjiot désigne un chiffon ou chose de peu de valeur. Mot populaire, II, 23 1.

FAGOT, forçat, J. 18^9, I, 206; Vid., II, i3o ; Doc, II, i93; Gloss., II, 170 : les condamnés étaient au bagne attachés deux à deux à la même chaîne.

FAIRE, 1° Voler, Ghauff., II, g3, 95 ; Vid., II, i3o ; 2° Arrêter, emprisonner, Rat, I, 339. V. singe, tapin, tortue.

FAIRE ise la), s'enfuir, Vid., II, i3o : on dit aujourd'hui, dans le même sens, se faire la paire.

FAISEUR, 1° Escroc, Vid., II, 180 ; 2° Commerçant, J. 1849, I, 206. Le premier sens est devenu populaire.

FAIT DE GAFFE, laboureur, Ghauff., II, 91 ; faire un fait de gaffe, labourer, Chauff., II, 92, propr. faire le guet. V. gaffe.

FANAL, ventre, Vid., II, i3o. Bas-langage.

FANANDE, camarade, J. 1690, I, 195 ; Vid., II, i3o. Abrégé defanandel, l'un et l'autre encore usuels, II, 23 1.

FANANDEL, même sens, J. 1628, I, 195, 23i ; Resp., I, 260 ; Granv., I, 327. Mot encore usuel, II, 23i. C'est une forme dissimulée de farandel.

FANFOUINER, priser, fanfouineur, priseur, Vid., II, i3o. Onomatopée. On en a induit fanfouine, chambre à tabatière (Bruant).

FARANDEL, camarade, Granv., I, 332 = J. 1728-1849, I, 195 ; — prov. farandel, écervelé, jeune fou.

FARAUD, monsieur, faraude, madame, mademoiselle, J. 18^9, I» 2°6 ; Granv.2, I, 332. V. farot.

|FARCHER] = faucher, J. 1849, h 186, 206.

FARCIS ? Vill., I, 125, i33.

FARDAINES, efTets, Chauff., II, 92, 93, 94, 9-5; — cf. prov. fardage, hardes.

FARDIS, probablement corde, Vill., I, 122; — cf. Bellau, farde, chanvre. — [fardeau], II, 36.

FARGES, probablement fers, Vill., I, 128 ; — cf. anc. fr. enfergier, charger de fers.

FARGET ? Vill., I, i34.

FARGUE, charge contre un accusé, J. i836, I, 206; farguement, chargement, fargueur, chargeur, Vid., II, i3o, i3i ; — propr. fardeau (= anc. fr. et dial. farde).

FARGUER, 1° Charger, au propre et au figuré, J. i836, I, 20G ; Vid., II, i3i ; 2° Devenir rouge, J. 1849,1, 206 ; Granv.2,

I, 332 ; Yid., II, i3i ; Doc, II, 187 ; — cf. farder, charger (sens dialectal) et mettre du rouge (sens français).

FARGUEUR, témoin à charge, Litt., II, 204.

FAROT, 1° Gouverneur d'une ville (sous la graphie archaïque pharo), J. 1628, I, 197, 219, 247 ; Granv., I, 335; 2° Concierge de prison, Vid., II, i3i ; 3° v. faraud ; — prov. faraud, farot, petit maître, élégant, coquet, mot vulgaire très répandu. Cf. germ. faraute, serviteur d'une fille.

FARRE, FARRE ! vite, vite ! Doc, II, 179. Onomatopée. Bas-langage.

FASSOLETTE, mouchoir de poche, Vid., II, i3i ; — it. fazzoletto, même sens.

FATIGUE, travail de forçat, Gloss., II, 1G6. Mot passé en français.

FAUCHANS, ciseaux, J. 1849, h 206 ; Vid., II, i3i ; Gloss., II, 170. \. faucher.

FAUCHE-ARDENT, mouchettes, Vid., II, i3i. V. ardent.

