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Montaiglon, Recueil, t. nu, p

4l 4 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIOI E

PASSE-LIGOURT, subtilité de gueux, une des manières de voler, Vie, I, 1 42-1 43, propr. passé maître voleur (v. gourt et tripeligourt). Terme employé aussi en dehors du jargon, I, 4o-4i, 60, 807.

PASSE-SINGE, homme intelligent, Vid., II, 147, c'est-à-dire qui dépasse le singe en malice.

PASSER, se passer de belle, ne pas recevoir sa part dans un vol, Vid., II, 147.

PASSES, souliers, Doc, II, 181. Abrégé de passif es.

[PASSIDES, passiers] = passif es, J. 1828, I, 197, et i836, I,

PASSIFES, souliers, Granv., I, 335; Chauff., II, 90; Vid., II, 147 (passifles); J. 1849, l» 3I2« Forme plus moderne de passais, terme passé dans le bas-langage, II, 244. De là passifleur, cordonnier, Vid., II, 147.

PASTÉ D'HERMITTE, des noix, J. 1628, I, 198 ; Granv.,

I, 335. Ancienne appellation vulgaire qu'on lit dans le Moyen de parvenir et dans les Cariositez d'Oudin (1640).

PASTIQUER, passer (la contrebande), Vid., II, 147 ; Doc,

II, 191. V. pasquiner.

PASTURON, v. paturon.

PATARASSES, petites pelotes dont les forçats entouraient leurs pieds pour éviter les meurtrissures des fers, Vid., II, 147 ; Gloss., II, 167 ; — prov. patarasso, vieux chiffon.

PATE, lime. Granv.2, I, 335 ; II, 106, c'est-à-dire patte : elle griffe la peau comme la lime le fer.

PATELIN, v. paquelin.

PATRAQUE, patrouille, Vid., II, 147; Doc, II, 180. Déformation.

PATRON, père, J. i634, I, 198, et i836, I, 212 ; Vid., II, 147.

PATURON, pied, J. 1628, I, 197, 198 (pasturon), 218, et 1660, I, 23g ; Chauff., II, 90, 93 (poturon) ; Doc, II, 192. Terme tombé dans le burlesque, I, 58 ; aujourd'hui rarement employé, II, 244.

PAUMER, 1° Prendre, Vie, I, i35; Vid., II, 147; Doc, II, 180, propr. empoigner; 2° Perdre au jeu, II, 108; 3° Perdre, en général, Doc, II, 190. V. pomer.

[PAUTRE] =pantre, II, 57.

PAVILLON fou, pavillonnage, délire, pavillonner, délirer, faire des folies, Vid., II, 147 ; Doc 180, 190 : le pavillon tourne à tout vent.

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 4 l ^>

PAVOIS, insensé, J. 18/49, •> '21'1- Même image que celle du mot précédéent.

PAYER, condamner, Vid., II, 1 \- : Litt., II, 200. V. dette.

PAYOT, comptable de bagne, Vid., II, 147, pour payol ou payou, payeur.

PÉ, v. pet.

PÉAIXi?), malin, méchant, Gloss., II, 174.

PEAU, lit, \ ie, I, i'i<), 1 06, c'est-à-dire peau grossière. Le lit était ta peu près inconnu aux gueux : ils couchaient dans les fours, sur la paille ou sur la terre nue. V. piau.

PEAU D'ANE, tambour, Vid., II. 1I7 : il en est recouvert; dans le langage des casernes, faire ronfler la peau d'une, battre le rappel (Delvau).

PEAU NOIRE (?), vagabond, II, 75.

PEAUSSER, dormir, Vie, I, i48, i4g, i5i; Resp., I, 2G0, c'est-à-dire se mettre au lit. V. peau elpumsser.

