‹ Les sources de l'argot ancienChapitre 14 sur 157 · Dictionnaire thématique français-argot, Paris · texte numérisé non relu

Dictionnaire thématique français-argot, Paris

Carvel. » — H. -France : « Id. De l'ital. caravella. » — Bruant: (( Bateau. Carvel. »

Gahisto, le diable. — Rigaud : « Id. Dans l'ancien argot, du basque gaiztoa, mauvais. » — Delesalle: « Gahisto, diable (mot basque). » — Bruant : « Diable. Les Béarnais qui appellent le hibou (jaliiis, ont baptisé le diable Cahisfo. »

Gat, chat. — Larchey : « Ici. (Colombey). \ ieux mot provençal. » — Rigaud: « Gat, chat, dans l'ancien argot; mot emprunté au provençal gat, del'esp.yafo. » — Delesalle: «Gat, chat. \ ieux mot provençal (Larchey). Esp. gato, même sens. » — H. -France : « Gat, chat. Corruption de l'angl. cat, chat. » — Bruanl : « < Shat. Gat*. »

(ion ei h, serrurier. — Larchey : «ht. (Colombey). Le gaffeur , serrurier, dérive évidemment du goff, breton. » — Rigaud : « Goffear, serrurier, dans l'ancien argot, du celte gojf, forgeron. » — Delesalle : « Gaffeur, gauffeur, serrurier. » — H. -France : « Gojfeur, serrurier. Du breton gojf, même sens. » Bruant: « Serrurier. Goffeur*, gouffeur*. »

Glédoi ze, la mort. — Larchey: « Id. (Colombey). » — Rigaud : « Guédouze, la mort, dans l'ancien argot ; du celte guenndu, blanche-noire. » — Delesalle : « Guédouze, Guidouze, la mort. » — Lermina et Lévêque : «La Mort. Guédouze. » — H. -France : « Guédouze, la mort. » — Bruant : « Guédouze et guidouze. »

Hers, maître. — Larchey : « Id. (Colombey). Vieux mot dans lequel on retrouve le herus latin, sinon le herr allemand. » — Rigaud : « Herz (sic), maître, dans l'ancien argot ; de l'allem. herzog, duc. » — Delesalle : « Hers, maître (Larchey), de l'allem. herr, monsieur. » — H.- France : « Hers, maître. Vieux mot, du latin herus, en allcm. herr. » — Bruant : « Maître. Hers. * »

Orgue, homme. — Larchey, Suppl. : « Id. (Colombey). » — Rigaud : « Orgue, homme, dans le jargon des voleurs. » — 11. -France : « Orgue, homme, dupe ; argot des voleurs. »

Pilche, étui. — Larchey, Suppl. : « Id. (Colombey). » — Rigaud : « Pilche, étui, dans l'ancien argot ; de l'angl. pilcher, fourreau. » — Delesalle : « Pilche, étui. » — H. -France : « Pilche, étui ; argot des voleurs. » — Bruant : « Etui. Pilche. »

3o INTRODUCTION

Spade, épéc. — Larchey : « Id. Vieux mot. Espadon nous est resté. » — Delesallc : « Spade, épée, langage familier (sic), vieux mot qui a fait spadassin, ferrailleur, traîneur d'épée. » — II. -France: « Spade, épée. Vieux français, du lat. spada (sic), -dont nous avons fait spadassin. » — Bruant : « Épée. Spada ou spade, hispanisme. »

Colombey a reculé devant acite, vinaigre, et les autres lexicographes s'en sont également abstenus ; mais ils ont admis :

Sorgabon, bon soir. — Rigaud : « Sorgabon, bon soir, bonne nuit ; qui ne vient pas du tout du basque gabon, soir, comme l'a avancé Victor Hugo. Sorgabon, c'est bon sorgue retourné. » — Delesalle : « Sorgabon, bon soir. Déformation de bonne sorgue. » — H. -France : « Sorgabon, bonne nuit ; irréversion de bonne sorgue ; argot des malfaiteurs. »

Nous avons reproduit toutes ses divagations afin d'en débarrasser définitivement le domaine de l'argot. Leur tableau d'ensemble prouve combien il reste encore à faire dans cette direction. Les dictionnaires argotiques sont encombrés d'innombrables parasites morts-nés qui traînent leur poussière contagieuse de lexique en lexique jusqu'à faire oublier le sol où ils ont poussé la première fois. Tel de ces lexicographes les attribue à Colombey, tel autre à Larchey, tel autre les note d'un astérisque comme vieillis ; mais il est un point sur lequel tout le monde tombe d'accord : leur caractère authentique. Cependant, aucun de ces vocables ne répond à une réalité argotique, ancienne ni moderne.

LES SOURCES SECONDAIRES 3l

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