Voir Argot Ancien, p
k. Cf. jambe de Dieu (= jambe malade), I, 28.
Les Sources de V Argot Ancien, t. II. 23
FRANGIN, 1° frère, frangine, sœur, .T. i84g, I, 307 ; Vid., II, i33 ; Doc, II, 190; 2° Ami, camarade, Gloss., II, 176. Origine inconnue. Mot devenu populaire, II, 232-233.
FRANGIR(P), casser, Gloss., II, 170.
FRAPET, verre à boire, J. i634, I, 196, et 1G90, I, ig5 (frapper), et 1700, 1, 195 (frappier); — tiré de frapper, congeler (vin, eau) : le contenu est ici pris pour le contenant.
FRAPPART (père), marteau, Vid., II, i48. Personnification.
FRAPPIER, v. frapet.
FRAUDEUR (?), boucher, II, 75.
FRÉDINE, bourse, Vid., II, i33. Cf. reclin.
FRÉGATE, jeune pédéraste, Vid., II, i33. Terme de bagne. II, io4- V. corvette.
FREMILLANTE, assemblée, J. i836, I, 207 : elle fourmille.
FREMION, 1° Marché, J. 1628, I, 194, 23g, et 1660, I, 188, ig4 (frimion) ; Granv., I, 332, propr. fourmillement (Picard, fremioner, fourmiller) ; 2° Violon, J. i836, I, 207, dont les cordes frémissent sous l'archer.
FREMY, v. fermy.
FRESSOUE? Vill., I, i37.
FRETILLANTE, 1° Queue, Granv., I, 333; Vid., II, i3i (fertillante) ; 2° Danse, J. i836, 1, 207.
FRETILLE, paille, Vie, I, 147, i65 ; B., I, 172 ; J. 1628, T, i94, 221; Granv., I, 332; Vid., II, i3i (fertille) ; — cf. Bresse, fretil, chaume. Le mot survit dans quelques parlers provinciaux1, II, 233.
FRETILLER, danser, Granv., I, 333 = J. 1 728-1849, I, 207.
FRETIN, v. fortin.
[FRICAUDRIE] = foucanderie, J. 1628, I, 194.
FRIC-FRAC, effraction, Vid., II, i33. Onomatopée qui rend le bruit que fait une chose qui se déchire ou se casse.
FRICMONT, crime, Gloss., II, 175. V. fric-jrac.
FRILEUX, poltron, Vid., II, i33 : cf. l'expression vulgaire il n'a pas froid aux yeux, en parlant d'un brave.
FRIME, visage, Doc, II, i84, 190, 191. Bas-langage.
FRIMER, envisager, Vid., II, i33 ; frimage, confrontation, J. 1849, !» 2°7-
1. Au temps de Guill. Bouchet, le mot semble avoir été usuel dans le Poitou : « Pour faire coucher un homme... sur la frétille, ou sur la dure... », Serées, t. II, p. 2/41.
FRIMION, v. fremion.
FRIMOUSSE, figure, physionomie, J. i836, I, 207 ; Granv.2, I, 333. Bas- langage.
FRIMOUSSER, tricher au jeu, préparer les cartes (frimousseur, tricheur), Vid., II, i33, c'est-à-dire leur donner une certaine figure.
| FRIPIER] = frapet, I, i95.
FRIPOUILLE, canaille. Vid., II, i33. Bas-langage.
FRIQUET, mouchard, Vid., II, i33, d'après le nom de ce moineau qui frétille sans cesse lorsqu'il est perché. Terme des voleurs parisiens.
FRISÉ, juif, Vid., II, i33. Allusion à la frisure des Juifs orthodoxes.
FRISER, voler, Gloss.. 11. i73. 17J. V. frisé. Cf. sur les voleurs juifs, II, S- 10.
FRISQUET, froid, Gloss., II, 173. Bas-langage.
FRIT, condamné, Vid., II, i33. V. cuil.
FROART. v. Jloart.
|FROC| = broqae, Vie, I, i46, 16G.
[FROISSEUX] — frolleux, J. i83G, I, 194, 207.
FROLLANT, traître, .1. 1700, I, io't ; Granv., I, 332.
[FR0LLAUX]= /roWeiix, J. 1690, I, 19'j.