PECHON, 1° Garçon mercelot, apprenti-gueux, premier degré d'initiation dans le métier, Vie, I, i46, 147, i5», 166; J. 1628, I, 190; 2° Pécho-n de rubi, enfant éveillé, Vie, I, 166 (v. rubi) ; — prov. pechoan, petit, enfant, I, 44- Dérivé : pechonnerie, état de pechon, apprentissage de mercelot, Vie, I, i46.

PÉCUNE, argent, J. 1849, t 2I2- Vieux mot encore usuel dans le bas-langage.

PÉDÉ. pédéraste, J. 1849, 1, 212 ; Vid., II, 149. Abréviation.

PEG (*), danger, Gloss., Il, 174.

PÉGOCE, pou, Granv.-, I, 335 ; J. 1849, I, 212 ; Gloss., II, i-\: — \onne, pégoce, même sens, tiré de pigocer (Poitou, pécocer), piquer. V. picanli.

PÈGRE. 1° (le), Voleur; pègre de la haute, voleur en grand, Vid., II, i48 ; Doc, II, 180; 2° (la), Le monde des voleurs, Vid., II, i48; Doc, II, 18G; — Marseille, pego, larron des quais, voleur de marchandises, propr. poix : « Avoir de la poix aux doigts, c'est-à-dire desrober » (Oudin). Terme récent * de jargon devenu populaire, II, 244. Dérivés : pégrenne, misère, faim (=: faim de voleur), pégrenne, affamé, pégrenner, mourir de faim, Vid., II, i48; Doc, II, 189; Gloss., II,

1. Cf. Notre-Dame, de Victor Hugo, 1. VII, ch. 11 : « Un vieux peigre qu'on appelle chez nous le duc d'Egypte. » C'est là un véritable anachronisme.

4l6 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE

174 ; pégriot, 1° Apprenti-voleur, J. 18^9, I, 212; Vid., II, i48 ; 2° Vol, Litt., II, 2o5, ce dernier personnifié en petit garçon (v. poupard).

PEIGNE, clef, Rat, I, 339; Vid., II, i48. Les anciennes clés étaient si découpées qu'elles ressemblaient aux dents d'un peigne.

PÉKIN (?), prétendu grade dans la hiérarchie des gueux, II, 70.

PÉLAGO, Sainte-Pélagie, Vid., II, i48.

PELARD, foin, Vie, I, i65; J. 1628,1, 198; Resp., I, 260 (pellard) ; Granv., I, 335 ; — propr. pelu.

PELARDIER, pré, Vie, 1, 147, 107 ; J. 1628, 1, 198 (pellardier); — propr. pré pelu, répondant à pelouse.

PELÉ, chemin, Vill., I, i33 i ; Vie, I, 1^9, 107, i65; J. 1628,

I, 219 (pelle); — propr. chemin pelé sous les pas des marcheurs : « Aller et venir font le chemin peler », proverbe du xvic siècle (cité par Gotgrave).

PELOUET,loup, J. i836, I, 212; — cf. Haut-Maine, pelou, velu : le loup, c'est le petit pelu.

PELURE, redingote, Granv.2, I, 335 (plure) ; J. 1849, I, 2i3; Gloss., Il, 176 : l'habit est assimilé à l'enveloppe d'un fruit ou légume. Terme passé dans le bas-langage, II, 244-

PENDANTE, 1° Chaîne de montre, Granv.2, I, 335 ; Gloss.,

II, 167 ; 2° pi. Boucles d'oreilles, Vid., II, i48, c'est-à-dire pendants d'oreilles.

PENDU GLACÉ, réverbère, Vid., II, i48, d'après son aspect patibulaire et les verres dont il est garni.

PENNE, clef, Vid., II, i48 ; — anc. fr. et dial. penne, pointe, répondant au synonyme aiguille.

PENTE, poire, J. i836, I, 212. Association d'idées obscure.

PÈRE FRAPPART, v. frapparl.

PÈRE NOIR (petit), pot de terre, Vid., II, i48. Personnification servant jadis d'enseigne à un des cabarets réputés de Paris (v. Fr. -Michel, p. 3i2).

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