Voici quelques échantillons
Rig«ud : Hariadan Barberousse, Jésus-Christ, dans l'ancien argot. Hariadan, pour Haoriadan, de Havre, Dieu, et Barbe-rousse, par allusion à la couleur que les peintres ont donnée à la barbe du Christ.
Delesalle : Hariadan Barberousse, le Christ (Vidocq). Pour Havriadan, de l'argot Havre, Dieu, et de la terminaison an qui se rencontre dans Nathan, Mathan. etc..
Hector France : Hariadan Barberousse, le Christ. D'après MM. H. Vial et G. Capon, le mot Hariadan, qui signifie en argot Dieu, est dérivé de l'expression allemande Herr Gott, Seigneur Dieu, avec la prononciation commune de i pour guo (Gott). Nous obtenons ainsi Herrïott, devenu, en passant dans le français, Hariad. La terminaison an est une façon d'hébraïser le mot pour lui donner une parenté avec Nathan, Jonathan, etc.
2. Ajoutons aux exemples déjà cités ces vers du Sieur de la Sigogne (Cabinet Satyrique, iG34, p. 695) :
Clepton de Boesme effronté, Cogneupar sa subtilité, Habile joueur de la harpe...
HAUT-DE-TIRE, haut-de-chausses, J. 1628, I, 196, 220, i\'x. V. tire.
HAUTE (la), association de voleurs et de filous insignes qui manient des affaires importantes, Yid., II, i48, en opposition avec la basse pègre, les voleurs de bas-étage. Expression passée dans le bas-langage, II, 237. V. basse (la).
HAUTOCHER (?), monter, II. 58.
HAUT- TEMPS, v. autan.
HAVRE, le grand havre, Dieu, J. 1628, I, 196, 219, 227, 273 ; liesp.. I, 208. Dieu est envisagé comme le grand refuge, le havre de grâce de Rabelais (1. III, cli. xxxn). — [horreur], II, 36.
HERME, liard,I, 39. Origine inconnue. Y. hairgue.
HERPE, liard, Yie, I, i46, 149, propr. âpre au toucher. Y. herpela.
HERPELU, même sens que le précédent, B., I, 173 ; J. 1628, I, 196 (herplus);— Poitou, herpela, hérissé {herpe, serpe). Le mot de jargon a pénétré dans le Bellau (arpouê, sou) et dans L'argot de Montmorin, Hautes-Alpes (arpêou, liard).
HERS (?), maître, II, 27, 29. Yictor Hugo a certainement pris pour de l'argot ce mot des « Fanfreluches antidotées » de Rabelais :
Cria tout hault : Hers, par grâce, peschez le...
HIBOU (?), voleur de nuit, 11,42, 44-
HIRENALLE ? Yill., I, 128 (et hairenalle). — [hérissement des cheveux], II, 39.
HIRONDELLE DE LA GRÈVE, gendarme. Aid., II, 137, chargé d'assister aux exécutions capitales qui avaient lieu place de Grève.
HISCZ ? Yill., 1, i33. — [cordes], II, 38.
HOMICIDE, hiver, J. i836, I, 184, 209.
HOMME DE LETTRES, faussaire, Yid., II, i37. Ironie.
HOMME DE PEINE, voleur qui a déjà passé par la correctionnelle, Yid., II, 137. Terme de bagne.
HONNÊTE, printemps, J. i836, I, 184, 209.
HOPITAL, prison, Yid., II, 137 : l'hospice des gueux était à la fois un hôpital et une prison. V. castu.
HOQUETTE, baluchon de gueux, Yie, I, i5o, 166 ; — moy. fr. hoquet, grand manteau à capuchon.
HORNANGIER ? Yill., I, i35. — [coïter], II, 36.
HOTEL (petit), corps-de-garde, Gloss., I, 176. Ironie.
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE ^b
HOUZARD, trou dans le mur, houzardei . percer la muraille, Vid., Il, 187 (cf. I, 73) ; — cf. wall., houzâ, fondrière.
HUBIN, 1° Chien. J. 1618, I, 196, c'est-à-dire chien de Saint Hubert ; 2° pi. Classe de gueux qui se disaient mordus par un chien ou loup enragé et prétendaient avoir fait le pèlerinage à Saint-Hubert, J. 1628, I, 226 (cf. 323). Des trompeurs de ce genre, connus sous le nom de marchands de Saint-Hubert, se rencontrent encore aux foires du Berry et du Poitou, I, 225.