FROLLER SUR LA BALLE, médire de quelqu'un, J. 1G28, 1, 194, 226; Resp., I, 2G1 : propr. frotter (anc. h\ froller) sur la balle, c'est-à-dire sur le mercier qui la porte.
FROLLEUR, traître, J. 1G28, I, 194, 22G (frolleux) ; Resp., h
[FROTTANT] = frollant, I, 194.
FROTTIN, billard, J. 1849, I, 207 ; Vid., II, i33 : il est frotté par les billes.
FROTTIN, souteneur, Gloss., II, 175.
FROU, v. flou.
FROUER, v. flouer.
FROUSTEAU, rien, J. 1660, 1, i94, et 1728, I, i94 (froustière). Onomatopée : cf. Champagne, Clairvaux, froust! bruit d'un oiseau qui s'envole tout à coup. V. fîoutière.
FROUTIÈRE, v. fîoutière.
FRUMILLON] —fremion, I, i94.
[FRUQUER] = fouquer, J. 1690, I, i95.
FRUSQUE, habit, Rat, I, 33g ; Chauff., II, 92 ; J. i836, 1, 207 ;
Vid., II, I331; Doc, II, 179. Forme abrégée de frnsquin. Mot passé dans le bas-langage où il a produit des dérivés nouveaux, II, 233.
FRUSQUIN, 1° Habit commun, J. 1628, I, 194, 221 ; Resp., I, 255; Granv., I, 332 ; Vid., II, i33 ; — propr. habit froissé (anc. fr. fruissier, froisser) ; 2° Coquetterie, J. 1849, I, 207, c'est-à-dire mise élégante, ironiquement. Le mot a passé au xviue siècle dans le bas-langage, I, 78 ; II, 18. Dérivés : frusquinage, habillement, Resp., I, 261 ; frusquine, veste, J. i836, I, 207; frusquiner, habiller, Granv., I, 332; J. i836, I, 207 ; Gloss., II, 170; frusquineur, tailleur, Vid., II, i33.
FUMÉ, sans ressources, Vid., II, 137. Même sens que cuit, frit, etc.
FUMER (se), se battre, Granv.2, I, 332 ; — cf. l'expression vulgaire fumer de colère.
FUMERON, jambe maigre, Vid., II, i33, semblable au gros brin de fagot qui porte ce nom.
FUSTILLER, tricher au jeu, Coq., I, 96 ; — tiré de l'anc. fr. fuster, fouiller, piller, ravager, propr. fustiger : cf. futé ; Picard, fustiquer, tricher (= fustiger), et Lyon, f rouiller, tricher (= frotter).
GAFFE, 1° Sergent, gardien, Coq., I, 96 (gaffre) ; 2° Guet, Vid., II, i34 ; — propr. perche garnie d'un crochet (sens de l'ancien gaffe, Du Cange, i455) : cf. prov. gafo, recors (= gaffe), et, dans le jargon de Montmorin (H. -Alpes), davi, sergent (= david, crochet). Dérivés : gaffer, guetter, être en faction, Vid., II, i34 : la forme fréquentative gaffiller, est devenue populaire, II, 233 ; gaffeur, sentinelle, Vid., II, i34 ; gaffier, garde, gardien, Doc, II, 193. Y. fait.
GAFFRE, v. gaffe.
[GAGE] = gaye, J. 1849, h l86> 2°7-
GAGNER, voler, filouter, J. 1660, I, 245 (cf. 3 16). Euphémisme analogue au synonyme travailler.
1. Le mot a souvent été mal transcrit, d'où ces coquilles : friques, vêtements (Fligaud et Delesalle), et Jîques, même sens (Victor Hugo, Colombey, Larchey, Delesalle et Bruant).
GAHISTO (?), diable, II, 27, 29 ; — cf. Béarn, gaho, crochet, donc : celui qui empoigne. Mot inconnu en dehors de Victor Hugo.
GAIGNEUR, filou, \ill., II, i34. V. gagner.
GAILLE, cheval, Vid., II, i34 (gaye). mot encore usuel, II, 234. Dérivés : gaillerie, cavalerie, Vid., II, i34 (gayerie) ; gaillet. cheval, Vid., II, i34 tgayeti. V. galier.
