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2. Guill. Goquillart, Œuvres, éd. d'Héricault, t. I, p. 271 :

... Chevaulcher sans selle,

River et habiter de hait; et Ancien Théâtre, t. II, p. 277 :

La belle fille entre les bras,

Et river le bis à plaisance...

Cf. Oudin, Recherches (iG.'ja) : « River le bis, parola zerga, far l'atto venereo ». L'image elle même est tirée de l'art du serrurier.

Dérivés: rivage, coït. Vie, I, iG3; rivard, paillard, rivarde, putain, Vie, I, 166; rivette, 1° Jeune sodomite, Vid., Jf, i55; 2° Prostituée, Gloss., II, i55. Ce dernier est le seul survivant de cette famille.

ROANT, porc, Vid., II, i55 ; — dial., Ille-et-Vilaine, rohant, même sens, propr. grognon.

ROASTRE, v. rouastre.

[KOB AU] =rouaax, I, 198.

ROBE, vêtement de forçat, Vid., II, i55 ; — it. robba, effets. Terme de bagne, II, 101.

ROBER, dépouiller quelqu'un après l'avoir volé, Vid., II, i55 ; — it. robbare, voler.

ROBIGNOLE, boule de liège servant au jeu des cocanges (v. ce mot), Vid., II, i55, propr. testicule (prov. roubignol), sens du mot dans le bas-langage. Dérivé : robignoleur, joueur à la robignole, Vid., II, i55.

ROBIN, juge, Ghauff., II, 92. Français.

ROCHET, évêque, Vid., II, i55 ; Doc, II, 192, d'après le surplis qu'il porte.

ROE, v. roue.

ROLLAND (la soye), c'est-à-dire la scie (anc. fr. soie) Rolland, crochet pour forcer les serrures, Coq., I, 97, 98. Appellation analogue aux synonymes le Roy David et le Roy Davyot.

ROMAGNOL, trésor caché, Vid., II, i55 ; — tsigane, romani, bohémien. Mot faisant allusion au pouvoir magique des Romanichels : cf. Berry, embohêmer, ensorceler, tromper.

ROMANICHEL, 1° Bohémien français, spécialement du centre et du nord de la France, I, 47 ; 2° Diseur de bonne aventure, et voleur par occasion, Vid., II, i55 ; — tsigane, romanilchel, fils de Bohémien.

ROMBOINÉ, sou marqué, J. i836, 1, 214. Origine inconnu*,

ROME, chou, J. i836, I, 21 4- Origine inconnue.

ROND, sou, Vie, I, i46 (cf. 267, 278) ; B., I, i73 ; J. 1628, I, 198, 220; Granv., I, 336: d'après la forme ronde. Mot devenu populaire, II, 25o.

ROND, bouton, Vid., II, i55.

RONDACHE, 1° Musette, J. i836, I, 214 ; 2° Alliance. J. 1849, I, 214.

RONDELETS, seins, J. i634, I, 198 ; Granv., I, 336 ; Vid., II, i55. Terme du bas-langage : « Rondelels signifient des tettons petits et à peine encore formés » (Ph. Le Roux).

RONDIN, 1° Excréments, Granv.-, 1,330; filer le rondin, aller à la selle, Chaut!*., II, 91 ; 2° pi. Môme sens que rondelets, Yid., Il, i55 ; 3' Pièce d'or (cf. rond), Vid., II, i55.

RONDINE. 1" Boule, J. i83G, I, »i4 ; 2° Canne, J. 1849, 1, ai4; 3° Bague, Vid., II, i55; Doc, II, 18G; 4° Bouton, Vie, II, ij5 (= rond).

RONDINET, bague, J. 1849, I, ai4 (=rondine).

RONDON, manteau, Gloss., II, r7G.

RONFLER A CRI. feindre de dormir, J. 1849, l, 21',.

ROQUER, guillotiner, Litt., II, 304. Même association d'idées que Imiter.

ROSAIRE ? Coq., I, no.

ROSSIGNOL, crochet pour ouvrir, I, i3-i4, ai 4. 378-079 roussignol) ; J. 1849, I, 214 : le bruit que fait cette clef a été plaisamment comparé au chant du rossignol. Mot de jargon passé, dès le xve-xvic siècle, dans la langue générale, encore vivace.

ROSSIGNOL, haut-bois, rossignante, llùte, rossignoler, chanter, Granv., I, 33C ; J. i836, I, 21 '1.

ROTI ET SALADE, fouetté et marqué, Vid., II, 1 :»('.. \ . utiade.

ROTIN, sou, Yid., Il, iâG. Origine inconnue. Mot encore usuel Ilayard>.

ROUANNE, grange, Chauff., II, 92. Origine inconnue.

ROUASTRE, bourreau qui roue, Vill., I, i33(roastre) ; Myst. Chr., I, 291 (cf. 121, 276). La forme littéraire est rouart, qu'on lit tout d'abord chez Rabelais, 1. III, ch. li : « Il ne feut oneques rouart ». Le supplice de la roue, déjà mentionné au \ve siècle, ne fut légalement établi que sous François Ier, en i534 et ne fut aboli qu'en 1789.

ROUASTRE, lard, J. 1628, I, 198, 229; Granv., I, 33G, et Chaut!"., II, 90 (rouâtre); J. i83G, I, 21 4 (et rouâtrer, larder). Origine inconnue. — [lait], J. 1728, I, 198.

ROUAUX, les archers du bourreau, J. 1628, I, 198, 235, et 1700, I, 198 (rouveaux), et i83G,I, 2 1 5 (roveaux) ; Granv., I, 33G, propr. les agents de la justice. V. roue.

ROUBLARD, 1° Homme mal mis, chose de peu de prix, II, 108 ; 2° Laid, défectueux, Yid., II, iôG; 3° Aujourd'hui, rusé, sens passé au bas-langage, II, 200. Dérivé : roublarderie, misère, Gloss., II, 17$. Origine inconnue.

ROUBLEUR, délateur, Gloss., II, 174. Y. roublard.