FAUCHER, 1° Couper, Chauff., II, 94 ; Granv.2, I, 332 ; Vid.,

II, i3i ; faucher les prés, ramer aux galères, Gloss., II, 166; 2° Guillotiner, J. 1849, T> 2o6 : V&*. U, i3i ; Gloss., II, 173 ; 3° (dans le pont), Se laisser voler aux cartes, Aid., II, i3i. Images tirées du travail agricole, II, 104. Aujourd'hui, faucher veut dire, en outre, voler, perdre tout son argent au jeu (Rossignol). V. pré et pont.

FAUCHEUR, bourreau, J. 1849, I, 206 ; Gloss., II, 166. FAUCHEUX, ciseaux, Vid., II, i3i. Y.fauchans. FAUCHURE, coupure, Vid., II, i3i. Y. faucher. [FAUCONNIÈRE] = foucanderie, J. i836, I, i94- FAUFFE, fauffière, tabatière, J. 1849, I, 206 ; II, 108 ; Litt., II, 196. Onomatopée.

FAUGER, dénoncer, Coq., I, 98. Origine inconnue. FAULX ? Vill., I, i37.

FAUSSANTE, faux nom, J. 1849, I, 206.

[FAUVE] —fauffe, J. 1849,1, 206 ; Gloss., II, i73. FAVE (?), passeport, II, 75.

GLOSSATRE ÉTYMOLOGIQUE 3/j5

FÉE, 1' ? Yill., I, 12C; 2° (moderne) Amour, féesant, amoureux, J. i836, I, 20G.

FELOUSE, poche, J. 1660, I, 194, 227, et i836, T, 20C ; Granv., I, 332. V . feuillouse. — [prairie], Vid., II, 99.

FENIN. liard, Vid., II, i3i ; — allem. Pfennig, même sens, par un intermédiaire dialectal.

FEODEC, arbitraire, Vid., II, i3i, propr. féodal. Mot déformé.

FERLAMPIER, 1° Voleur du dernier étage, bandit, J. 1849,

I, 206 ; Vid., II, i3i ; 2° Condamné habile à couper ses fers,

II, 106; Vid., II, i3i ; — ferlampier, frelampier, mauvais sujet (Oudin), avec ce sens dans plusieurs patois : Picardie, Normandie, Champagne. V. sic.

FERLINGANTE, 1° Faïence, cristal, Vid., II, i3i ; 2° iferminganti, Plat, Chauft*., II, 93, propr. plat de faïence. Terme d'origine dialectale, II, 87.

FERME A LA LOUCHE, à la poigne dure, qui sait se défendre, Coq., I, 98. V. louche.

FERME EN LA MAUHE, ferme à la bouche, qui sait se taire, Coq., I, 98. V. mauhe.

FERMY, fermement, Vie, I, 167, 1^9 ; J. 1O28, I, 218, et Resp., I, 260 (iremy).

FERTANGE, paille, J. 1849, I, 206 ; Granv.2, I, 332 ; Vid., II, i3i ; Gloss., II, 170. X. frétille.

FERTILLANTE, v. frétillante.

FERTILLE, v. frétille. — [figure], J. 18^9, I, 186, 206.

FESAR, escroc, Gloss., II, 175, c'est-à-dire faisard (sa faiseur).

[FESTILLANTE] = frétillante, II, 57.

FÊTE (être de lai, être heureux, être dans l'opulence, J. 1849, I. 2o6 ! Granv.2, I, 332 ; Vid., Il, i3i ; Doc, II, i85 ; Gloss., II, 166.

FÉTU, barre de bourreau, Granv., I, 332. Ironie.

FEUILLE, bourse, Vill., I, i3i, i36, i37 (fueille) ; My s t. Test., I, 268 (feulle) ; — propr. doublure d'une bourse, assimilée à une feuille (anc. fr.faeil, feuillet et intérieur d'une bourse). Le fourbesque a foglia au même sens. V. fouille.