GAILLE. gaillette, fausse partie de billard, Vid., Il, i34 (gaye, gayette». Terme de grec. V. gailleur.
GAILLEUR. filou, \ill., I, i25 (et gallieur), i29(gayeux); — propr. maquignon : c'est un dérivé de gaille, cheval1, galier, dans le jargon des Coquillards (v. ci-dessous : gallieur, dans Villon, et les dérivés ultérieurs galienne, galière, galiote, galtrori). Les Coquillards, entr'autres transactions louches, négociaient la vente des chevaux, I, 16, 89, et surtout des chevaux vicieux dont ils savaient masquer les tares (cf. I, 161, 162). Le commerce des chevaux a toujours été inséparable de tromperies, d'où la réputation fâcheuse des maquignons : encore aujourd'hui, l'individu chargé par un maquignon de rendre une rosse présentable à la vente, s'appelle maquilleur de gayets (v. Rigaud). Les pendants modernes de l'ancien gailleur, filou, sont, d'une part, gaille, gaillelte, galiole, tricherie au jeu, et, d'autre part, engailleur, compère du bonneteur, II, 234.
GAILLOTERIE, écurie, Chaufï*., II, 91. Dérivé supposant un diminutif gaillot, parallèle à gaillet.
GAIN, vol, Vill., I, i35, i38 ; Vie, I, i47- V. gagner.
GAITTE (?), argent, II, 78. Dans le bas-langage, guelte est la remise accordée au vendeur sur certaines marchandises.
GALÉGÊRE. femme de voleur, Gloss., II, 175, c'est-à-dire prostituée. V. calege.
GALETTE, homme maladroit, Vid., II, i34, c'est-à-dire plat comme une galette. V. limande.
GALIENNE, écurie, J. i836, l, 207. V. galier.
GALIER, cheval, Coq., I, 97 ; Myst. Chr.r I, 278; J. 1628, I, 195 ; Granv., I, 332 ; galière, jument, I, 3o3 ; J. i836, I, 207 ; — moy. fr. et dial. galier, rosse. V. gaille.
1. Cf. gaillofre, rosse, dans le Royal Lignage de Guiart, v. 12718. Le mot est encore vivace, sous cette forme et avec ce sens, dans le patois de l'Yonne (Jossier). •
GALIFAR, bouchon, Granv.2, I, 332. Origine inconnue.
GALINE, jeune pédéraste, terme de bagne, Vid., II, i'6\ : — dial. galine, poule, fille galante.
GALIOTTE, tricherie, au jeu de billard, Yid., II, i34. V. gaille, gaillette, gailleur.
GALLIEUR, v. gailleur.
GALOCHE, menton, J. 1849, 1, 207, c'est-à-dire pointu comme un menton de galoche.
GALOUSER, chanter, J. i836, I, 207. V. goualer.
GALTRON, poulain, J. i836, I, 207. X.galier.
GALUCHE, galon, galucher, galonner, Chauff., II, 91 ; Vid., II, i34; Doc, II, i83. V. combre.
[GAMBERGER] = gomberger, Litt, II, 196, 198.
GAMBILLER, danser, Vid., II, i34; Doc, 179, 190, propr. jouer des jambes, sens du mot en Picard (en français : agiter les jambes pendantes) ; gambilleur, 1° Danseur, Vid., II, i34; 2° Ambulant, Litt., II, 202.
GAMBRIADE, danse, Doc, II, 181 (= gambillade). — fdamej, II, 53, 54.
GAME, rage, J. i836, I, 207 ; — dial., Bas-Maine, Vendée. game, même sens. V. engamé.
GANCE, bande, clique, Granv., I, 332 = J. 1728 - j84q,
I, 207, propr. ganse, nœud de ruban, signe de ralliement. Baslangage.
[GANDILLE] = gaudille, II, 57.
GANDIN, décoration, Vid., II, i34 ; — cf. Genève, gandin, tapage.
[GAP] •-= gaffe, II, 73.
GARANTES, mains, Vie, I, 164 : cf. dial. garer, gratter. V. gratantes.
