Ancien Théâtre, t. II, p
Or est il le plus franc pyon,
Qui soit point d'icy en Bourgogne.
h. Le Quaquef des Femmes (Montaiglon, Becueil, t. VI, p. 181): Oh ! dit Hustugru, Comme il pionne gros et dru.
(piar, boire) et plus tard dans le tsigane (piyar, même sens), d'où on le dérive à tort *.
PIÈCE ENTIÈRE, lentille, Vid., 11, i47.
PIED, 1° Denier, sou, Vie, I, i46, 166 ; J. i836, I, 312, propr. pied de nez, appellation ironique (les gueux espérant recevoir davantage) ; 2° Retenue faite par les tireurs, Vid., Il, i4o-
PIED DE BICHE, pince d'effraction, J. 18^9, I, 212; Gloss., II, 176. Ressemblance de forme.
PIED DE COCHON, pistolet, Chauff., II, q3 ; Vid., II, 169, terme employé par Cartouche et Mandrin. Allusion à la forme : cf. prov. pied de porc, pince de fer, propr. pied plat.
PIEDS PLATS, juif, Vid., II, i'iq, propr. paysan, rustre (Ph. Le Roux).
PIER, v. pie.
PIERREUSE, prostituée du dernier étage, Vid., II, 149 : elle fréquente les chantiers de maisons en démolition ou en construction.
PIÈTRE, 1° Faux, en parlant de la monnaie, B., 1, 173, propr. mauvais (Oudin) ; 2° pi. Piètres, classe de gueux qui marchaient avec des béquilles, c'étaient de faux estropiés, J. 1628, I, 223. Ce sens d' « estropié » est déjà attesté au xvie siècle : « C'est un piètre qui se moque d'un boyteux », lit-on dans les Dialogues de Tahureau(p. i5()). Il désigne juste le contraire de Fane. fr. peeslre, à pied, dont piètre diffère également par la forme. L'origine du mot reste obscure.
PIEU, lit, Vid., H, 149; J. 18^9, I, 212; Doc, II, 181, 191 ; — Picard, pieu, peau. Mot devenu populaire, II, 245. V. peau.
PIFFE, nez, J. 1849, I, 212 ; Vid., II, 149. Bas-langage.
PIFFER, détester, Gloss., II, 174, propr. avoir dans le nez, même association d'idées que dans naser.
PIGE, année, Vid., II, 149 ; — Berry, pige, mesure de longueur. V. longue.
PIGEON, dupe, Vid., II, 149. Vieux terme de joueur : « Pigeon, une duppe, uu homme qui se laisse attraper ou tromper en quelque breland ou bordel » (Oudin). Ce sens est déjà attesté chez Villon, I, 127.
PIGER, prendre sur le fait, Gloss., II, 174 ; — Berry, Poitou. piger, attraper, tromper.
1. Voir Argot Ancien, p. 109 et 1/17. C'est de la germania que dérive le calao piar, boire.
PIGET, château, J. 1G90, I, 197; — Berry, pige, piège :1a demeure seigneuriale était considérée comme une attrape par les malfaiteurs.
PIGLER, (?), sauter, II, 47, 49-
PIGNARD, postérieur, J. i836, I, 312; Vid., Il, Uq ; — prov. pignard, même sens, terme burlesque, propr. pignon.
PIGOÙSE, v. picouse.
PIHOUAIS, v. piuois.
PILCHE (?), étui, II, 27, 29.
PILIER, pilier de boutanches, pilier du creux, maître, patron, J. 1G28, I, 177, 198, et 1GG0, 1,227; Resp., 1, 25i ; Vid., II, 1/19. V. boutanche et creux.
PILOCHE, dent, Vie, 1, iG4, propr. petite pile.
PILOIS, maître, Vie, I, 166 (= pilier). ^ . franc et minsu.
PILON, doigt, Vid., II, 149.
PILOTE (?), voleur indicateur, II, 42, 43, 44-
PIMPRE ? Vill., I, 1^7. Cf. moy. fr. pimpre, futilité, dans Menot, propr. pimprcnelle.
PINÇANTS, ciseaux, J. i836, I, 212.
PINCE-LOQUE, aiguille, J. 1849, I, 212, pour raccommoder les loques.
PINCER, prendre, voler, Granv., I, 64, 335; J. 1849, I, 212. Dans son Epitre au Roi, Clém. Marot caractérise l'argent royal comme « sujet à la pince », et, ailleurs, il appelle le vol <( l'art de la pinsc et du croq ».
PINDARE(?), gendarme, II, 81.
PINET, v. pinot.
PINGRE, 1° Voleur, Chauff., II, 92 ; 2° Misérable, avare, J. 1849, I' ai2» Vid., II, 149. Terme commun au bas-langage et aux patois, au sens d' « avare ».