44o GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE

ROUCHI, gredin, Vid., II, i56; — cf. Bellau, rouchi, chien.

ROUE, 1° Justice, Coq., I, 96 (rouhe) ; Vill., I, 124, i3i (roe), i36; 2° Juge d'instruction, Vid.. II, 10G. La justice est envisagée comme un supplice et l'interrogatoire du juge est assimilé au travail de la roue que le forçat fait tourner sans trêve.

ROUE DE DERRIÈRE, roue de devant, pièce de cinq et de deux francs, Granv. 2, I, 336 ; Vid., Il, i56, d'après le diamètre respectif de ces roues. Termes tirés du bas-langage où ils étaient déjà usuels au xvme siècle : « Le monsieur, pour me faire voir que c'est un bon franc jeu, me coula dans la main une roue de derrière, à compte », lit-on dans YHistoire de M. Guillaume cocher (1787), du comte de Gaylus, t. X, p. i5.

[ROUEN] — rouin, J. i83G, I, 198, 214.

ROUEN (aller à), se ruiner, Vid., II, i56. Calembourg géographique propre au bas-langage.

ROUFIER, soldat, Granv. 2, 1, 336 ; II, 106 ; Gloss., II, 167 ; — Languedoc, roufia, rufian.

ROUGE, rusé, malin, Vill., I, 128, i34; Myst. I, n4-n5 : l'homme roux a toujours été réputé malin et traitrc, I, n4- V. rousse.

ROUGEMONT, rouge, vin rouge, B., I, 172. Cf. blanchemonf.

ROUGESME, écu, B., I, 170, 173, c'est-à-dire rougeâtre, d'après la couleur.

ROUGET, cuivre, Vill., II, i56.

ROUILLARD, baril, B., I, i73. V. rouillante.

ROUILLARDE, bouteille, J. 1628, 1, 198, 226; Granv., I, 336; Chauiî., H, 90 ; Vid., II, i56 ; — probablement d'après l'aspect rouillé.

ROUIN, prévôt de la maréchaussée, J. 1628, I, 198, 237, et i836, I, 214 ; Granv., I, 376 : propr. chef de la justice. Y. roue.

ROULANT, pois, J. i836, I, 214 : il roule parterre.

ROULANT, fiacre, Vid., II, 106 ; roulante, charrette, voiture, J. i836, I, 214; J. 1849, ï. 3I7"' Granv. 2, I, 33i. Termes du bas-langage : « Un roulant, pour dire une voiture, un carrosse, un équipage », d'Hautel.

ROULEMENT DE TAMBOUR, v. tambour.

[ROULIN] = rouin, J. 1660, I, 198.

ROULOTTE, 1° Charrue, ChaufF., II, 90; 2° Charrette, voiture, J. 1849, !» 2I4; Vid., II, i56; Doc, II, 191. Dérivés: roulottage, roulage; roulottier, voleur de malles, ballots, etc.,

placés sur les voitures; roulottin, charretier, Yid., II, i56.

ROUMARD, roué, Granv.*, I, 336 ; II, 106 ; Gloss., II, 167. Mot déformé.

ROUPIE, punaise, Yid., II. i56. Allusion de forme et de couleur à la roupie du priseur.

ROUPILLER, dormir, J. 1628, I, 198, 223 ; Resp., I, 254 ; Yid., Il, i56; Doc, II, 178; roupilleur, dormeur, J. i836, I, 214. Terme passé dans le bas-langage parisien au xvne siècle et encore vivace, II, a5o. L'acception primitive de ce verbe, d'origine dialectale, étant « râler, ronfler, murmurer », c'està-dire faire du bruit, l'étymologie traditionnelle: dormir dans sa roupille (Littré et Dict. général), tombe d'elle-même. Le mot suppose un primitif rouper, ronfler, d'origine inconnue.

[ROUPIN] = rupin, ChaufT., II, 90.

ROUPPIEUX, honteux, penaud, Yill., I, 129, sens fréquent dans la Muse Normande.

ROUSCAILLER, 1° Parler en général, et spécialement parler argot (bigorne), J. 1G28, I, 198, 226, 227, 241 ; Granv., I, 336 (cf. I, 6f>);2° Dire, prononcer (une harangue, une prière), J. 1628, I, 247. et 1660, I, 239 ; Hesp., I, 260 ; 3° Aujourd'hui, faire l'acte vénérien (Rossignol) ; — Bas-Maine, rouscailler, faire du bruit et caresser grossièrement ; Bresse, rouscailler, agir en libertin. Dérivés : rouscaillage. bavardage, Resp., I, 262 ; rouscaillante, langue, Granv., I, 336 = J. 1728-1849, I, 214, propr. celle qui parle.

ROUSPANT, pédéraste, Yid., II, i56 ; — cf. fourb. ruspante, volaille (v. galine).

ROUSSE, police, J. 1849, I, 214 ; Yid., II, i56 ; Doc, II, 180, 193, c'est-à-dire la rouge (— la traîtresse). Mot passé dans le bas-langage, II, 25o-25i. V. rouge.

ROUSSI (être), être découvert, Litt., II, 2o5. Même image que brûlé.

ROUSSIN, agent de police, Yid., II, i56, propr. homme aux cheveux roux, réputé méchant et traître (v. rouge). Dérivé : roussiner, faire arrêter par la police, Doc. II, 186.

ROUSTEMPOIGNE, chose vilaine, Litt., II, 200, propr. la rousse (police) t'empoigne.

ROUSTIR, 1° Tromper, Yid., II, i56; 2° (aujourd'hui) Prendre, voler : Il a voulu me roustir mon morlingue (Rossignol); — prov. rousti, rôtir, griller, mettre un joueur à sac, décaver, duper, escroquer, voler.

ROUSTONS, testicules, Yid., II, i5G; — prov. roustouns, même sens.

ROUSTURE, homme en surveillance, .T. 1849, k 2l')* propr. flambé, grillé. V. roustir.

ROVEAUX, rouveaux, v. rouaux.

ROY DAVID, ROY DAVYOT (le), v. david, davyot.