FEUILLOUSE, bourse, Coq., I, 97 (feullouze), propr. feuillue (anc. fr. fueilleus), c'est-à-dire bourse à doublure. V. fouillouse.

FIAT, confiance, sûreté, Vid., II, i3i ; — prov. fiât, con-

fiance, propr. que cela soit, que cela se fasse (mot tiré du Pater).

FICELER, habiller, Yid., II, i3i. Bas-langage.

FICHER, donner, J. 1628, I, i94 ; Granv., I, 332 ; Yid., H, i3i ; — même sens que son synonyme foncer.

FIÈVRE CÉRÉBRALE, accusation pouvant entraîner la peine capitale, J. 1849, h 2°6 î Yid., II, i3i. Image tirée de la médecine, II, io5.

FIGÉ, juge, Litt., Il, 206 : il semble figé sur son siège.

FIGURE, rôle principal dans une escroquerie, Yid., II, i3i.

FIGURER, 1° Jouer le principal rôle dans un charriage, Yid., II, i3i ; 2° Etre exposé au carcan, Granv.2, I, 332 ; Yid., II, i3i. L'emploi du carcan disparut de fait dès i832 et l'exposition fut définitivement abolie par le décret du 12 avril i848.

FIL EN DOUBLE, vin, fil en quatre, eau-de-vie très forte, Granv.2, I, 332 ; Gloss., II, 166 ; — suivant le degré d'alcool qui entre dans le mélange.

FILASSE, cheveux, Yid., II, i3i, qui ressemblent à de la filasse.

FILÉE, barbe, Vie, I, 164 ; — cf. fourb. setosa, barbe (= poilue).

FILER, aller à la selle, Vid., II, i3i ; filer du proye, Yie, I, i65 ; J. iG34, 1, 197 ; filer la mousse, Granv.2, I, 332 ; — cf. le synonyme vulgaire faire des cordes. Y. mousse et proye.

FILER, 1° Donner (de l'argent), Gloss., II, 170 ; 2° Suivre quelqu'un à son insu, J. 1849, *> 2°7 î Granv.2, I, 332 ; Vid., II, i3i.

FILEUSE, exploiteur de filou, Yid., II, i32, c'est-à-dire qui le file pour lui extorquer sa part. Y. fadeur.

FILOCHE, bourse, J. 1849, L 2°7 î Vid> H, i32 ; — Bresse, filoche, filet (on en faisait des bourses).

FILOTS, cheveux, Vie, I, i64, assimilés à des fils de soie.

[FILOUSE] =felouse, I, i94-

FIOLE, figure, J. 1849, L 2°7 î Litt., II, 204, c'est-à-dire trogne (cf. fioler, boire à tirelarigot, Ph. Le Roux).

FIQUER, plonger un couteau dans le cœur, Aid., II, i32 ; — Picard, fiquer, ficher, enfoncer.

FISH (?), souteneur, I, xi ; II, 47, 48. Mot anglais qui ne s'entend que dans la bouche des filles élégantes qui ont remplacé le turbin par le bisness.

FLAC, flaque, sac, sacoche, réticule, Yid., II, i32 ; Gloss.,

If, 166 ; Granv.2, T, 33a ; — prov. flaco, outre, gourde, poire à poudre. — [argent], II, 74, 78 ; Gloss., II, 173.

FLAGDAL, sacoche à argent, II, 74. Déformation de Jhic à l'aide d'un suffixe analogique.

[FLACHE], plaisanterie = flanche, J. 1849,!, 207.

FLACUL, 1° Sac, Vid., II, i3i ; Doc, II, 192 ; 2° Lit, Doc. II, i85 (= sac). \ . flac et flaque t.

FLAMBANT, beau, superbe, Vid., II, i32. Mot du baslangage : « Un objet tout flambant neuf » (d'Hautel).

FLAMBARD, poignard. Vie, I, iG5 ; J. 18^9, I, 207. Y. flambe.