GARÇON, voleur de campagne, Vid., II, i34; Doc, II, 191 ; Gloss., II, 176, survivant de l'ancien mauvais garçon, I, 377;
II, 102, 234. Aujourd'hui, garçon désigne le voleur franc à qui ses pairs n'ont rien à reprocher (Hayard), l'homme sur qui on peut compter, incapable de faire une dénonciation (Rossignol).
GARD ? Vill., I, 125.
GARDE-PROYE, garderobe, J. 1628, I, ig5, 244, propr. gardederrière. V. proye.
GARGOINE, bouche sale, bouche, J. 1849, I. 2°7 i Granv.», I, 332 (gargouenne) ; Vid., II, i34; — • Picard, gargouenne, gorge.
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 35o
GARGON, v, jargon.
GARGUE, même sens que gargoine, Vid., II, i34, dont il est la forme abrégée.
GARNAFIER, fermier, garnafle, ferme, Vid., II. i34- \. grenajte, dont garnajh représente une prononciation dialectale i cf. gantier, grenier, dans Palsgrave). V. grenajfe.
GARS, chef de bande, Gloss., II. 176. Y. garçon.
[GARUCHE] = carrache, 1, 193 ; 11, 74. — [supplice], II, 74.
GASCATRE. apprenti-voleur, Coq., I, 9G, 10G, propr. mauvais Gascon, peuple qui avait depuis longtemps une fâcheuse réputation de brigandage, 1,84'. Dans le Mystère de Saint Quentin de la même époque, un autre dérivé de ce nom désigne le valet du bourreau, v. 9268 :
J'ay icy ung gentil gascari Ou deux qui sont bien affinez...
Pour crever yeulx, pour copper nés...
Ils sont tous fais et tous vieillies.
Le camelot appelle encore gascar le Gascon (Rossignol).
G AT (?), chat, I. xi ; II, 27, 29. Italien ou Lyonnais. Ce mot est absolument étranger à l'argot.
GAUDI, plein, propr. joyeux, appliqué aux choses, \ iil., I, 122 (mathe gaudie), i35 ; Myst. Test., I, 268 (fourrure gaudie) ; \ ie-. I. 167 (rouillarde gaudie). Y. desgaudi.
[GAUDIFFE] = gaudille, J. 1849. L '^1-
GAUDILLE, épée, Granv., I, 332 = J. 1728-1849, I, 207, propr. rame ou aviron {godille, goudille), terme de matelot.
GAUDINEUR, décorateur, Vid., II, i34. V. gandin.
GAULDROUSE ? MIL, I, i35. — [bordel], II, 36.
GAULÉ, cidre, J. i836, I, 207 ; Vid., II, i34 ; — Norm. gaulay, boisson faite avec les pommes abattues par la gaule.
GAUT, pou, J. 1G28, I, 195, 235 ; Nid., II, 235 (got) ; — fourb. gualdo, même sens, propr. jaune de gaude, d'après la couleur jaunâtre du parasite. D'Assoucy s'est servi de ce terme de jargon (v. Fr.-Michel, p. i8H), qui est encore vivace dans le Doubs : gou, pou.
GAUX, [époux] = poux, J. 1849, I, 18G, 207. V. gaut.
1. Rabelais y fait allusion dans sa Prognostication, ch. 111 : « Les oreilles seront courtes et rares [allusion à ressorilleinentj en Guascogne, plus que de coustume » ; et Montaigne remarque à propos de la même province, 1. II, ch. vin : « Ce quartier en est, à la vérité, un peu plus descrié que les aultres de la i'ranroise nation ».
3ÔO GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
GAVÉ, gaviolé, ivre, Vid., II, i34, prop. gorgé, gavé; — cf. Bas-Maine, gavion, ivresse (= gorge).
GAY, drôle, laid, Vid., II, i34, semblable au geai (anc. fr. et dial. gai).
GAYE, gayet, gayette, gayeux, gayerie, v. gaille, gaillet, gaillette, gailleur.
GAZ (faire son), aller à la selle, Granv.2, I, 332.
GAZOUILLER, parler, J. 1849, I, 207, c'est-à-dire parler comme les oiseaux et les nourrissons, association d'idées analogue h jargon (v. ce mot).
GÉ, or, Ghauff., II, 91, 93, propr. jais : allusion à la couleur brillante, II, 89.