RU, ruisseau, II, 3i, 33. Prétendu mot de jargon.

RUBI, portefaix, Vie, I, 139; — prov., Marseille, rubi, portefaix de la dernière classe, I, 44.

RUBIEUX, honteux, VilL, I, i3o, propr. rouge : cf. un rubis sur le nez, une rougeur ou pustule (Oudin).

RUBLIN, ruban, J. i836, I, 2i5. Déformation.

RUDE, crin, J. i83G, I, 210.

RUER, dérober précipitamment, tricher, VilL, I, 120, 126.

RUFFE, rufle, 1° Feu, Aie, 1, 166 : bier sur le rufe, c'est feindre avoir perdu son bien par le feu ; 2° Feu de S. Antoine, érysipèle, Coq., I, 97 ; VilL, I, i36 ; — [vent d'oragej, II, 3-. Mot emprunté du fourb. rufo, feu (= rouge), qui a également passé dans la germania et le calao. La forme la plus ancienne, rufle ou rufe, s'est réduite postérieurement à rifle et riffe (v. ces mots). Dérivés : ruffant, chaud (v. abbaye) ; ruffer, chauffer, J. 1628, 1, 222 (cf. II, 2^9); Ruffés, synonyme de Rifuudés, J. 1628, I, 222; Resp., I, 249.

RUMATIN? \ill.,I, i37.

RUPE, beau, riche, Litt., II, 200 (cf. 210). Abrégé de rupin.

RUPIN, 1° Gentilhomme ; 2 Riche, Doc, II, 184 ; Litt., Il, 2o5. Voir, sur l'historique et l'expansion de ce mot, II, 207-214.

RUPIOLE, demoiselle, Aie, I, iG4- Diminutif de rupe {— ripe), dame. V. ripe.

RURIE? Yill.,I, i3i.

RUSQUIN, écu, Vie, I, i4<3, 102, iGG ; J. 1G28, I, 222, propr. rouge; - dial. russe, rouge, répondant au synonyme rougesme.

RUSTIQUE, greffier, rustu, greffe, J. i836,I, 210; — cf. Anjou, rustique, déluré, qui a la langue bien affilée.

RUTIÈRE, prostituée de bas-étage, Yid., II, i5G.

SABLE, misère, Granv.2, I, 336 ; II, 108. Terme de matelot •cf. être sur le sable, être à sec.

SABLE, estomac, I. i836, I, aiô; — cf. en français, jeter en sable, avaler d'un trait.

[SABLE] rr sabre, J. 1690, I, 199.

[SABLENANT] = sabrenaut, J. 1090, I, 19g.

SABLER, assommer avec une peau d'anguille remplie de sable, Nid., Il, 106; — prov. sabla, assassiner quelqu'un en le frappant avec un sachet de sable. Mot des malfaiteurs du midi de la France.

SABOCHE, individu déplaisant, J. 1849, I, 21"), propr. grossier comme un sabot.

SABOULE. \. sabouler:

SABOULÉ (?), banni, II, 47.

SABOULER, 1° Tourmenter, incommoder, en parlant des intempéries, J. 1628, I, 226, et 1849, I, a1^ '•> Granv., I, 336 ; 2° Se secouer, être pris d'épilepsie, J. 1628, I, 224 : 3° Battre le blé, Chaulf., II, 90 ; 4° Courir, ChaufT., II, 91 ; 5° Décrotter, Vid., Il, i56. Ces divers sens se retrouvent dans les patois: Bercy, sabonler, secouer, fouler aux pieds (Forez : rouler dans la boue), etc. Dérivés : saboule. homme déplaisant, J. 1849, I, 2i5 : sabouleur, décrottoir, Vid., II, i56.

SABOULEUX, classe de gueux contrefaisant les épileptiques, avec un morceau de savon blanc en la bouche qui les faisait écumer et se débattre, J. 1628, I, 224 (cf. 323). V. sabonler.

SABRE, 1° Bois, J. 1628, I. 199, 221; 2° Forêt, J. 1628, I, 209; 3° Bâton, J. 1628, I, 225, 229, a3i, et 1849, *' 2I5 ; Granv., I, 336 ; 4° Fouet (de buis), B., 1, 174 (cf. I, 42) ; 5° Aune, J. i836, I, 2i5; — cf. Bas-Maine, sabre, bruyère. Dérivés: sabrée, aune, Vid., Il, 167 ; sabrer, 1° Battre (avec un bâton ou fouet), J. 1628, I, 242 ; 2° Auner, J. i836, 1, 2i5.

SABRENAUT, savetier, J. 1628, I, 199 ; J. i634, I, 199 isalbrenault), et 1690, I, 199 (salblenault) ; Granv., I, 33(5 (sabrenot) ; — Norm. sabrenaut, même sens. Mot depuis longtemps passé dans le bas-langage.

SABRER, v. sabre.

SABRI, forêt, bois, Vid., II, 107; Doc, II, 192. Dérivé : sabrieux, voleur de bois, J. 1628, 1, 199, 222, 228; Granv., 1, 336. V. sabre.

SAC A VIANDE, chemise, Gloss., II, 176. Ironie.

SACRE, sergent, J. 1628, I, 199; Granv., I, 336, comparé au sacre, oiseau de proie auquel rien n'échappe. — [argent], J. 1849,1, 186, 2l5.

SACRISTAIN, maquereau, Vid., II, 157. V. laare.

SAIGNER, blesser, tuer, Gloss., II, 176; saigner du nez, abandonner, J. 1849, I, 2i5.

SAINDHOMME, tabac, Litt., II, 204. Originaire de l'île Saint- Domingue. Bas-langage. Abréviation.

SAINT ARCHQUIN, v. archquin.

SAINT JEAN, 1° Faire le Saint-Jean, se décoiffer pour avertir ses compères de prendre les devants, signal desemporteurs, Vid., II, i38 ; 2° Faire l'équerre en Saint- Jean, saluer poliment, Litt., II, 204 ; 3° Mont Saint- Jean, Mont de-pieté, Litt., II, 2o3, propr. où l'on met tout son saint-jean (z= saint frusqain).

