Rabasse et Desmaze
Il nous reste à donner quelques détails sur deux autres sources fréquemment citées par Larchey.
La première est un glossaire manuscrit d'un certain Rabasse, inspecteur de police. Gomme lexicographe, Rabasse s'est à peu près contenté de tirer ses matériaux de Vidocq2 et surtout de Fr. -Michel 3. Le copiste y ajoute des plaisanteries telles que : bêcheur, mendiant4 ; mains courantes, pieds: Manon, prostituée ; philosophe, chiffonnier ; têtard, homme de lettres (dans Vidocq : entêté).
Les coquilles de forme5 vont de pair avec les erreurs de sens :
i. Le dernier y figure sous une autre forme (p. 261 et 264) : tabactes; Bruant (v° jargon) donne : labacloc et labatoc, à côté de acltdentcem, accident. Dans le Supplément de Viremaître : « Acclidence. est une corruption du mot accident. Argot des voleurs ».
2. Cf. les termes : marqué (mois), paffes (souliers), tréfoin (tabac), traverse (bagne), traviole. Vidocq rend ce dernier mot par « traverse » (de même Fr. -Michel), tandis que Rabasse, en en dénaturant le sens, l'explique par « inquiétude ».
3. Cf. les termes : Diable (agent provocateur), lycée (prison), etc. /j. Halbert donne au mot le sens de « moqueur».
5. Cf. cadelle, chaîne de montre (= cadène) ; carton, pain (= larton); fausse, tabatière (=fauffe); ferlandier, bandit (t= ferkmpier) ; grevier, soldat (= grivier), etc.
\\tif, battre Vantif, locution qu'il rend tantôt par « espionner » (Jean La Rue : Id.), et tantôt par « parler argot » (H.-France: fd.), tous sens controuvés et résultant de l'ignorance de l'acception primordiale du mot et de la locution correspondante.
CharieR, chercher à savoir, sens inconnu ailleurs.
Ni kiRB, c'esl lui. c'est moi, à côté de son niaire, c'est à moi, c'est à lut : le premier est abstrait de monière (moi) ou sonière (toi), le deuxième représente le pronom argotique au sens exclusif de « lui ».
Voici maintenant les quelques termes nouveaux al tri hués au même Rabasse par Larchey, d'où ils passèrent dans les publications similaires :
Bacchantes (les), les favoris, la barbe : cf. Rigaud : « Les bacchantes, la barbe et principalement les favoris, dans le jargon des voleurs : rien des prêtresses de Racchus : c'est un jeu de mots un peu forcé sur bâche, et dont a été formé bacchantes, mot à mot celles qui couvrent » ; — Macé : « Bacchante, barbe » *; — Delcsalle : « La bacchante, la barbe ; les bacchantes, les favoris » (Bruant : ht.) ; \ irmaître : « Baccanle, barbe, favoris. Il en est qui écrivent bacchantes, c'est l'orthographe que je donne qui est la bonne (Argot des voleurs). N, » ; — 11. -France : « Bacchantes, favoris; bacchantes savonnées, favoris blancs » (avec un exemple tiré d'un roman de Dubut de Laforest).
Cambfuvde, dame bien mise. Rigaud :« Gambriade, danse échevelée » ; — Delesalle : « i° dame bien mise ; 20 danse, cancan » ; — H.-France : « Gambriade, danse ; dame élégante. »
Glutouse, la figure. Delesalle: ht.; Rruant : « Tète. Glutouse» ; — H.-France : « Glutouse, le visage. »
Grltolse, la gale.
Le premier terme cité, bacchantes, rentre dans la catégorie des appellations facétieuses citées ci-dessus :