III. - Médecines pour les sinves
« Un forçat du bagne de Toulon a composé en argot un opuscule qui est un avis salutaire pour se préserver contre les rusés-, filous et escrocs. Ce document est intitulé Médecines pour les sinves, c'est-à-dire conseils aux gens naïfs » (Léon Paillet, Voleurs et volés, Paris, i855, p. 90-93).
1 . Lorsque vozigue tirez la longe dans la trime, que vousaille ne se laisse pas cnflaquer par un marquant ; gambillez vite. Si vozigand litrez une toquante, planquez-la. Soyez chauds pour les gavioles ; chez le réfacteur ou le mannezingue, battez comptois sur la toussante et gaffez la boîte à cornes sur la sorbonne.
2. Ne placardez pas votre douille dans une filoche, mais dans une profonde secrète.
3. Ne mettez au fourgat aucun baluchon de marcandier, s'il, doit passer la sorgue chez vozigues.
4. Lorsque vozigue tapez des châsses à la piaule, piaussez \ozigue sur les frusques rupines.
5. Quand un mariol propose à vozigue du métal pour des jaunets, encarrez-le chez lebalanceur de braise ou le beurrier.
6. Soyez chaud avec les chênes qui montrent à vozigue du mobilier de poche, et qui veulent faire pitancher vozigue.
7. N'attriquez jamais aux boucardiers gambilleurs ; il vaut de belle se faire grinchir par un boucardier établi.
8. Ne laissez pas la tournante au conservatoire de cambuse ni à la lourde. Quand vouzigue louerez dans une turne, tachez que le portanche de la taule soit un vrai lourdier, et non graveur sur cuir ou frusquineur en panard.
9. Visitez votre bou tanche quand elle sera bouclée ; ne l'isolez
MAXIMES DE VOLEURS 2o3
jamais à la sorgue sans un chenu cabot ; ne parez votre tournante à aucun marquant ; ne chopez pas une boite dans la piaule d'un quart-d'œil, d'une vermine, d'un gouspin, d'une hirondelle au mont Saint-Jean ou d'une débacleuse de mômes.
10. Que vozigand ne se prennent pas à l'huile d'un remouleur de buffet, de négociants de petit crochet, ni aux trucheux caïmans ou rafales qui aquigent à votre lourde.
ii. Lorsque vozigue entirez à la foresque, ou que vous alliez rouler vos guibolles à la sorgue, ne faites crosser ni votre blanquette ni votre braise.