SAINT JOYEUX, Saint Marry, noms du jeu de marelles, Coq,, I, 97, 108. Calembonrgs fondés sur la consonnance des mots joyeux et marri, I, 86.

SAINT-PAIR, tabac, Gloss., II, 174, c'est-à-dire saint-père. Jeu de mots sur semper, même sens, dans le bas-langage.

SALADE, 1° Pêle-mêle, Vid., II, 107; 2° Réponse, Doc, II, 192, jeu de mots sur raiponce; 3° Marque imprimée sur l'épaule du voleur, Vid., II, 157, propr. réprimande, correction (sens du mot dans le bas-langage). V. panier à salade.

SALAIRE (?), soulier, II, 75.

SALBIN, serment, salbiner, prêter serment, J. i836, I, 210. Origine inconnue.

SALBRENAULT, salblenault, v. sabrenaut.

SALE, gris, ivre, J. i836, I, 2i5. Le bas-langage dit, dans le même sens, avoir le nez sale.

SALÉ, enfant, Litt., II, 2o5. Bas-langage.

SALIN, jaune, J. i836, I, 2i5. V. sitrin.

[SALIR] s=r sollir, I, 199.

SALIVERNE, 1° Tasse, B., I, i73 (salverne); 2° Ecuelle, J. 1628,1, 199, 219, 229 (cf. I, 39); J. 1700,1, 199, et (salivergne) Granv., I, 336;' 3° Salade, J. i836, I, 2i5 ; Vid., II, 157, ce dernier sens, moderne et amené parla consonnance de l'initiale i. Saliverne désigne primitivement une tasse ou écuelle de Saverne, I, 33. Ce mot de jargon est tout d'abord attesté en littérature, chez Rabelais et au xvi* siècle, I, 3a-33 et 39, avec le sens d'écuelle de gueux.

1. Autre rapprochement avec salive : « Saliverne, gamelle ou écuelle qui sert dans les hôpitaux aux malades pour cracher. Ils salivent dedans » (Virmaître).

SALTERION, prison, propr. psaltérion (= violon), I, 74, 80. Ancien terme des prisons.

SALVERNE, v. saliverne.

SANCE ? Vill., I, i36.

SANG DE POISSON, huile, Vid., II, i57.

SANGLIER, prêtre, J. 1849,1, 21a ; Vid., II, 157; Doc., Il, 191. Allusion à sa robe noire.

SANS-BEURRE, chiffonnier en gros, Vid., II, 167. V. beurre.

SANS-BOUT, cerceau, Vid., Il, 157.

SANS-CAMELOTTE, escroc, Vid., II, 157. V. cameloUe.

SANS-CHAGRIN, épileptique, Vid., II, 167. V. dig-dig.

SANS-CHASSES, aveugle, Vid., Il, 157. V. chasse.

SANS-CŒUR, usurier des bagnes et des prisons, Vid., II, 167.

SANS-CONDÉ, clandestinement, Vid., II, 107. V. condé.

SANS-DOS, tabouret, Vid., II, 107.

SANS-FADE, sans partage, Vid., II, 157. W.fade.

SANS-FEUILLE (?), potence, II, 60, 77.

SANS-LOCHES, sourd, Vid., II, 167. V. loche.

SANS-RIGOLE, sérieusement, Vid., II, 157. V. rigole.

SANTOCHE, saint, Vie, I, 166 : sou rdante santoche, grande {= sainte) justice; pie sautoche, cidre (= sainte boisson). V. sourdante et pie.

SANTU, santé, Granv., I, 336 = J. 1836-1849, I, 2i5.

SAPER, condamner, Litt., II, 2o3. Image agricole analogue à gerber. Dérivé : sapement, condamnation, Litt., II, 2o5.

SAPIN, soldat, Vid.. II, 106, 107 ; — prov. sapin, soudard. Terme des voleurs provençaux.

SAPIN, 1° Planche, Granv., I, 336 = J. 1836-1849, I, 2i5, c'est-à-dire planche en sapin; 2° Plancher, grenier, J. i836,

SARPE, coupeur de bourse, Vill., I, 129, propr. serpe : cf. le synonyme chevalier de la serpette, qu'on lit chez Régnier, d'Assoucy et Oudin.

SARPILLIÉRE, v. serpillière.

SARRE ? Coq., 1, 1 10 : « Un dez... de forte sarre » ; cf. Villon, Grand Test., xcvin : « Trois dez plombez de bonne carre », c'est-à-dire de bonne dimension.

SARREAU, chemise de prison, J. 1849, 1, 2i5.

SATONNADE, bastonnade, Doc, II, ig3. V. satou.

SATOU, l°Bois, forêt, du bois, Granv., I, 336; Chauff., II, 96; J. 1849, I, 210 ; Vid., II, 157; 2° Bâton, Chaufff., II, 90, g5; J.

î83G, I, ai5. Bas-langage. Dérivé: satousier, menuisier, Yid., II, i57.

SATTE, bois, Yid., II, 127, 1.57. Abrégé du précédent.

SAUPIQUET, tricheur, Yill., I, 127, propr. subtil. L'acception primitive « sauce piquante » se lit encore au début du xvie siècle ', tandis que le sens figuré est déjà familier à Guill. Goquillart 2.

SAUTER, faire le saut, 1° Tromper, Ghauff., II, 94 ; 2° Cacher à ses camarades une partie du butin, Granv. 2, I, 336 ; Yid., II, 157; 3° Puer (cf. danser). Avec le sens d' « escamoter », sauter se lit dans le Fœneste de d'Aubigné.

SAUTERELLE, puce, Yid., II, 167. Jeu de mots.

SAUTE-RONDOLLES, agent de change, J. ,1849, *« 2l5> propr. qui vole des rotids, des sous.

SAUTEUSE, puce, J. 1849, I, 2i5.

SAVATE, poule, Ghauff., Il, 93. Cf. sive.

SAVOIR LIRE, connaître les ruses du métier de voleur, Yid., II, i4o, 157: cf. dans le rotwelsch, khokhem, voleur (= sage), lamden, voleur habile (= savant).

