‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 13 sur 157 · Reproduit le premier passage cité ci-dessus de Macé · texte numérisé non relu

Reproduit le premier passage cité ci-dessus de Macé

2. Cf. une assonance du même genre dans Bruant, Dictionnaire, v* bien :

Elle est bath la fête nationale...

Il est bith el' quatorz' juillet...

La forme bith n'a jamais existé que dans l'imagination de notre chansonnier. Citons encore ce passage de Richepin, TruandaiUe, p. 54 :

LES SOURCES SECONDAIRES 'i~J

sous du vieux français populaire, le provençal, l'espagnol, de l'italien, du levantin,... de l'anglais et de l'allemand, du roman,... du latin, enfin du basque et du celte...

Veut-on de l'espagnol? Le vieil argot gothique en fourmille. Voici boffette, soufflet, qui vient de bofeton ; vantane, fenêtre (plus tard vanterne), qui vient de ventana; gat, chat, qui vient de gato : «cite, huile, qui vient de aceyte. Veut-on de l'italien ? ^ici spade, épée, qui vient de spada ; carvel, bateau, qui vient de caravella. Veut-on de l'anglais ') Voici le bichot, 1 evêque, qui vient de bishop,... pilche, étui, qui vient de pilcher, fourreau. Veut-on de l'allemand ? Voici le calear, le garçon, kellner ; le tiers, le maître, herzog (duc)... Veut-on du basque P Voici gahisto, le diable, qui vient de gaiztoa, mauvais ; sorgabon, bonne nuit, qui vient de gabon, bon soir. Veut-on du celte? Voici... barant, ruisseau, de baranton, fontaine; gojfeur, serrurier, de gojf, forgeron ; la gaédouze, la mort, qui vient de guenn-du, blanche-noire.

Nous avons apprécié ailleurs le caractère fantaisiste de ces étymologies, et nous avons tâché d'expliquer l'étrange confusion à la suite de laquelle Victor Hugo a pris pour des termes d'argot des mots qui, à aucune époque, n'ont été considérés comme tels1. Ces exemples ne méritaient pas de franchir le cadre imaginaire des « Misérables »>. Cependant, l'année même de leur apparition, Emile Colombey, pseudonyme du littérateur Emile Laurent, s'empressa de

<( Et lui... bètc comme une ligne, c' lancier-là..., tandis que Bibi, pour le truc, le dric, le fil, le r'fil, le llair, le blaire, et tout ce qu'il faut avoir dans la fiole pour ne pas être un gniolle qu'on patafiole, à lui la pose, à Polyte 1' mariolle ! » On trouve dric, comme terme d'argot, dans Delesalle et Bruant, avec le sens de « ruse ». i. Voir notre Argot Ancien, p. i3/i, i3G et 296-398.

les accueillir dans le dictionnaire d'argot1 joint à ■son ouvrage « Le monde des voleurs, leur esprit et leur langue » (1862). On y lit ainsi à l'ordre alphabétique les mots suivants que nous accompagnons •des commentaires des autres lexicographes, depuis Larchey jusqu'à Bruant :

Barant, ruisseau. — Larchey : « Id. (Colombey). » — Rigaud : « Barant, ruisseau, dans l'ancien argot. » — Delesalle : « Barant, ruisseau (vieux), du celt. baranton, en allem. Bôrn, source. » — H. -France: « Barant, ruisseau. Argot des voleurs... » — Bruant: « Ruisseau. Barant. »

Bichot, évêque. — Larchey : « Id. Germanisme. L'évèque allemand est un bischoff. » — Rigaud: «Bichot, évêque, dans l'ancien argot, de l'anglais bishop. » — Delesalle : « Id. De l'angl. et l'ail. Bischof, qui signifie dans les deux pays, à la fois « évêque » et «vin chaud»... — H. -France: « Bichot, évêque. Argot des \oleurs. Mot introduit probablement par quelque pickpocket, de l'anglais bishop, qui a la même signification. » — Bruant : « Évêque. Bichot. »

Boffette, soufflet. — Larchey : «Id. (Colombey). Du vieux mot buffet. » — Delesalle : « Boffette, soufflet. Langage populaire. Angl. buffet, coup. » — H. -France : « Boffete, coup de poing ou claque sur l'oreille ; vieux français. » — Bruant : « Coup. Boffette. »

Caleur, garçon. Larchey: « Id. (Colombey). » — Rigaud: « Caleur, garçon, de l'allern. kellner, dans l'ancien argot. » — Delesalle: « Caleur, garçon de café qui travaille en extra... de l'ail, kellner, même sens. » — Bruant : « Garçon de marchand de vins. Caleur. »

Carvel, bateau. — Larchey : «Id. (Colombey). » — Delesalle : « Id. Esp. caravella. » — Hermina et Lévêque*2: « Bateau.

1 . Celui-ci a été formé de vocables tirés principalement de Vidocq, Fr. -Michel et Victor Hugo.

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