V. Argot Ancien, p. 201 et
■2. Le mot se lit fréquemment dans Guill. Bouchet : « se doutans qu'ils estoient gourrez, se regardans l'un l'autre, se priment à rire », Serées, t. III, p. 127.
est encore vivace dans le bas-langage (cf. II, 236) ainsi que ses dérivés : goure, tromperie, Vid., II, i35, i38 ; goureur, trompeur1, J. i83G, I, 208.
GOURGANE, cou, gorge, Chauff., II, 91, 92. Même origine que garqoine.
GOURGOURANS h Vill., I, i34. — [trompeurs], II, 36.
GOURNE ? gourné ? Me, I, i43, i45, i63.
GOURNITIQUE ? Vie, I, i48,
GOURPLINE, pinte, J. 1628, I, iq5 ; Resp., I, 259, c'est-à-dire gourplin, pot plein. X.goar. — [plainte], J. i836, I, i85, 208.
GOURT, ruse de gueux, métier de voleur, Vie, I, i46, 147 (enterver le gourt). L'expression brouer sur le gourt, I, 3g, c'est-à-dire gueuser en connaisseur du métier, s'oppose à bier sur le minsu, mendier purement et simplement. V. ci-dessus gourd, commun, et plus bas les termes minsu, passeligourt et tripeligourt.
GOUSPIN, huissier, Litt., II, 2o3, propr. gamin. Baslangage.
GOUSSE RAZIS, abbé, I, i65, propr. curé bien nourri.
GOUSSER, manger, Myst. Ap., I, 281; Vie, I, 147, 160 ; J. 1628, 1, 219 ; — prov. goussa, manger de grand appétit, propr. dévorer comme un chien.
GOYE, dupe, II, 9, propr. chrétien. Mot des merciers juifs.
GRAFFER, empoigner, Myst. Chr., I, 293 ; — anc. fr. graffer, cramponner. V. greffir et griffer.
GRAILLONNER, entamer une conversation à haute voix, en prison, d'une fenêtre ou d'une cour à l'autre, Vid., II, i35, propr. cracher continuellement et bruyamment (sens vulgaire donné par d'Hautel). V. cracher.
GRAIN, écu, Vill., I, i33, i38; Myst. Test., I, 268 ; J. 1628, I, 195, et 1660, 1, 227 ; Resp., I, 253; Vid., II, i36 ; — cf. germ. grano, même sens. Le mot a pénétré en littérature dès le xvc siècle, I, 19, et il était encore usuel dans le bas-langage au début du xixe siècle, II, 18, 236.
GRAINE D'AMÉRIQUE, café, Vid., II, i36.
GRAINE D'OIGNON, poudre à canon, Chauff., II, 93. Ironie.
1. Cf. Virmaître: «Les goureurs sont des individus qui se déguisent en marins étrangers venant des pays lointains. Ils offrent au public des marchandises qu'ils ont soi-disant rapportées de l'Inde ou de la Perse, et qui proviennent tout bonnement d'un bazar quelconque ».
GRAISSE, genre de vol par substitution, Nid., II, i36, propr. tricherie. Autre graphie de grèce.
GRAISSER, gratter, J. i836, I, 208, c'est-à-dire voler. V. graisse.
GRAND, v. Meudon, trimard.
GRAPPIN, corps (?), II, 5o.
GRAS, 1° Argent (cf. beurre) ; 2° Butin à faire, Yid., II, i35.
GRAS-DOUBLE, feuille de plomb, gras-doublier, plombier, Granv.2, I, 333; Yid., II, i36 : la feuille de plomb a été comparée à la membrane de l'estomac du bœuf.
[GRASPE PROYE] = garde proye, J. 1728, I, 190.
GRATTANTE, main, Vie, I, i35. Y. garante.
GRATTE, gale, Yid., II, i36.
GRATTE-COUENNE, perruquier, J. 18^9, I, 208. Ironie.
GRATTER, 1° Raser, grattoir, barbier, grattou, rasoir, J. i836, I, 208 ; Yid., II, i36 ; 2° Arrêter, Yid., II, i36.
GRATTOUSE, dentelle, Granv., I, 333 = J. 1728-18*9, I; 208; Yid., II, i36; Doc, II, 181 : elle gratte légèrement la peau.
GRAVELIFFE, peut-être qui empoigne, Yill., I, 128 ; — cf. anc. fr. gravet, crampon.
GRAVEUR SUR CUIR, savetier, Litt., II, 202. Appellation facétieuse du bas-langage.
GREC, tricheur, Yid., II, i36. Nom déjà attesté avec ce sens dans le Dictionnaire de Trévoux de 1752 (v. ici-même, I, 78), époque à laquelle remonte l'opuscule : L'Histoire des Grecs ou de ceux qui corrigent la fortune au jeu, Londres, 1708. Mais, déjà au xvie siècle, grec avait un sens plutôt défavorable, comme l'attestent le proverbe : « Il n'y eust jamais Grec de malice net1 », et cette remarque d'Henri Estienne : « Il est Grec, mais cela ne s'entend pas touchant le sçavoir des lettres ou sciences Grecques, mais de maintes ruses, principalement courtisanesques2 ».
GRÈCE, tricheur, Yid., II, i36. Y. grec et graisse.
GREFFER, manquer de nourriture, J. 1849, I, 208, comme la greffe qu'on insère sur la pousse d'une plante.
GREFFIER, chat, J. i836, I, 208. Jeu de mots. Y. griffard.
GREFFIR, 1° Saisir, empoigner, Yill., I, 122, 12*; 2° Yoler subtilement, J. 1628, I, ig5, 232 (griffir).
1. Cité par Gabriel Meurier, Trésor des sentences dorées, Lyon, 1 5 7 7 .