SAVONNÉ, blanc, en parlant du pain, Granv., I, 335 ; ChaufT., II, 93, 96; J. i83G, I, 212, 2i5, et 1849, I, 209, c'est-àdire nettoyé avec du savon.

SAVOYARDE, malle, Yid., II, 157, portée par des commissionnaires savoyards.

SGALER (?), monter, II, 47, 48.

SCARICLE ?Yill., I, i34.

SCHELINGUER, puer de la bouche, Gloss., II, 174. Baslangage.

SCHNOUFF, tabac à priser, Ghauff., II, 87, 94. Mot tiré du bas-langage 3, où il est encore usuel : « Deux ronds de schnoffe, deux sous de tabac à priser, dans l'argot du peuple ». (Yirmaître).

1. La Condamnation de Bancquet, éd. Jacob, p. 3o8 : Saulce Robert et cameline, Le saupiquet, la cretonnée...' •a. Ed. d'Héricault, t. H. p. 218 et 2^5.

3. Cf. Hécart, à propos du rouchi (Hainaut) : schnouf. tabac en poudre : « Ce mot purement allemand {=Schnupftabak)& été apporté, avec tous les autres tirés de cette langue, par les garnisons suisses et allemandes ». C'est un mot des casernes passé dans le bas-langage, parisien et provincial.

GLOSSVIKE KT\MOLOGIQUE [\t\J

SCHPROUM, tapage. I. \i. Mol des petits-maîtres du boulevard, passé au bas-langage. Onomatopée.

SCHPUSER(>). puer, II, '.-.

SCHTARD. v.jettard.

SCIAGER, couper la gorge, Chauff., II, 91, propr. scier.

SCION, couteau tranchant (= petite scie), scionner, assassiner en égorgeant, scionneur, assassin, Gloss., II, 174,

SCOBARD (?), hypocrite, II, 48.

SCOUPER (?). croire, Litt., II, ao5. C'est probablement couper Ohms le poni y, même sens.

SECRÈTE (?), lettre, II, 7:>.

SEIGNEUR A MUSIQUE, assassin nocturne, J. 1849, I, 2i5. Jeu de mots sur êaigfter.

SEMER, jeter à terre, Litt., II, 2o5. Bas-langage.

SÉNAQUI, pièce d'or, Aid., Il, 7, 157, terme des Romanichels ; — tsigane, somnakay, or.

SENTIR, aimer, Yid., Il, 1 58 : cf. l'expression contraire « ne pouvoir sentir quelqu'un. »

SER. v. serf.

SERGOLLE, ceinture à argent, Yid., II, r58. Origine inconnue.

SÉRIEUX (?), médecin, II, 75.

SERIN, imbécile, Granv.^ I, 330. Bas-langage.

SERPE, couteau, Yid., II, i58. Terme des roulottiers méridionaux. Y. sarpe.

SERPENTIN, matelas de forçat, Yid., II, i58, semblable au canon allongé qui portait jadis ce nom.

SERPILLIERE, robe (de prêtre), J. 1628, I, 199, et i836, I, •^iô (sarpillière) ; Granv., I, 336 ; — moy. fr. serpillière, robe.

SERRANTE, serrure, Yid., II. i58.

SERRARD, notaire, Yie, I, 166, c'est-à-dire celui qui serre ou enferme les documents.

SERRE, main, Coq., I, 97, propr. griffe des oiseaux de proie ; — cf. germ. et fourb. zerra, même sens.

SERRE (.»), prison, II, 75.

SERRER, 1° Emprisonner, J. 1849, h «5 ; 2° Yoler, Doc, 0,

SERT, ser, signal de compère, Yid., II, i58; faire le sert, donner l'alarme, J. 1849, h 21 5. Origine inconnue.

SERVIETTE, canne, Yid., II, i58.

SERVIR, 1° Dénoncer, Doc, II, 188; Litt., II. 2o5; 2" Arrêter, voler, J. 1849, I, 2i5; Yid., II, i58 ; 3° Saisir, Doc., II, 191. La notion de « dénoncer » répond à celle de servir à table, association d'idées de provenance culinaire, II, io5.

SÉVÈRE (?), propriétaire, II, 75.

SEYME ? Vill., I, i33. Sens propre « graisse ».

SEZAILLES, sezière, sezingand, lui, J. 1628, I, 199, 219, 229.

SEZIS, lui, Vie, I, i48, 166 ; sezigue, lui, Yid., II, 108.

SIANTE, chaise, J. i836, I, 21 5, c'est-à-dire asseyante.

SIC (ferlampier le), casser ses fers, Gloss., II, 176. Origine inconnue.

SIEUR, dupe, Vill., I, i34. V. sire.

SIFFLE, voix, Yid., II, i58.

SIFFLET, gosier, Gloss., II, 176; coup de sifflet, couteau, J. 1849, I, 2l5.

SIG-DE-BORD, chapeau, Gloss., II, 174. Origine inconnue.

SIGNE, louis d'or, Chauff., II, 92, propr. signe de métal. Nombreuses déformations : sigue, sigle, ciguë, cigale, cygne, qui ont donné naissance à des divagations étymologiques l ; la seule forme réellement usuelle est sigue, J. 1849. I. 2i5 ; Yid., II, i58; Doc, II, 181, encore vivace dans le bas-langage, II, 25l.

SIME, patrouille, guet, Yid., II, i58. Origine inconnue.

SIMONER (?), escroquer, II, 5o. Cf. faire simone, quête faite le jour de l'an par des individus qui se disent vidangeurs et qui travaillent rarement (Rossignol) ; « Le propriétaire de la maison où les vidangeurs travaillent est appelé par eux Simon » (Larchey).

SIMPLE (l'heure du), la brune, Gloss., II, 176.

SINFE, v. sinve.

SINGE, patron, J. 1849, I, 210. Bas-langage.