GEORGET, pourpoint, Yill., I, i33 ; Myst. Test., I, 268, et Chr., I, 278, 294 (jorget); Vie, I, i65; J. 1628, I, 226, 224, et i836, 1, 207. Nom de personne appliqué à un habit (cf. en français, jacquet, jacquette), procédé usuel dans les jargons : fourb. piero et germ. pedro, manteau, c'est-à-dire Pierre ; Joseph* même sens, dans le cant.
GERBER, juger, condamner, gerbable, qui doit être condamné, gerbement, jugement, Vid., II, i34 ; Doc, II, 188 ; gerberie, tribunal, gerbier, juge, J. 1849, I' 2°7 '-> Vid., Il, i35 ; Doc, II, 181, 188. Images tirées du travail agricole, II, 104. Mots encore usuels, à côté de gerbe, prison (Hayard).
GERGON, v. jargon.
[GERNAFLE] = grenafle, J. 1849, I, 195, 207.
GET, jonc, Vid., II, i35. Mauvaise graphie pour jais, II, 89.
GIB (?), argent, II, 78.
GIBERNE, Guibray, Vid., II, i38 (Jiberne), anciennement Gibray, où se tenait une foire très importante.
GIBLER, juger, Ghauff., II, 92, 96. Mot déformé.
GIBRE, même sens que chibre, J. 1628, I, 195 (gyvre), 1660, I, 195 (givre), 1690, I, 190 ; — cf. moy. fr. gibrelin, pudenda (Gollerye).
GIER ? Vill., I, i35. — [jargon], II, 38.
GIEREMENT ? Vill., I, i35. - [avidement], II, 38.
GIFFAULT ? Vill., I, i35. — [le derrière], II, 36.
GIFFLE ? Vill., I, 125, i3i. — [gibet], II, 36, 77. — [visage],
GIGOLETTE, prostituée, Gloss., II, 176. Bas-langage.
GILBOCQUE, billard, J. 1849, *• 2o8 : peut-être déformation de bilboque, bilboquet, par allusion aux billes.
GILMONT, gilet, Chaufl., I, 92 ; Vid., Il, i35. Déformation.
GIROFLE, 1° Aimable, Vid., II, i35 ; Doc., II. 190; J. i836, 1, 209 igiroble); 2° Femme aimable, Doc., II, 180, propr. mignonne comme la giroflée.
GIROFLÉE, crochet à forcer les serrures, Coq., I, 110, d'après la forme de cet outil d'effraction.
GIROLLE, soit, oui, J. 1628, I, 234. Forme amplifiée de gy, encore usuelle, II, 259.
GIRONDE, jolie, J. 1849, L a°8 : Granv.*, I, 332 ; Vid., II, i35 ; Doc, II, 181 ; — c'est-à-dire fluette comme une hirondelle (prov. girondo). Mot passé dans le bas-langage, II, 234-235.
GIRÔUART, coursier, I, 3o2, 3o3.
GITRE. j'ai, J. 1628. I, 190, 227 ; Granv., I, 332. Mot déformé.
[GITREMENT] == grièvement, II, 38.
GIVERNEUR, VW., II, i35, terme des cochers parisiens ; — cf. Littré, SuppL, p. 36y : « Giberneur, nom dans les environs de Paris, d'industriels qui achètent aux vignerons des feuilles de vignes qu'ils revendent aux halles centrales {de giberne, sac) ».
GIVRE, v. gibre.
GLACE, verre à boire, J. 1628, I, 195 ; Granv., I, 332 : le contenant pour le contenu (cf. frapet). Mot passé dans le baslangage, II, 235.
GLACÉE, verre plein, Resp., I, 254.
GLACIÈRE PENDU, réverbère, J. 1849, I, 208. Allusion au vitrage de l'ancien réverbère et à son aspect patibulaire.
GLACIS, verre, Granv.2, I, 332; Vid., II, i35. Forme postérieure de glace.
GLIER, diable, J. 1628, I, 194 ; Resp., I, 255 ; Granv., I, 332. Forme contractée de guelier.
[GLINET1 = glier, Granv., I, 332 ; J. i836, I, 218.
GLISSANT, savon, Vid., II, i35.