PINICLE (la), le membre, Chauff., II, 93 ; — dial., Bresse, Poitou, etc., pine, même sens, propr. pomme de pin.
PINOT, denier, J. 1628, I, 198, et i836, I, 212 (pinet) ; Granv., I, 335; — cf. moy. fr. pinard, très petite pièce de monnaie, propr. pomme de pin, répondant au Lyon, pignolles, argent. Suivant Le Duchat (dans Ménage), les montagnards du Haut-Dauphiné appellent pinos un denier.
PIOLE, piolle, 1° Taverne, J. 1628, I, 197, 223, 232 ; Resp., I, 354 ; Granv., I, 327 ; Chauff., II, 90, 91 ; Vid., II, i5o (« terme des voleurs de campagne »); 2° Piolle franche, Gourdes Miracles, J. 1G28, I, 224, 245; 3° Chambre, J. 1849, I, 212
t\22 GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE
(piaule), sens passé dans le bas-langage, II, a^ô-a^G. C'est un diminutif de pie, boisson, d'où la notion d'auberge et de cabaret. — [cave], II, 5i.
PIOLET, gobelet, J. i83G, I, 21a, propr. verre de vin (cf. pie et piolèe).
PIOLIER, piollier, tavernier, J. 1628, I, 197, aSa ; Granv., I, 335 ; Chauiï., II, 91. V. piole.
PION, ivre, Litt., II, 196. V. pie.
PIONGER, dormir, Granv.2, I, 335; J. 1849, h 212; Vid., II, i5o; Doc, II, 180, 191. Forme moderne de piausser, passée dans le bas-langage, parisien ou provincial, II, a£6.
PIONVILLE, même sens que pion, Doc., II, 191. Déformation inconnue ailleurs.
PIOT, 4° v. pie ; 2° Lit, J. 1GG0, I, 197 : autre graphie de pian.
PIPER, tromper aux dés (à côté de piperie et pipeun. Coq., I, 91, 96, 99 ; Yill., I, i25 (cf. 67, 78). Image tirée, comme celle des synonymes flouer ou frouer, des oiseleurs (cf. en français, leurrer) : piper, c'est imiter le cri de certains oiseaux pour les attirer et prendre aux branches garnies de gluaux ; de là le sens général de duper ou tricher qu'on trouve tout d'abord attesté dans les textes de jargon cités ci-dessus.
PIPET, château, J. 1G28, I, 197, aSi, 232 ; Granv.. I, 335; Ghauff. , II, 91 ; Vid., II, i5o ; — propr. attrape, même image que son synonyme pujet.
PIQUANTE, épingle, Vid., II, i5o.
PIQUANTINE, puce, J. i836, I, 212. Y.picanti.
PIQUE-EN-TERRE, volaille, Chauff., H, 91 ; Vid., II, i5o ; — cf. piquer, picoter, manger, en parlant de la volaille. Mot qui survit dans le Bellau, picaterna, poule.
PIQUETER, v. picter.
PIRE, fressure, I. I, 16G0, I, 279; — Anjou, Poitou, pire, même sens.
PIRENALLE ? Yill., I, 128 (et pirenaille). — [poire d'angoisse], II, 4o.
PITANCHER, boire, Granv., I, 327, 335. Forme réduite de pictancher, devenue populaire, II, 246.
PITRE, bouffon de foire, Vid., II, i5o ; — prov. pitre, poitrine, d'où plastron. Mot passé dans la langue générale.
PITROU, pistolet, Vid., II, i5o, terme des voleurs parisiens ; — prov. pilrou, solive: cf. les synonymes bâton creux et tringle.
PI VASE, nez, Vid., II, i5o. Forme amplifiée de piffe.
PIVASTE, enfant, J. i83G, I, 212 ; — fourb. pivaslro, petit garçon (de pivo, garçon).
PIVERT, ressort dentelé servant de scie aux prisonniers, \ id.. II, i5o : le pivert perce l'arbre de son bec.
PIVOINER, rougir, \id., II, 100, c'est-à-dire devenir rouge comme la pivoine. Terme des voleurs bretons.
PIVOIS, vin, Nie, I, i65 (pihouais); B., I, 172; J. 1628,1, 197,221, et i836, I, 212; Resp., I, aô5 ; (Jranv., I, 335 ; J. i8$9« I, 212 (pivre); Doc, 11, 178, 181; — Lyon, piva, pie, propr. boisson (x.pie). Mot employé dans le genre burlesque et poissard,
I, 68, passé en Béarnais, I, i43, et dans le bas-langage, II, 246. PIVOT, plume à écrire, Yid., II, i5o ; Doc, II, 191 : son
bec figure un petit pivot.