SINGE (faire le), être exposé au pilori, Yid., II, i58 : le con-

t. Larchey : « Cigale, pièce d'or (Vidocq). Allusion au cri métallique de l'insecte ». — Suppl., p. xxn : « Pourrais-je faire comprendre sig si je n'y reconnaissais une abréviation de cigale qui ne se dit plus. Et pourquoi disait-on cigale ? — A cause du cri de l'insecte, cri métallique, saccadé comme le bruit des louis tombant un à un ».

Rigaud : « Signe, cigale, pièce d'or. Son chant est plus mélodieux que celui de la cigale ».

H. -France : « Sigue, pièce de vingt francs. C'est sigle qu'il faudrait dire, du nom d'une monnaie qui, chez les Grecs et les Romains, pesait deux drachmes et valait un quart d'once ».

damné, juché sur le pilori comme un singe sur ses tréteaux, adressait le plus souvent à la foule des grimaces ou des lazzi. V. tap.

SINQUI, cela, J. i836, I, 2i5; — cf. Dauphinée, ceiiqui, même sens.

SINVE, dupe, J. 1849, I, 2i5: Vid., II, i58 (et sinvre) ; Gloss.. Il, 1 7 '» (sinfe, voleur qui tient le volé); Doc, II, 178; — dial., Vosges, sinve, sinvre (Norm., sinfe), sénevé, moutarde sauvage ; propr. fin comme moutarde, c'est-à-dire fort rusé. Appellation ironique.

SIRE, dupe, Coq., I, 97 ; VilL, I, ia3, 126, propr. seigneur. \ . sieur et syrois.

SITRE, bon, \id., II, i58 ; — Berry, citre, cidre. Même image que son synonyme chenu.

SITRIN, noir, J. i836, I, 2i5 (=citrin): cf., inversement, salin.

SITRON, aigre, J. i836, I, 2i5 (= citron).

SIVE, poule, Vid., II, i58. Origine inconnue. V. savate.

SOE ? Vill., I. i33.

SŒUR DE CHARITÉ, voleuse sous prétexte de bonnes œuvres, Vid., II, i58, 169. V. abbesse et nonne.

SŒURS, cuisses, Vie, I, iC4. Dans le jargon des Précieuses, tes deux sœurs désignaient les fesses.

SŒURS BLANCHES (?), dents, II, 59.

SOISSONNÉ, haricot, Vid., II, i58,de Soissons.

SOLEIL, 1° Exposition au carcan, J. 1849, I, 2i5 ; 2° Préfet de police (?), Litt., II, 204.

SOLLICEUR, vendeur, marchand ; solliceur de lacets, gendarme (= marchand de lacets) ; solliceur de loffitudes, homme de lettres, Vid., I, i58 (= marchand de niaiseries). V. sollir.

SOLLIR, vendre, J. 1628, I, 199, et i836, I, 2i5 ; Chauff., II, 94; Vid., II, i58; Doc, II, 178, 188; — anc fr. sollir, vendre, dans un cartulaire de Metz i du xme siècle (v. Godefroy). — [ventre], Granv., I, 328, 336 = J. 1728-1849, 1, 199, 2i5.

SOLLIR DE L'ONGUENT, être attaché au poteau, Vid., II, 1Ô8, propr. vendre des médicaments. Terme des voleurs des

1 . M. An t. Thomas (Journal des Savants, 1909, p. Uh 4) pense que sollir doit être pour soldre (d'après l'analogie de tollir pour toldre) et signifier « payer » et non « vendre » : le contexte du cartulaire messin s'oppose, quant au sens, à cette conjecture.

Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. £&

£j5o GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE

campagnes. Allusion aux charlatans qui jadis, montés sur des tréteaux, débitaient leurs drogues. V. tap.

SOMBRE (?), préfecture de police, II, 75.

SOMBRIOLE (?), nuit, Litt., II, 2o3.

SON AN, lui, Vie, I, 196 ; B., I, 174 (son han). Ancienne amplification pronominale. V. an.

SONDE, médecin, Vid., II, i58 : il sonde les plaies. Y. drague.

SONDER, filouter, Gloss., II, 177; Doc, II, 178.

SONDEUR, sondier, douanier, J. 1849, *« 2l5 ! Litt •> lI> 2o5 : il sonde les voitures.

SONNETTE, jeune sodomile, Vid., II, i58 : cf. dans l'argot militaire, branleur, camarade de lit.

SON YME, lui, Vie, I, i63. Déformation analogue à son an.

SORBONNE, tête, J. 1849,1, 2i5 ; Vid., II, i59, i63: Doc, II, 190; Gloss., II, 167. Bas-langage, II, 100 *. Dérivé : sorbonner, penser, J. 1849, I, 2i5. V. tronche.

SORGABON(P), bon soir, II, 27, 3o.

SORGUE, nuit, J. 1628, I, 199, 24o ; Vid., II, 169; Doc, II, 179, 190. Mot passé dans le bas-langage, II, a5i. Même mot que sorne, par la forme intermédiaire sorgne. J. 1700, I, 199 ; Granv., I, 336 (cf. sigue =z signe). — [rue], J. 1849, 1, 186, 216. Dérivés : sorguer, dormir, Doc, II, i85 ; sorgueux, voleur de nuit, J. 1628, I, 239; Gloss., II, 171 (sorgueur). V. sorne.

[SORGUEUX] = fourgueur, forgeur, II, 60.

SORNE, 1° Nuit, Vid., I, i33, i34 ; Myst. Pass., I, 272, 273 ; 2° Noir, J. 18 3 6, I, 216. Mot de jargon, passé au xvr siècle en moyen français, I, 272 ; commun à l'argot et à la germania (sorna, nuit), de provenance méridionale : anc prov. sorn, sombre.

SORNILLER, peut-être voler la nuit, Vill., I, i33. Dans la germania, sornar veut dire « dormir », répondant au synonyme jargonnesque sorguer.

SOUDRILLARD, mauvais sujet, Vid., II, i5g ; — soudrille, même sens (aujourd'hui vieilli).

SOUFFLANT, pistolet, Vid., II, i5g : cf. anc. fr. soufjlard, arme à feu (Molinet).

SOUFFLARD, maréchal ferrant, Vie, I, i65.