GLISSER, mourir, Gloss., Il, 173, c'est-à-dire glisser dans l'autre monde.
[GLIVET1 = glier, I, 218.
GLOCHETTE, poche, J. 1849, I, 208 : peut-être pour clochette, petite cloche.
GLORIETTE, nom d'une ancienne geôle du Châtelet, I, 11.
GLUTOUSE (?), figure, II, 53, 54, 77.
GNIÈRE, individu, Litt., Il, 198 : abrégé de sognière, lui, II, 259. V. niere
GNIOLE, v. niole.
GOBE, gobelet, verre à boire. Yid., II, i35. Abréviation.
GOBE-MOUCHE, espion, J. 1849, I, 208, d'après le nom de cet oiseau (cf. friquei) ; gobe-moucherie, franc-maçonnerie, Yid., II, i35.
GOBER, 1° Aimer, Gloss., II, 173 ; 2° Etre attrapé, Granv/2, I, 332, propr. avaler. Bas-langage.
GOBESON, 1° Galice, Aid., II, i35, c'est-à-dire gobelet; 2° Yerre, Litt., II, 20G.
GOBETTE, verre de vin de prison, J. 1849, L 3o8- V. gobe.
GOBILLEUR, juge d'instruction, J. 18/19, *> 2o8 •* H tourne et retourne l'inculpé comme une gobille (bille servant aux jeux d'enfants).
GOBIN. bossu, I, xi. Mot français sorti d'usage, n'a rien de commun avec le jargon,
GODELAY, cidre, Chauff., II, 90 ; — cf. moy. fr. et dial., godale, sorte de bière. V. gaulé.
GODILLER, être en érection, Yid., II, t35 ; Gloss., II, i73. Terme de matelot : manœuvrer la godille ou l'aviron, pour imprimer une marche progressive au bateau (dans le Berry, remuer, tripoter la terre), II, ro4.
GODIZ, richard, riche, Coq., I, 97. Mot tiré de l'ancienne germania : godizo, riche, épithète fréquente dans les romances argotiques espagnoles.
GOFFEUR (?), serrurier, II, 27, 29; - cf. Berry, gojfe, manant, grossier.
GOGUENEAU, pot de nuit, J. 1849, I, 208. Bas-langage.
GOINFRE, chantre, J. i836, I, 208 : il a la bouche toujours ouverte.
GOMBERGER, compter, Yid., II, i35 (v. comberger), usuel dans l'argot moderne, aussi sous la graphie corrompue gamberger (Rossignol), d'où gambergement, truc, combinaison qui se trouve dans les jeux de hasard où il n'y a rien à toucher (Idem).
GONCE, v. gonze.
GONCIER, corps, Gloss., II, 173, propr. individu, sens du mot dans l'argot moderne (Rossignol). Y. gonce.
GONZE, (gonce), 1° Homme, individu, gonzesse, femme, J. i836, I, 208 ; Yid., II, i35 ; Doc, II, 179; Gloss., II, i73 : 2° Niais, dupe, Granv.2, I, 332 ; Gloss., II, 166 ; — fourb. gonzo, bourgeois, rustre (en italien, niais). Mot déjà employé
par La Fontaine et Vadé, I, G8-69, passe aujourd'hui dans le bas-langage, II, 235.
GORGE, étui, J. i836, I, 208.
GOSSE, enfant, Gloss., 173 ; gosselin, 1° Petit garçon, J. iS',i), I, ao8 ; Gloss. ,11, 166; Granv.-, I, 332; 2? Veau mort né, Vid., II. i35. Bas-langage.
GOT. v. gaat.
GOTEUR, paillard, J. i836, I, 208, répondant à goton, prostituée (= Margot).
GOUALER. chanter, goualante. chanson, goualear, chanteur, J. 1849, I, 208; Vid., II, i35 ; — dial. goualer, crier d'une voix aigre (Genève), oualer, chanter à tue-tête (Bas- Maine). Mot passé dans le bas-langage, ainsi que ses dérivés, II, :<3f). \ . (jalouser.