FLAMEARDE. chandelle, J. 1849, I, 207, répondant à son synonyme ardent.

FLAMBE, épée. Vie. I, 16$; J. iôi8, I, 228; Vid., II, i3a, propr. flamme : cf. anc. fr. brand. épée (= feu), et germ. cen- Iclla. épée (== étincelle). La petite flambe, ou la petite épée, insigne des Drilles ou Narquois, était un couteau à l'usage des filous ; cf. Oudin : « chevalier, gentilhomme ou officier de la courte espée, c'est-à-dire un coupeur débourses ».

FLAMBERGE, épée, B., I. i74 ; Chauff., II, 95 ; Vid., II, i32; J. i836, I, 204 ; — propr. nom de l'épée de Renaud de Montauban, répondant à germ. durindana, justice (c'est-à-dire glaive), la Durendal de Roland *. Du jargon, flamberge passa au français vers le milieu du xvnc siècle, lorsqu'Oudin mentionne le mot dans ses Curiositez (i64o), et la première édition du Dictionnaire de l'Académie (1694) l'admet définitivement : « Flamberge, espée. Il ne se dit qu'en raillerie et ne s'emploie guère qu'en cette phrase, mettre la flamberge au vent"1. » Le terme n'a jamais franchi le domaine comique et burlesque : Molière, Saint-Amant, d'Assoucy, etc.

1. Voici deux témoignages du xm" siècle prouvant qu'il s'agit ici de souvenirs des romans de chevalerie :

Larivey, Les Jaloux, acte V, se. vi : « Mais si une fois je luy fais essayer ceste espée-cy, plus tranchante que Flamberge ou Durendal, je le lendray jusques à l'estomach ».

Turnèbe, Les Contens, acte IV, se. 11 : « L'espée a esté faite en Damas par le mesme ouvrier qui forgea Durendal et Flamberge. »

2. Ph. Le Roux est plus explicite : « Flamberge, par mespris, pour <'pée longue et comme la portoient les bretteurs et souteneurs de bordel. C'est un proverbe de dire mettre flamberge au vent, pour tirer Pépée. Ce proverbe vient de ce qu'on donnoit ce nom à l'épée du chevalier Renaud de Montauban, l'aîné des quatre lils Aymon. »

FLAMSIC, Flamand, Vid., II, i32 ; — Flamand, Fiamisc, même sens.

FLAN, 1° (à la), Au hasard, à l'aventure, J. 18% I, 2o3 ; Vid., II, i32 ; 2° (du), Vrai, permis, Gloss., II, 176; Doc. II, i84 (dans le bas-langage : zut !) ; — à la flan, c'est à la /languette, franchement, et du flan, du franc.

FLANCHE, 1° (grande), Jeu de la roulette et du trente-etun, Vid., Il, i32 ; 2° Chose mauvaise, Gloss., II, 173 ; 3° Blague, J. 1849, I, 207 (flache). V. flancher.

FLANCHER, 1° Jouer franchement, Vid., II, i32 ; Gloss., II, 173 (flanger), c'est-à-dire à la Jlanquette ; 2° Blaguer, plaisanter, Gloss., II, 173.

FLANCHET, blague, Doc, II, 181. Y. flanche.

FLANDRIN, paresseux, J. 18/49, x» 2°7- Bas-langage.

FLANQUER, 1° Même sens que Jlancher, Vid., II, i32 ; .2° Mettre, J. i836, I, 207, c'est-à-dire mettre à la porte.

FLAQUE, v.flac.

FLAQUER, aller à la selle, Vid., Il, i32, propr. lancer une quantité de liquide (sens français du mot).

FLAQUET, lit, Doc, II, 180, propr. sac. Y . flac.

FLATARD, fiacre, J. 18/49, h 207. Origine inconnue.

FLEUR DE MARIE, 1° Virginité, Vid., 11, i3s ; 2° Vierge, J. 18/49, !» 207- Allusion à la blancheur immaculée de la Sainte Vierge.

