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4lO GLOSSAIRE ETVAIOLOGIQUE

son, hospice, hôpital. Terme du bas-langage, au sens surtout de prison ou salle de police; il est déjà donné par d'ilautel (1808) : « Osto, mot baroque qui signifie maison, ménage, son chez soi ». Hosieau ou ousleau a ces sens en Anjou : i° Hôpital, hospice ; 20 Maison, logis i : « On va rentrer à Vhosteau » ; 3° Prison : « Les gendarmes l'ont amené à Yhosteau ; aller à Vousteau » (Verrier et Onillon). — [diable], J. 1849, I, 186, 210.

OTÉPINIÈRE? J. i836, I, 3*8.

OUBLIETTES, nom d'une geôle de l'ancien Ghàtelet, I, 12.

OURS (aller aux), envoyer promener, Gloss., II, 17.3. Baslangage.

OUTIL DE BESOIN, mauvais souteneur, J. 1849, I, 211. Ironie.

OUVRAGE, vol, ouvrier, voleur, Vid., II, i46 ; Doc, II, 192 : cf. les synonymes affaire et faiseur.

OVALE, huile, J. i836, I, 211. Origine inconnue.

OVENDE, une livre, Vie, I, i46; — cf. bas-lat. alvenda, charta, imprimis regia (Du Gange).

P (faire le), bouder, faire mauvaise mine, Granv.2, I, 335 ; Gloss., II, 167. V. pet.

PACANT, 1° Passant, Granv., I, 335 ; 2° Paysan, rustre, J. i836, I, 211, sens du mot dans les patois (Picard, etc.) et le bas-langage.

PACGIN, paquet, Granv.2, If 335 . yid.? n, ^6. Motdéformé, ainsi que pacmont, ballot, J. i836, I, au.

PACQUELIN, v. paquelin.

PAFFE, 1" Eau-dc-vie2, Vid., II, i46 ; 2° Ivre, Gloss., II, i73. Bas-langage.

PAFFES, gros souliers, Granv.2, I, 335; J. 1849,1, 211; Vid., H, i46 ; Doc, II, i84 : d'après le bruit qu'ils font.

1. Cf. Theuriet, Le Refuge, p. 70 : « Comment va, cher monsieur ? Enchanté de vous trouver à V liousteau. »

2. On lit dans le Journal des frères Goncourt, tome IV, du icr juin 1871 : « N'efftzer qui m'amène boire un verre iVajf-aff chez Frontin. » C'est plutôt, parait-il, une abréviation (inconnue ailleurs) d'eau-d'affe. V. ce mot.

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 4ll

PAGNE, assistance que les voleurs prisonniers reçoivent de leurs camarades, J. 1849, I» a 1 1 ; Vid., II, i46 ; — prov. pagn, pain.

[PAILLARD] =pellard, J. 1738,1, 198.

PAILLARDIE ? Vill., I, rara, i33.

[PAILLARDIER] pellarditr, J. 1728, I. 198.

PAILLE, dentelle. Nid., II, 1 '»6, légère comme une paille.

PAILLON, enivre, Vid., II, i£6, propr. cuivre jaune comme la paille.

PAIN ROUGE, assassinat, J. i84q, I, 212.

PALETTE, main, Vid., II, i4G, terme des voleurs italiens et provençaux ; — prov. paleto, main, propr. petite pelle.

[PALLADIER] = pellardier, J. 16G0, I, 198; Granv., I, 335.

PALLAS (faire), faire le grand seigneur, faire de l'embarras avec peu de chose, Vid., II, i46 ; Doc, II, i85; — cf. germ. haeer pala, se mettre devant quelqu'un pour occuper son attention pendant qu'on le vole, image tirée du jeu de la paume, propr. recevoir et renvoyer la paume avec le battoir (pala), sans la laisser rebondir par terre. Terme de jargon passé dans le langage des camelots et saltimbanques (v. boniment).

PALLOT. paysan, J. 1628, I, 197, 223, a&i, propr. petite pelle, sens encore vivace dans les patois. Mot tombé dans le burlesque, I, 59, et, comme tel, donné par les lexicographes, depuis Furetière jusqu'à d'Ilautel, I, 80 ; II, 19.

PALPEUR (?), juge d'instruction, II, 70.

PALPITANT, cœur, Granv., 1,327, 335 = J- 1728-1849, I, 211 ; Vid., II, i46 ; Doc, II, 190.

PAMPELUCHE, Paris, Vid., II, i46. Nom de fantaisie.

PANADE, chose mauvaise, femme sale, Vid., II, i46, propr. bouillie de pain. Bas-langage.

PANAMA, homme riche, Litt., II, 204, c'est-à-dire porteur d'un panama.

PANE, misère, Gloss., II, 173. Terme de matelots, en parlant d'un navire resté en place ; de là : panard, ruiné, Litt., II, 202 ; et pané, misérable, Vid., II, i46.

PANIER A SALADE, voiture cellulaire, Granv.*, I, 335 ; J. i84g. T, 212 ; Gloss., II, 167 : elle était primitivement à claire-voie de tous côtés.

PANOUFLE, perruque, Vid., II, i4G ; — Berry, panoufle,

4l2 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE

fourrure qui retombe sur le devant d'un sabot : la perruque est ici assimilée à un chausson.

