Voir ci-dessous, p. ioG à
Les Sources de V Argot Ancien, t. II. O
Le <( Dictionnaire de la langue verte » (1866) d'Alfred Delvau ne diffère pas essentiellement de celui de Larchey, dont il a tiré si grand profit qu'il lui valut une accusation de plagiat. Le livre est amusant : c'est un recueil de bons mots et de saillies à propos des termes populaires et jargonnesques.
Le titre est déjà suffisamment explicite : langue verte désignait et désigne exclusivement l'argot des tricheurs, des joueurs sur le tapis vert. Il y a, dans les « Nuits de la Seine » , drame de Marc Fournier, un professeur de langue verte qui enseigne et pratique les tricheries ordinaires des grecs. Delvau, après avoir tiré ce renseignement de Fr. -Michel, a le tort d'ajouter : t< Le sens du mot s'est étendu : on sait quel il est aujourd'hui. Langue verte ! langue qui se forme, qui est en train de mûrir, parbleu ! » C'est là une application abusive plutôt que spirituelle. D'ailleurs, les traits de cet écrivain tombent souvent à faux. En voici deux exemples :
Accœurer1, accommoder, arranger de bon cœur. Argot des voleurs.
Chevance, ivresse, — dans l'argot des voleurs, qui savent que dans cet état, les plus gueux se croient toujours heureux et riches.
Pourquoi « riches » ? Parce que le sens propre de chevance est capital. Or, chevance -, inconnu à l'ar-
1. Graphie erronée passée dans Delesalle, Bruant et Hector France.