FLEURANT, bouquet, J. i836, I, 207.

FLIC, flique, sergent, Vid., II, i32 (fligue). Onomatopée qui •exprime le claquement du fouet et de la main (cf. cogne). Mot passé dans le bas-langage, II, i3i-i32.

FLIGADIER, sou, Vid., Il, i32, propr. sergent (cf. soldat, sou). V. le mot suivant.

FLIGUE A DARD, sergent de ville, Vid., 11, i32. Terme des voleurs juifs. Allusion à l'épée qu'il portait jusqu'en 1871.

FLIQUE, v. flic.

FLOART, tricheur, Mil., 1, 137, 124 (froars). Y.Jlouer.— [habile], 11, 3G.

FLOGIE ? Vill., 1, i3i. — [toison], 11, 3G.

FLOPER, battre, 1, xi ; Gloss., II, 173; flopée, une volée, J. 1849, I, 207. Bas-langage.

FLOQUOT (?), tiroir, II, 75. V. flac.

FLORIE (picoure), haie couverte de linge, propr. fleurie, prise ici au sens de « blanche » que cette épithète avait déjà

dans l'ancienne langue (à la barbe florie). V. les passages cités au mot déflorir.

FLOTERIE ? Vill., I, i3o.

FLOTTANT, poisson, Yid., II, i32.

FLOTTER, 1° Nager, flotteur, nageur, Yid., II, i3a ; 2° (faire) Noyer, J. i84{), I, «07.

FLOU, rien, J. 1628, I, a3a, et 1660, I, 222 (frou) ; Granv.,

I, 33a. Onomatopée ; cf. Oudin : « Flux! interjection pour donner à entendre que l'on n'accorde pas ce qu'un autre dit », et l'équivalent moderne /lut ! Jlute ! Y. floutière.

FLOUANT, jeu où l'on triche, J. i83G, I, 207. V. flouer.

FLOUER? Myst. Chr., I, 278, 281, 293.

FLOUER, tricher au jeu, Vill., I, 127, 129 (frouer); Granv.2, 1,332; J. 1836,1,207; Yid., II, i3a; Gloss., II, 175; — propr. faire flou-flou ou frou-frou, c'est-à-dire imiter le cri de la chouette, association d'idées du même ordre que piper : on froue avant de piper pour leurrer les oiseaux. Le rapport de l'ancien frouer au moderne flouer est confirmé par le doublet, floari et froart, qu'on lit dans Villon (v. ci-dessus). De l'argot,. Jlouer a passé dans la langue générale au sens d'escroquer.

FLOUEUR, tricheur, J. i836, I, 207; Granv.2, I, 33a ; Yid.,

II, i3».

FLOUME. femme, Yid., II, i32, propr. flume, flome, pituite. Terme de mépris.

FLOUTIÈRE, rien, J. 1628, I, 220, aai, 323, 225 (f routière), a33, et J. 1728, I, 194 (et floustière). La Comédie des proverbes donne flouquière, I, 3og (mais floutière chez d'Assoucy, I, 59). Forme amplifiée de flou. V . frousteau.

FOIGNANT (arty), excréments, B., I, 172. Y. arly.

FOIGNE, guerre, Vie, I, i53, i65 ; bier sur la foigne, c'est feindre d'avoir perdu son bien par la guerre, Vie, I, i53 ; — anc. fr. fogne, fange.

FOIGNARD, soldat, Vie, I, 160, propr. fangeux (= anc. fr. fognard) : le soldat est celui qui marche dans la bouc (cf. en français, patrouille). Y. franc.

FOIROU, postérieur, Yid., II, i32 (= foireux).

FONCER, 1° Payer, donner de l'argent, sens usuel dans les Mystères, I, 373, et au xve siècle ; 2° Donner, en général, J. iGa8, I, 190 ; Granv., I, 327. Mot conservé dans le bas-langage1 et

1. Cf. d'Hautel (1808) : « Il est foncé, pour dire il a beaucoup d'argent, il est fortuné »

dans les patois, par exemple en Berry : « Foncer, débourser de l'argent, donner des fonds : Quand on marie son enfant, il faut foncer » (Jaubert).