PANTE, pantre, dupe, J. 1849, I, 212 ; Yid., II, i46 ; Doc, II. 186 ; — prov. panto, pantre, rustre, lourdaud. Mot passé dans le bas-langage, II, 243-243. — [faible, peureux], II, 107.

PANTIÈRE A MIETTES, bouche, Vie, I, 164, c'est-à-dire panetière.

PANTIN, Paris, J. 1849, I, 212; Yid., II, i46 ; Doc, II, 180, 188, d'après le village de la banlieue qui porte ce nom ; delà Pantinois, Parisien, J. 1849, ** 2I2î Gloss., II, 171. Mots devenus populaires, II, 243.

PANTRE, v, pante.

PANTRUCHE, Paris, J. 1849, I, 212. Déformation de Pantin. Nom passé dans le bas-langage, II, s43.

PANTURNE, prostituée, Granv.2, 1, 335 ; j. ^49, 1, 212 ; II, 106 ; — prov. panturlo, môme sens.

PAPELARD, papier, J. i836, I, 211 ; Yid., II, i40. Déformation.

PAPILLON, blanchisseur, papillonner, voler les blanchisseuses, papillonneur, voleur de linge, Yid., II, 147 ; — d'après le linge étendu et battu par le vent, ressemblant au loin à de grands coléoptères blancs.

PAQUELIN, 1° Pays, J. 1G28, I, 198, a3o, 23i (pasquelin) ; Resp., I, 2Ô2, 2G0 (pacquelin) ; Granv., I, 335 (pasquelin); Yid., II, i46 ; Doc, II, 191 ; 2° Enfer, c'est-à-dire pays du diable, J. 1628, I, 198, 218 (pacquelin) ; Resp., I, 254 ; Granv., I, 335 ; 3° Village, Chauff., II, 94 ; 4° Flatteur, J. i836, 1, 212. Prononciation vulgaire de patelin (cf. inversement tabatière = tabaquière), ancien équivalent de « patois (inintelligible) » et de « pays où on le parle », ce dernier sens encore vivace dans le bas-langage, I, 211 ; II, 242, ainsi que celui de « flatteur » ; cf. Ph. Le Roux : Patelin, trompeur, insinuant, fourbe. Dérivés : paquelinage, voyage, paqueliner, voyager, paquelineur, voyageur, Yid., II, i46.

PARC, théâtre, .1. i83G, I, 212, c'est-à-dire parc à jeux.

PARE A L'ANCE, parapluie, Vid., II, 147. V. lance.

PARÉ, prêt, Doc, II, 180; parer, prêter, Litt., II, 2o3.

PARENT, paroissien, J. i836, I, 212. Déformation.

PARFAIT AMOUR DE CHIFFONNIER, eau-de-vie, Yid., II, 147. Ironie.

PARFOND, pâté, J. 1628,1, 198, 244, et i836, I, 212; Granv.,

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 4l3

I, 335 ; — c'est-à-dire profond, sens ancien et dialectal du mot.

PARFONDE, cave, J. 1628, I, 198; 1660, I, a4o;Granv., I, 335. V. profonde.

PARMEZARD (?), pauvre, II, 59 ; Lilt., II, 204.

PARON, palier d'étage, Vid., II, 147 ; — prov. paroan, paloan, petit pieu.

PAROUART, Paris, Vill., I, 122. Dérivé à l'aide d'un suffixe analogue aux vieux mots : grimouart, grimace, bidouart, bidet.

PAROUFLE, paroisse, J. i83<>, I, 212. Déformation.

PARRAIN, 1° Témoin, Rat, I, 34o; Ghauff., II, 94 ; Vid., II, 1 47 ; Doc, II, 191 : 2° Juge assesseur, J. 1849, I, 212 ; 3 Vvocat d'un accusé, Gloss., II, 174. Appellation euphémique. Dérivé : parrainage, témoignage, Vid., II, 147.

PASQUELIN, pasguellin, v. paquelin.

PASQUINER, passer (la contrebande), J. 1849, I, 212. Déformation. V. pastiquer.

PASSACAILLER, passer subtilement, passer avant son tour, Vid., II, 147. Terme de joueur: faire la passacaille ', faire la passe, couper avec une carte inférieure, dans l'espoir que le joueur suivant n'aura pas un atout plus fort que celui que l'on a mis.

PASSANS, souliers, Myst. Chr., I, 278; Vie, I, iG5 ; B., I, 172 ; J. 1628, I, 197 ; Granv., I, 335. On lit le mot, avec ce sens, dans le Testament fin Rubi, « maigre marchant contrefaisant sotie », du début du xvic siècle :

Mes tyrandes, mon gippon et passans Bobelinez, bien cousus et puyssans, Que je portois au Pallays par honneur 2.

Ce mot semble avoir été usité dans le bas-langage au début du xvic siècle. V. passifs.

PASSE (la), la guillotine, Vid., II, 147 ; Gloss., II, 176. Allusion à la passe de la fatale lunette.

PASSE-CRICK, passeport, Vid., II, 147. L'élément final crique, petite baie, est synonyme de port.

PASSE-LACETS, gendarme, Litt., II, 206, même sens que marchand de lacets.

PASSE-LANCE, bateau, J. 1849, I. 212 ; Vid., II, 147, propr. passe-eau. V. lance.

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