SOUFFLET, estomac, Litt., II, 196. Bas-langage.

1. Voir encore, sur ce prétendu mot de jargon, notre Argot Ancien, p. 117-118 et 3oi.

GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE fal

SOULAGER, tuer, Gloss., II, 177, répondant au synonyme moderne apaiser.

SOULASSE, 1" (le) Tricheur, grec, Vid., II, iâg; 2" (la grande), MMStlnât, Vid., II, 109 ; Gloss., II, 1G7 ; — prov. soûlas, guide qu'on donne à quelqu'un pour le rassurer, et soulaci, soulagement. V. soulager.

SOULOGRAPHÏE, ivrognerie, Vid., II, i5q. Bas-langage.

S0UL0IR(?>, verre, II, 75.

SOUPLE, bleu, J. i836, I, 21G. Association d'idées obscure.

SOURD ANTE, justice, Me. I, i(>6, propr. qui fait soulever ou pendre (de l'anc. fr. sourdre); sourdolle, potence, Vie, I, 1O6, même image que la précédente; sourdu, pendu, Vie, I, 166, propr. soule\é, exposé à l'air. V. <\s\so/v/\

SOURICIÈRE, 1 Piège que la police tend aux malfaiteurs : 2 Dépôt à la préfecture, I, 7^-73 et 216. Terme policier généralisé dans la langue, I, 73.

SOUTENANTE, canne, Vid,, II, i5g.

SOYANT (beau), beau parleur, Coq., 1, 98, propr. beau sciant : cf. le sens figuré du moderne scie.

SOYE ROLLAND, v. Rolland.

SPADE (?). épé<\ II, ■>,-, 3o. Mot italien resté étranger au jargon et à la langue générale.

SPELICANS(?), Vîll., 1,286. — [spoliateurs], II, ',0.

STAFER, dire, J. i836, I, 216 : peut-être dire par estafette.

STOM, estomac, Gloss., II, 174. Abréviation.

STOSS, coup, I, xi. Terme qui n'a rien de commun avec le jargon ni avec le bas-langage.

STROC, setier, Vid., II, 159. Bas-langage.

[STRON, sentier] — stroc, setier, J. 18^9, I, 216. — [ sellier], J. i836, l, 216.

STUC, stuque, v. estuc ; stuquer, partager, J. i836, I, 216 (= esluquer).

SUADER (?), persuader, I, xi; II, 107. Mot resté absolument étranger au jargon et au bas-langage.

SUAGE, assassinat, Doc, I, 191, 192; suageur, chauffeur, Vid., II, 159. V. suer.

SUBRER, attraper. Vie, I, i55; — cf. Bas-Maine, sabrer, têter avidement.

SUBTIL, dur, J. i836, 1,216.

SUCE-LARBINS, bureau de placement, Vid., II, i5g. V. larbin.

SUCEUR, mauvais camarade, Vîd., II, 1.5.9. Bas-langage.

452 GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE

SUER, faire suer, 1° Se faire donner sa part d'un vol, Granv., I, 330 ; J. i84q, I, 216 ; 2° Tuer, Granv.2, I, 33G : faire suer un chêne sur le grand trimard, assassiner, Vid., II, 109; Doc., II, i83 (cf. ai); — propr. faire suer le sang -.faire suer est une expression usuelle dans les Moralités et les Mystères1. Y. chêne et trimard.

SUERIE ? Vili., I, 135, i3o. — [tuerie], II, ',0.

[SUPIN] = sapin, II, 57.

SURBINE, surveillance de la haute police (remplacée par l'interdiction de séjour), Vid., H, i5q ; — cf. Bas-Maine, surbiner, tromper, voler. Image agricole : Berry, contrebine, second binage de la vigne. Aujourd'hui, surbine exprime l'idée de surfaire : « Si un objet qui est vendu deux francs, le marchand le vend trois francs, il lui fait de la surbine » (Rossignol).

SURETTE, pomme d'un arbre, Gloss., II, 17/4, propr. pomme verte. En français, surette est le nom vulgaire de l'oseille.

SURFINE, même sens que sœur de charité, Vid., H, 109.

SURGERBER, condamner en dernier ressort, surgerbement, arrêt définitif, Vid., II, i5g. V. gerber.

SURIN, couteau, J. 18^9, I, 216; Granv.2, I, 336: Vid., II, i5g (cf. 21, 108) : surin, c'est chourin, influencé par suer. Mot usuel, II, 201. Dérivés: suriner, tuer à coups de couteau, surineur, assassin, Granv.2, I, 33G ; J. 1849, I» 9I^ '■> Gloss., II, i74.

SYROIS, dupe, Myst. Ghr., I, 283. Y. sire.

TABAC (coquer du), donner des coups, Vid., II, 1O0. Baslangage ( passer à tabac J. V. coquer.

TABAR, manteau, J. 1G28, I, 199, 218 (et tabarin) ; — moy. fr. tabart, même sens.

TABLE (monter sur la, se mettre à), dénoncer, Litt., II, ao5. Image culinaire, II, io5.

TABLETTE, brique, Vid., II, ï6o.

TACRIERS, épithète donnée aux vilains parTaingui, I, G, 7, propr. noirs comme la poix.

1. Voir Fr. -Michel, p. 389, et Ed. Fournier, Le Théâtre français avant la Renaissance, p. 6, note.

TAFFE, peur, Vid., II, 1C0 ; Doc, II, 180. Onomatopée qui exprime la palpitation : « Les fesses luy font laftaf, c'est-à-dire il tremble de peur » (Oudin). Mot passé dans le bas-langage, II, a52. Dérivés: taffer. craindre, tafferie. crainte, taffeur, poltron, Vid., II, 1G0; Doc. II, 181, 186.

TAFFETAS, peur, Vid., II, itîo ; Doc, II, 192. Déformation.

TAL (?), le derrière, II, 52. V. tôle.