GOUAPE, gouapeur, vagabond. Granv.-, I, 332; Gloss., II, 173 ; gouaper, gouéper. vagabonder. Doc, II, 184 ; gouépeur, vagabond, Mo., II, i35 ; Doc, II, i83, 184. Mots d'origine dialectale, II, io3, passés dans le bas-langage, II, 236.
[GOUFFIERI = pousser, II, 68, 72.
GOUGEON, garçon, Mil., I, i34 ; Myst. Ap., I, 270 ; — dérivé de gouge, jeune fille (Guill. Goquillarl i.
GOULFARAULT, patron (?), I, 3o3, propr. goinfre, I, 3o2.
GOULINE, valise. Litt., II, 196, propr. petite gueule ou ouverture ici*. <jueulard).
GOULU. 1° Puits, J. i836, 1, 208 ; 2° Poêle, Vid., II, i35 : l'un et l'autre d'après l'ouverture.
GOUPINE, mise étrange, J. i84g, I, 209, c'est-à-dire mise de voleur. V. le mol suivant.
GOUPINER, 1° Voler, Vid., II, i35 ; Doc, II, 178, 188; 2° Faire quelque chose, Granv.2, I, 332 ; Gloss., II, 173; — cf. Champ, (jouper, duper, mystifier (Gay) ; prov. goupilha, grappiller, dérober secrètement.
[GOUPLINE] = gourpline, J. 1690, 1, 195.
GOUR, pot, J. i634, I, 190. V. gourd et gourpline.
GOURD, Gros, au sens propre ou figuré. De là :
a. Acceptions concrètes :
1° Chargé, en parlant des dés truqués, Vill., I, 127 (gours arques) ; v. ci-dessous gourd, dé ; 2° Ramassé : v. gour, pot.
b. Acceptions métaphoriques :
1° Opulent, riche, Mil., I, 122 (gours passans) ; Myst. Pass.,
I, 273 : gourt y est opposé à mince de caire (v. ci-dessus, \°caire) ; Vie, I, i65 (gourt razis, archevesque), 1G6 (zervinois gourd, advocat).
2° Excellent, bon, en parlant du vin, VilL, I, 126 (gourde piarde), B., I, 173 ; Myst. Ghr., I, 282 (gourd piard), 291 (gourde pie); v. ci-dessous, gourd, vin ;
3° Copieux, abondant : v. gourdement.
4° Commun, banal (chemin, moyen), d'où ironiquement ruse, truc : v. gourderie et gourt.
Tandis que ce mot est resté à peu près étranger aux argots romans, il a acquis dans le jargon un développement considérable qui contraste avec le rôle insignifiant de gourd en français (en espagnol, gordo, gros, est par contre très fécond). Des acceptions comme « riche, fastueux » et des expressions comme gourde pie (tout d'abord dans le Mystère du Vieil Testament, éd. Picot, t. I, p. 259) ont passé du jargon au français dès le xve siècle, dans la poésie satirique, principalement chez Guill. Coquillart, et dans les vieilles farces (cf. ici même, t. I, p. 20, 3i). Au sens de « bon », gourd a également pénétré dans quelques langues secrètes de la France l.
GOURD, dé, spécialement dé chargé, Coq., II, 97. Nom qu'on lit dans Shakespeare, I, 86. V. ci-dessus gourd, gros.
GOURD, vin, Vie2, I, 167, propr. bon vin. Y. gourd, bon, et gourdi.
GOURDAINE, nom d'une geôle dans l'ancien Chàtelet, I, 11.
GOURDE (?), boucle d'oreille, II, 5o.
GOURDEMENT, beaucoup, Myst. Test., I, 267 ; VilL, I, i33 ; J. 1628, I, 195, 228 ; Doc, II, 188, 190. Y. gourd, copieux.
GOURDERIE, fourberie, Myst. Test., I, 267. Y. gourd, commun.
GOURDI, bon vin, Yie, I, i65. Y. gourd, vin.
GOURDIFAILLER, mangera son aise, Litt., II, 206. Baslangage.
GOURD RAZIS, archevêque, Yie, I, i65, propr. bon prêtre.
GOURER, gourrer, tromper, escroquer, VilL, I, i34; B., I, 172; J. i836, I, 208. Ancien terme de jargon, d'origine indigène, I, u5, passé au xvnr siècle dans la langue générale"2; il