FONDANT, beurre, J. 1628, I, 194, 223; Chauff., II, 90; Vid.,

II, l32.

FONFE, tabatière, Vid., II, i32 (et fonfière). Onomatopée. Y. fanfouiner.

[FONQUER] =r foiiqner, J. 1728, I, 195.

FORESQUE, 1° Marchand forain, Vid., II, i32 ; 2° Campagne, Litt., II, 2o3.

FOREST DES BOUCHONS, forêt des tavernes, appellation synonyme de forest d'Angoulesme, J. 1628, I, 189.

FOREST DES PIOLLES, même sens que forest des bouchons, J. 1628, I, 237. V. piolle.

FOREST DU PROYS, haut de chausses, Vie, I, i65, propr. forêt du derrière. Appellation facétieuse. V. proye.

FOREST MONT RUBIN, cloaque de ville, J. 1660, 1, i95 ; Resp., I, 253 (Mont Trubin), propr. forêt de Montrouge. aux portes de Paris. Ironie.

[FORME] = hurme, II, 3g.

FORTIN, poivre, îortinière, poivrière, J. i836, I, 207 ; Vid., II, i33 (fretin) : le poivre est un peu fort au palais.

FOUAILLER, reculer au moment d'exécuter le crime, Granv.2, 1, 332; Vid., II, i32 ; — Yonne, fouailler, faiblir, être sans force.

FOUCANDERIE, chose volée, J. 1628, I, 194 (fricaudrie), 23a (foucaudrie), 232, 239, et 1660, I, 194, et 1700, I, 194 (foucaudière). V. foucandeurs.

FOUCANDEURS, faux merciers, gueux qui vendaient en cachette des marchandises probablement volées, I, i3, 38g (doc. de i4i3); — cf. Languedoc, fonça, fouiller, remuer, fureter.

FOUILLE, bourse, Myst. Pass., I, 274 (foulle) ; Vie, I, 166. V. feuille.

FOUILLOUSE, 1° Bourse, Myst. Chr., I, 293 (follouse) ; Vie, I, 166 ; B., I, 174 ; 2° Poche, Chauff., II, 93, 95 ; J. 1849, I, 207. Le mot se lit chez plusieurs écrivains du xvie siècle, I, 26-27 ; il est donné par les anciens lexicographes, I, 76, 78, et a pénétré dans plusieurs parlers provinciaux, II, 232. V. feuillouse.

FOUQUER, donner, Vie, I, 147, i64 (fougue), i65 ; J. 1628, I, 195, 219, 228; Resp., I, 255. Origine inconnue.

FOUR, prison, dépôt où l'on enfermait les vagabonds, Doc., II, i84,sens du mot au xvin1 siècle, répondant au horno, cachot (= four) de la germania. Cf. Ph. Le Roux : « Four se dit d'un lieu où l'on enferme toute sorte de gens sans aveux, qui battent le pavé à Paris, et quand ils y sont une fois enfermes, on les enrôle par force. Un four est une chambre voûtée où il n'entre aucun jour. » V. les dérivés dèfourailler et enfourailler.

FOURAILLIS, lieu de recel, Vid., II, i3a; Doc, II, 181. propr. cachette. V. dèfourailler et enfourailler.

FOUR BANAL, omnibus, Vid., II, i3a.

FOURBE, voleur, Coq., I, g3, 96; VIII., I, i36, propr. celui qui fourbit ou nettoie en frottant, association d'idées foncièrement jargonnesque, commune aux argots romans : fourb. furbo, voleur, furbesco, jargon. Dès le xve siècle, fourbe passa au français avec le sens de « tromperie » et de « trompeur » ; l'italien est également redevable au fourbesque de son furbo, coquin, gueux, malin.