HUILE, soupçon, Vid., II, 137, c'est-à-dire tache d'huile ; prendre de l'huile, se méfier, Litt., II, 2o3.
HUILE, argent, métal ou monnaie, Granv., I, 333 =. J. 1728- 1849, 1» 2°9- ^°t tn>é du bas-langage où il est attesté dès (694 iv. Fr. -Michel).
HUISTRE DE VARANNE, fève, J. 1628, I, 196 ; Granv., I, 333, c'est-à-dire de Varennes, commune de l'Aisne.
HURÉ, 1° Gros, grossier, Vie, I, i4ti (aubert hurê, gros billon), 147 et i65 (coesmclotier hurê, gros mercier), 149 (peau hurê, lit grossier), i64 {hurê Cagou, gros Gagou), i65 \hurê couchant, gros soleil) ; — propr. hérissé, épithète fréquente et caractéristique ; 2° Vin ordinaire, Vie, I, i65; 3° (sens moderne). Riche, J. i836et 1849, I, 209.
HURETTE, grosse fille, gueuse, Vie, I, i63. Y. hurê.
HURLE, urle, parloir de prison, J. 1849,1, 209.
HURLUBIER, vagabond, II, 33. Bas-langage.
HURME :> Vill., I, 123, 127, i3i. — [cellule], II, 39.
HURQUER}\iU., I, 128.
HUST-MUST ! grand merci, J. 1628, I, 217, et i836, I, 209; Granv., I, 333. Onomatopée.
HYE ? Vill., I, i36 ; hyer ? Vill., I, i35. — [coïter], II, 37.
IGICAILLE, ici, J. i634, I, 196, et 1660, I, 196 (icigaille) ; Resp., I, 260; Granv., I, 327. Forme amplifiée d'ici.
ICIGO. ici, J. i836, I, 209; Gloss., II, 170; Doc, II, 192, 193, (igoi. Encore usuel, II, 259.
IMPOT, automne, J. i836, I, 184, 209,
INCONNOBRÉ, inconnu, Vid., II, i37. Mot déformé.
INGRE, v. lingre.
INSOLPÉ, insolent, Vid., II, 137. Mot déformé. INSPIRÉ (?), front, II, 47.
INSTITUTEUR, nom de l'archisuppôt dans la bande des Chauffeurs, I, 5i ; II, 86.
ISOLER, abandonner, isolage, abandon, Vid., II, 137. [ITRER] == gitrer, I, ig5, 196, 209. V. gitre. IVERNOIS, hiver, Vill., I, i37.
JABLO (le grand), le soleil (?), II, 55-56.
JABOTER, parler, Chauff., II, g3, g5, 96 ; Doc., II, 181 ; — Champagne, jaboter, causer, bavarder.
JACQUES, sou, Vid., II, 137. Nom d'ancienne monnaie.
JACTER, parler, dire, Gloss., II, 173 ; Doc, II, 193, c'est-àdire jaqueter, propr. jacasser, sens du mot en ancien français et dans les patois.
JAFFE, potage, J. 1628, I, 218, et 1660, I, 218 (jafle) ; Chauff., II, 9/4 ; — cf. Champagne, jaflis, galimafrée ; Yonne, jafle, acide.
JAFFIER, jardin, jaffin, jardinier, J. i836, I, 209 ; — propr. (jardin) potager.
JAFLE, v. jafle.
JAFLIER, distributeur de potage, dans les prisons, I, 32 ; — propr. soupière, sens du mot en rouennais : « ... un jafflier de mattes... », c'est-à-dire une jatte de lait caillé1.
JALO, chaudronnier, J. i836, I, 209, propr. baquet, sens de jallot en français.
JAMBE DE DIEU, jambe malade ou couverte d'ulcères apparentes, une des subtilités des gueux du xve au xvme siècle, I, 9. Première mention dans Rabelais, I, 27-28 ; ensuite chez Bouchet, I, 169, d'Assoucy, I, 60, et Cotgrave, I, 76. Pechon de Ruby, 01. Chéreau et Sauvai en donnent des descriptions, I, 160, 220, 32o, 324. L'expression accuse un tour d'esprit particulier aux gueux. — Le pendant de jambe de Dieu était, au xvie siècle, la main de gorre, « croustlevée et ulcérée », dont parle Bouchet (Serées, t. IV, p. 200) : c'était le bras d'un pendu, détaché du cadavre et desséché, par lequel les gueux simu-