Cf. Glossaire
3. Fr. -Michel, p. 371 : « Rupin... du bohémien anglais, hongrois, espagnol, rup; hindoustani, rupa, argent. »
k. Cf. t. I, p. Zi5-/i7, 392, et t. II, p. O-7.
\or> quitta... pour la venir espouser en bas sur la dure, où il l'aquigea rupine, tellement noble et respectée... ; 263 : Je rencontrav un chenastre rupin qui trima quelque temps avec mesiere.
i->.:). ( i r.ui val, I, 336 : Rupin, gentilhomme ; rupine, dame.
1800. Chauffeurs, IT, 90 : Roupin, bourgeois.
1837. Dictionnaire : Rupin, gentilhomme.
[836. Jargon, I, 2i5: Rupin, bourgeois; rupine, dame.
1837. Lettre de voleur, II, 192 : Si tu consens à nous laisser rebâtir le ratichon et sa larbine, nous irons pioncer dans le sabri du ruj)in (« seigneur ») de ton villois...
Vidocq cile également rupin, mais à titre de mot historique; et, en effet, à partir de 1837, le terme disparaît du domaine argotique, au moins avec son sens traditionnel de « gentilhomme ».
3. Sens. L'acception de « gentilhomme » est générale jusqu'à la fin du xvine siècle ; le vocabulaire di ■> Chauffeurs de 1800 et l'édition du Jargon de i836 lui donnent le sens de « bourgeois ». Haibert d'Angers est le premier qui, dans son édition du Jargon de 1849, note la transformation du substantif en adjectif: « Rupin, fameux, beau », tandis que le féminin « Rupine, dame bien mise» garde encore chez lui le sens ancien du mot. Depuis, la valeur d'épithète devint prépondérante jusqu'à faire complètement disparaître l'acception primordiale :
i856. Fr. -Michel : Rupin, noble, gentilhomme, richard.
18O6. Delvau : Rupin, homme riche, fashionable, mis à la dernière mode. Rupine, drôlesse, fille à grand tralalas de toilette et de manières.
1872. Larchey : Rupin, élégant, homme riche; (Suppl.) : généreux, distingué de toutes façons.
Les Sources de l'Argot Ancien, t. II. 14
1876. Richepin, La Chanson des gueux, p. 182 : Rupin, fort, beau, riche, malin.
1881. Rigaud : Rupin, riche, élégant, comme il faut; malin.
1900. Rossignol : Rupin, riche, bien mis, en citant (p. 199; ces vers d'une chanson de la Gourtille :
Le rupin même a le trac de la femme, Nous la bravons chaque jour, Dieu merci !
4. Formes. Dans la seconde moitié du xixc siècle, rupin a souvent changé d'aspect et sa fécondité sémantique a amené une richesse formelle correspondante :
a. Formes abrégées : Rup, grand, noble, élevé, beau, riche, élégant, dans l'argot des faubouriens et des filles (Delvau) ; riche, généreux (H. -France, qui cite un exemple d'Odysse Barrot).
b. dérivées : Rupart, élégant, homme riche (Larchey). Rupinskoff, même sens que rupin (Delvau, SuppL) ; être ru-
pinscojf, être dans l'aisance (Larchey, Suppl.) ; très bien, excellent (H. -France, avec une citation du Père Peinard).
c. modifiées : Urpino, élégant, distingué, bon genre : c'est urpino aux pommes, c'est le comble de l'élégance (Rigaud).
Urfe, urf, urph, soigné, bien fait (Larchey), élégant, très bien (Suppt.) ; superbe, exquis, excellent, argot des voyous (Rigaud).
Hurf, beau, excellent (H. -France, avec une citation du Père Peinard).
Hurepois, excellent, très réussi, dans le jargon des voyous (Rigaud).
Ce dernier avatar laisse à peine entrevoir l'aspect primitif du mot. La déformation, tendance si accusée dans l'argot moderne, s'attaque au commencement ou à la fin des mots et parfois (comme dans notre exemple) aux deux à la fois. La richesse ver-
baie ainsi obtenue est illusoire et toute de forme. ."). Expansion. Les vestiges de rupin, en dehors du jargon proprement dit, sont nombreux et curieux. Essayons de les grouper dans le tableau suivant :
a. Langues spéciales. — Argot moderne: «Je vas continuer par un tour chouette pour épater les rupins... Hier j'y ai écrit une babillardc urf... j'sais pas quelle tronche il aura faite en dégotant mon charibotagc ». Méténier, p. i54 et 1G0.
fcxgot breton : rupin, richard, monsieur (Quellien). Fourbesquc : rupin, « signore », à côté de l'argot piémonlais rupi nant, « ben messo ».