FOURBI, jeu qui cache un piège, Aid., II, i32, propr. fourberie.

FOUR CHAUD, la question, Vid., II, i32J.

FOURCHETTE, 1° Doigts de la main, J. 1849, I, 207 : ils servent à dérober ; 2° Voleuse à la tire, opérant avec deux doigts seulement, Litt., II, ao5.

FOURCHU, bœuf, Vid., II. i3a : ses cornes font fourche.

[FOURDU] = sourdu, [fourdolle] = sourdolle, I, 77.

FOURGAINE, canne en jonc J. 1849, ^ 2°7< même mot que fourdaine, prunellier.

FOURGAT, receleur, fourgasse, receleuse, J. 1849, '• 2°7 ; Granv.2, I, 33a ; Vid., II, i3a ; Doc, II, 188 ; — moy. fr.forgas, vente des objets après l'exécution, terme normand (suivant Cotgrave), tiréde for gager, dégager.

FOURGUE, receleur, revendeur, J. 1849, fc 2°7 '» Gloss., II, 170. Mot abrégé du précédent, encore usuel, II, 23a.

FOURGUER, vendre des objets volés, Vid., II, i33 ; Gloss., II, 175. V. fourgat.

FOURLINER, voler, Doc, II, 191, propr. s'écarter de la droite

1. La torture étant depuis longtemps abolie, cet article a été introduit par Vidocq pour servir de point de départ à une de ces dissertations humanitaires, dont il était cbutumier. Voir ci-dessus, t. II, p. 6.

voie (en français, forligner) ; fourline, filou, J. i84g, I, 207 ; fourlineur, voleur à la tire, Vid., II, i33 (cf. II, 20).

FOURLOURE, malade, II, 108 ; Vid., II, i33, propr. perdu, sens du moyen français forelore ; et fourlourer, tuer, assassiner, II, 108; Vid., II, i33, c'est-à-dire perdre quelqu'un ; fourloureur, assassin, J. 1849, h 207. Ce mot de forçat n'est pas resté étranger au bas-langage parisien : « Notre auteur a été si fourlour qu'il s'est vu contraint de pincer le piau », lit-on sous un dessin dans le journal La Caricature1 ; et à en croire Virmaître, le mot garderait encore le sens primitif'2.

FOURMILLER, 1° Courir, Chauff., II, 106; Vid., H, i33 ; 2° Marcher, Vid., II, i33, c'est-à-dire s'agiter comme les fourmis.

FOURMILLON, marché, Vid., II, i33 ; Doc, II, 191, propr. fourmillière.

FOURNILLER (?), fournir (?), coïter, II, 36.

FOURORE, fouille des forçats, fourober, fouiller les effets des forçats, Vid., II, i33 ; — it. fuora robba ! ôtez la chemise ! cri de l'argousin pour faire dépouiller la chiourme.

[FOUSSER] = foncer, Chauff., II, 95.

FRALIN, frère, fraline, sœur, J. i836, I, 207; Aid., II, i33 ; — prov. fraie, môme sens.

FRANC, bas, franchir, baisser, J. i836, I, 207. — [baiser], J. i836-i849, I, 186, 207.

FRANC, 1° Affilié d'une bande, Chauff., II, 86 ; Vid., II, i33 ; 2° Ami de voleur sur lequel on peut compter, Gloss., II, 170.

FRANC, épithète ajoutée à diverses dignités de la monarchie argotique (cf. franc-cagou, franc-milou, etc.), à l'exemple des anciennes appellations franc archer, franc sergent, etc. « Ce mot de jranc, remarque Ph. Le Roux, ne peut guère être employé que dans un style familier, comique ou burlesque. »

FRANC-BOURGEOIS, voleur du grand monde, Vid., II, i33, à l'origine, bourgeois pauvre exempt de taxes et d'impositions. Les francs-bourgeois désignaient, au xvme siècle, une classe particulière de pauvres honteux, mais dont l'indigence était

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