Moreau-Christophe, Le Monde des coquins, t. II, p
2. Voir, sur les voleurs de race juive, Du Camp, Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitié du XIX' siècle, Paris, 1870, t. III, p. 18-19.
3. La bande Graft, condamnée à Caen en juillet i858 et composée presque exclusivement de juifs (v. le journal Le Droit du 29 juin au 11 juillet 1808), parlait un jargon composé de mots hébreux, c'està-dire judéo-allemands. Une feuille volante publiée à cette occasion, L'assassinat de M. Pléchurt (Paris, i858, in-/»Q), relève ce fait que les notes trouvées chez un des criminels « étaient rédigées dans un langage où l'argot et l'hébraïsme se confondaient. »
FR.-EUC.ÈNE VIDOCQ (J
welsoh : dabérer, bavarder (= dabbern. parler) ; goye, dupe, propr* chrétien (= got, au pluriel, gens
suspects) ; hamor{, âne, imbécile (= W.) ; Aam-fti-. domestique (= îrf., complice), et co//e/. fille publique (= îd.) *. Vidocq n'eu apporte que ces deux exemples :
Nie. nom de voleurs juifs qui exercent le truc à rendre 1res cher une croix d'ordre garnie de pierres fausses. On a montré dernièrement4 que ce nom reflète le rotwelsch Nepper, filou qui trompe en vendant comme véritables des objets sans valeur; h<'l>pen ou eine Aeppe handeln, c'est tromper de cette façon.
Traiffe, suspect5, qui répond exactement au rotwelsch trefe, même sens0. Le terme serait encore usuel, à en croire V innaître, Suppl. : « Quand deux voleurs dévident le jars et quelqu'un ne comprend pas, ou comprend mal, il dit à l'autre : traiffe, parle français. »
Remarquons d'ailleurs qu'un seul de ces termes, goye, a passé dans l'argot des marchands forains
i. Rigaud transcrit : ramor et raverta, à cause de la prononciation profondément gutturale de la consonne initiale (cf. inversement : Pa/iis — Paris).
2. Rigaud allègue cette phrase : « II ne faut pas dabérer devant les ravertas, il ne faut rien dire devant les domestiques. »
3. Avé-Lallemant, Das deutsche Gaunertuin, t. IV, p. 3G4, 029, 532, 545.
U. Otto Driesen, dans VArchiv fur das Studium der neuern Sprachen de 1909, p. 2o'i ; cf. Avé-Lallemant, t. II, p. 208.
.">. Vidocq, Mémoires, t. III, p. i65 : « Traiffeou inaron sont une seule et même chose ».
G. Avé-Lallemant, t. IV, p. OiG.
qui disent : Le goye te mire, pour le pante te regarde (Monselct). Tous les autres sont restés confinés dans le jargon des merciers juifs.
Outre les voleurs bohémiens et juifs, Yidocq mentionne les voleurs flamands et hollandais auxquels il attribue les termes : beausse, riche bourgeois (= holl. baas, patron), et vingt-deux, couteau.
Après ces nationalités étrangères, Yidocq arrive à la France, en y distinguant plusieurs catégories géographiques :
Termes des voleurs bretons (pivoiner), normands (bonique, lapin ferré), parisiens (antonne, bogue, friquet, jaspiner, etc.), lyonnais (quatre coins), provençaux (tiquer), auvergnats (briseur).
Plusieurs autres termes sont désignés d'une manière générale, comme appartenant aux voleurs du Nord (cardinale, grippe-jésus, priante), ou à ceux du Midi (bayajffe, escapoucher, niente, picorage, serpe)1.
Pour terminer, Yidocq attribue une partie de son lexique à certaines classes spéciales :
Argousins : termes de bagne assez nombreux qu'on trouvera relevés plus loin - ;
Camelots ou marchands ambulants : balai, piolle, poisse ;
Floueurs : termes de jeu qui seront étudiés plus bas 3 ;
i. Voir, au Glossaire, ces termes et les suivants. ■2. Cf. ci-dessous, p. 101.