TALBIN, 1° Huissier, J. i83G, I, 21G (talbiner, assigner ; talbine, halle; talbinier, hallier) ; 2° Billet de complaisance, Vid., II, 1G0 ; 3° Billets de banque, Gloss., II, 174 ; Litt., II, 206, ce dernier sens encore usuel (Rossignol). Origine inconnue.

TALLE? Vill., I, 128.

TAMBOUILLE, gargotage, I, xi. Bas-langage.

TAMBOUR, chien de garde, Vid., II, 1G0 : il donne l'alarme ; roulement de tambour, aboiement, Vid., II, i56. V. alarmiste

TAMPON, poing, Gloss., II, 174. Bas-langage. TANLE] = taule, J. i83G, I, 186, 216.

TANTE, 1° Pédéraste, J. 1849, 1, 21G; Vid., II, 160 ; 2° (ma), Mont-de-Piété, (iranv.2, I, 337 J ; J. 1849, I, 216; II, 108. Appellation euphémique : dans le patois sicilien, zia (tante) est celui qui prête à gage, et les Florentins disent, dans le même sens, mandare al zio (Pitre).

TAP, exposition criminelle, Doc, II, 181 ; faire le tap ou tapin, être attaché au poteau, Vid., II, 1G0, propr. faire le tambour, allusion aux anciens marchands d'orviétan : « Le condamné est assimilé à un charlatan, qui, debout sur un échafaud et appuyé contre un poteau auquel est suspendue une pancarte, bat du tambour pour attirer la foule. C'est ce que fait au figuré le condamné, qui le plus souvent lui adresse effrontément des invectives ou des lazzis » (Fr. -Michel). Même expression que le synonyme sollir de l'onguent. L'exposition elle-même, substituée en 1789 au supplice du pilori, ne fut supprimée qu'en i832.

TAP BLANC, dent, Vid., II, 160, propr. dent longue semblable à un poteau.

1. On lit dans Delesalle : « Ma tante, le Mont-de-Piété. Cette expression se trouve avec le même sens dans le glossaire du Vice puni de (Jranval, mort en 178/i (lire : 175.S). Le Mont-de-Piété de Paris n'a été établi que le 1" janvier 1778. » Delesalle confond ici la première édition de Cartouche qui est de 1725, avec une des dernières qui est de 1827: celle-ci donne seule le mot avec ce sens.

TAPE, marque qu'on appliquait avant i83o sur l'épaule des voleurs, J. 1628, I, 237, et i634» I, 199 (tappe) ; Granv., I, 337; Vid., Il, i(><>,

TAPE-DUR, serrurier, Vid., II, 160.

TAPETTE, 1° Même sens que tape, Granv.2, I, 337, mot employé déjà par Vadé, I, 69 ; 2° Faux poinçon servant à marquer les objets d'or ou d'argent, Vid., II, 1G0. Dans le bas-langage, le mot désigne le pédéraste.

TAPIN, gendarme, Chauff., II, 92, propr. tambour. Même image que le synonyme cogne.

TAPINER, amener, Chauff., II, 90, c'est-à-dire amener en cachette.

TAPIS, tapis franc, tapis vert, auberge, cabaret où se réunissent les voleurs, J. 18^9, I, 216 : Vid., II, 160; Doc, II. 180, 188. Primitivement tapis vert, table de jeu et endroit on elle se trouve. Dérivé: tapissier, aubergiste, Vid., II, 160; Doc, II, 192.

TAPIS VERT, plaine, prairie, Vid., Il, 1G0. Terme livresque.

TAPPE, v. tape,

TAQ, haut, taquer, hausser, taquine, hauteur, J. i836, I, 216. Origine inconnue.

TAQUINADE, cartes de même couleur qui se suivent, dans le jeu de piquet, Coq., I, 97, 108 ; — germ. taquinarlo, tricherie (taquin, tricheur).

TARAUDER, donner des coups, Granv. 2, I, 337 ; Gloss., Il, 168. Bas-langage.

TARDE, soir, Vill., 1, 126, c'est-à-dire sur le tard.

TARDIF (le), même sens que le précédent, Litt., Il, 198.

TARGUE, ville, Vie, I, 149 (cf. 3io). Terme commun au jargon, à la germania et au rotwelsch, d'origine obscure, I, i'i'l

TAROQUE, marque en forme de tarot (moy. fr. taroc) qu'on apposait sur l'épaule du criminel, Vid., 11, 160. Dérivé : taroquer, marquer, Vid., II, 160.

TARRE, autre forme inexpliquée de tire, J. 18^9, I, 21 G.

TARTE, faux, mauvais, Vid., II, 1G0, propr. excrément; — tarte (bourbonnoise), un estron (Oudin).

TARTINER, v. tartir.

TARTINES, souliers, J. 1849, T» 2lG' d'après la forme des semelles.

TARTIR, aller à la selle, II, 10G ; Granv. 2, I, 337 (tartiner); — fourb. tartire, même sens.

TARTOUFFE] = tourtouse, II, gg.

TAS DE PIERRES, prison, Vid., II, 160. Bas-langage.

TASSE (grande) (?), la mer, II, 58.

TATE-MINETTE, sage-femme, J. 18,49, !» 2l6-

TATIÈRE, peut-être taverne, Myst. Ghr., I, 278, 293 ; — cf. anc. fr. taste-vin, ivrogne.

TAUDE, taudis, maison, I, 176 ; B., I, 17,'i; Chauff, II, 94, à côte de taudion. gtte, Ghauff., II, 92. Bas-langage: « Taodùm signifie lieu sale, puant, mauvais lien, cabaret borgne, lieu de débauche. Taudis: on appelle ordinairement à Paris un taudis un mauvais lieu, un bordel, un boucan » (Ph. Le Roux).

TAULART, bourreau qui pend, Myst. Ghr., I. 282 (telart), »g£: Uesp., I, 252, et Granv., I, 33»j (tollard). Le mot répond au rotwelsch tiller, même sens, emprunt du xvr5 siècle, I, 276-277. V. taule.

TAULE, bourreau, forme abrégée de taulart, Vid., II, 160, à côté de tôle, Ghauff., II, 90, tôloire, guillotine, Ghauff., II,

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