PLACARDE, place d'exécution, place publique, Yid., II, i5o; Doc, II, 179, 191 ; (iloss., II, 176 : peut-être place où l'on affiche des arrêts, des placards. Mot devenu usuel, II, a6ô.
PLACARDER, mettre de côté, Litt., II, 202, c'est-à-dire mettre dans un placard.
PLACQUER Mill.,I, 127.
PLAFOND (:>), front, II, ',7.
PLAN. 1° Prison, J. 18^9, I, 212 ; Yid., II, i5o ; Doc, II, iS4, 188 ; 2° Mont-de-piété, Doc, II, 186. Mot populaire, II, 246- 247- V. plant.
PLANCHE AU PAIN, banc des accusés, tribunal, J. 1849, I, 212 ; Yid., II, i5o.
PLANCHÉ, condamné, Yid., II, i5o.
PLANCHER, 1 Mentir, Chauff., 11,93; 2° Plaisanter, à côté de plancherie, mauvaise plaisanterie, plancheur, mauvais plaisant, Yid., II, i5o. Plancher, railler, dérive de planche, par une association d'idées analogue au synonyme baucher.
PLANQUE, cachette, J. 1849, I, 3i3,ai5; Yid., II, i5o; Doc,
II, 192. Encore usuel, II, 247. V. planquer.
PLANQUER, 1° Cacher, Rat, I, 33g ; J. i836, I, 212 ; Yid., II, i5o ; 2° Faire le guet, J. 1849, I, 2i3 ; Gloss., II, 174. Prononciation vulgaire de l'ancien planter.
PLANT, î° Ecoulement d'un faux lingot, Coq., I, 93, 97, iod, 107 (cf. planter, enfoncer); 2° Cachot, Vill., I, i36, encore usuel sous la forme réduite plan ; 3° Chapeau, J. 1628, I, 218, c'est-à-dire coiffure dans laquelle on enfonce ou cache la tète ; 4° Au sens libre, Vill., I, 137 (cf. fourb. pianto, bordel). Y. planter. — [confrérie des gueux], II, 37.
PLANTER, 1° Écouler de faux lingots, Coq., I, no; d'où planteur, escroc, filou, surtout dans la substitution des pierres précieuses, Coq., I, 96, io3, 107 ; •VilL, I, i33, i36, 137; 2° Cacher, Vill., I, 123, i3o; 3° Au sens libre, Vill., I, 127 '. Le sens propre de planter est « enfoncer » dans le sol ou ailleurs, d'où les notions d'écouler et cacher : cf. fourb. piantare, germ. plantar, enterrer; cant, to plant, cacher.
PLATRE, argent, monnaie, J. 1849, I» 2i3;Vid. II, i5o; Gloss., II, 174 : d'après la blancheur.
PLATUE, 1° Langue, Vie, I, 164 ; 2° Galette, J. i836, I, ai3: l'une et l'autre sont plates.
PLETTE, peau, J. i836, I, 2i3, c'est-à-dire pelette, pellicule.
PLEURANT, oignon, Yid., II, i5o. Effet pour la cause.
PLIANT, couteau, Granv. », I, 335; Gloss., II, 167, c'est-àdire couteau à lame pliant sur le manche.
PLOMB, mal vénérien, Vid., II, i5o. Allusion au plomb des chasseurs.
PLOMBE, 1° Année, Rat, I, 33g ; Yid., II, i5o ; 2° Heure, J. 1849, I, 2i3; Yid., II, i5o; Doc, II, 180 ; Gloss., II, 176. Allusion au poids des horloges.
PLOMBER, 1° Sonner, Granv.2, I, 33o (v. plombe); 2° Puer, Granv.2, I, 335; J. 1849, 1» 2l^ '■> Vid., II, i5o, comme les plombs des maisons.
PLOMMEURSPVill., I, i34.
PLONGE, fouille dans une poche, Litt., II, ao5.
PLONGIS? Vill., I, 128.
PLOTTE, bourse, Granv., I, 335; J. 1849, I, 2i3, c'est-à-dire pelotte.
PLOUSE, paille, J. i836, I, 2i3 (— pelouse).
PLOYANT, portefeuille, Yid., II, i5o ; Doc, II, 189 : il ploie.
PLUC, 1° Butin, VilL, I, ia5 ; Myst. Pass., I, 272, 274, propr. épluchure; 2° Pitance, Myst. Chr., I, 281. Terme fréquent dans les monuments littéraires des xve-xvic siècles, I, 19, 20 "2.
PLUMADE, paillasse, J. 1849, h 2I^; — prov. plumado, plumes arrachées à une volaille.
PLUME DE BEAUCE, paille, J. 1849, L 2l3- Probablement allusion à la pauvreté traditionnelle des habitants de la Beauce.