\rgot portugais: rupini, riche1.
b. Bas-langage -. — a. Langage des souteneurs et des filles : Rupin, homme riche, calé, cossu; au superlatif rupins-
i. Voir notre Argot Ancien, p. 1 5 1 et 3Ô2.
•>. Voici les ouvrages que nous avons mis à contribution ; nous les ennuierons d'après la date de leur apparition :
I. Emile de la Bédollière, Les industriels, métiers et projessions en France, Paris, iS^a (p. 73-80 : Le marchand de coco ; p. 169-17G : Le chiffonnier).
Denis Poulot, Question sociale. Le Sublime ou le travailleur comme il est en 1870, et ce qu'il peut être, 2e éd., Paris, 1873. L'auteur, ancien contre-maître à BelleviUe, y étudie le caractère et le langage des ouvriers en 1er et des fondeurs.
Jean Richepin, La Chanson des Gueux. Gueux des champs, Gueux de Paris, Nous autres Gueux, Paris, s. d. [187C]. Renferme un glossaire argotique. Nous utilisons l'édition de 1891, Charpentier.
— La Mer, Paris, 1886.
— Mes Paradis, Paris 189a.
Emile Zola, L'Assommoir, Paris, 1877. Préface : « Ma volonté était de faire un travail purement philologique, que je crois d'un vif intérêt historique et social. »
Aristide Bruant, Dans la Rue, Chansons et Monologues, 2 vol., Paris, s. d. [1889-1895].
— .Sur la Route, Chansons et Monologues, Paris, s. d. [1897].
— Dictionnaire français-argot, Paris, 1901,
Oscar Méténier, La Lutte pour l'amour. Etudes d'argot, Paris, 1891.
a i a conclusion
kojf; les souteneurs disent à leur marmite : « Lève donc le gonce, il est rupin, il doit être au sac » ; urfe, homme chic : « J'ai levé un miche qui est rien urfe » ; une chose urfe est une belle chose, supérieure (\ irmaître).
Quoique en faisant i'mème turbin qu' moi... Seulement ell's, a sont pour rupins Et moi j'suis qn' pour les purotins.
(Rictus, Doléances, p. i<i).
b. Langage des chiffonniers : « Un mot favori des chiffonniers est rupin, vieille expression autrefois employée pour désigner un gentilhomme. Tout ce qu'ils trouvent bien, tout ce qui excite leur admiration, est rupin ou chenu. » La Bédollière, p. i7i
c. Langage des typographes : « Rupin, rupino, distingué, coquet, bien mis ; urfe, très bien (peu usité) ; urpino, altération de rupin ». Boutmy.
La première édition, sous le titre La Chair, parut à Bruxelles en i885.
Jehan Rictus, Les Soliloques du pauvre, Paris, 1 S (j 7 .
— Doléances, Nouveaux Soliloques, Paris, 1900.
Ajoutons : J. Iv. Huysmans, Les Sœurs Vatard, Paris, 1878, et Octave Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre, Paris, 1900.
Vann Nibor, La Chanson des Cols-bleus. Chants populaires de. la flotte française, Paris, 1901, et Paul Paillette, Les Tablettes d'un lézard. 'Extraits, Paris, ,883.
G. Courteline, Les Marionettes de la vie, Paris, 1900.
II. Léon Merlin. La Langue verle du troupier, Dictionnaire d'argot militaire, Paris, 1886.
Eugène Routmy, Dictionnaire de l'argot des typographe», Paris, 18&&.
III. L. Guillemant, Dictionnaire patois ou recueil par ordre alphabétique des mots et des expressions du langage populaire les plus usités dans la Bresse Louhannaise et une partie de la Bourgogne, Louhans, 189/1-1902.
Nizier de Puitspelu, Le Littré de la Grand' Côte, Lyon, 1903. Cf. nos Étymologies lyonnaises, à propos du « Littré de la Grand'Côte », Paris,
A. -G. Verrier et R. Onillon, Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers d'Anjou, 2 vol. Angers, 1908.
Quant «aux autres glossaires dialectaux que nous citerons d'après les noms de leurs auteurs, voir la note bibliographique dans notre Argot Ancien, p. 212.
il. langage des ouvriers ; « Los mots de chicard, chouette, rupin... soi il employés pour exprimer la perfection par tes ouvriers parisiens ». La Bédollière, p. 7/i.
e. Bas-langage en général :
LUI ré: Rupin. Terme d'argot... Ce mot est devenu un terme populaire pour désigner des hommes bien mis.
Hayard : Rupin, riche; urf, chic.
Rossignol : Rupin, riche, bien mis; urf, beau, joli, bon : c'est ///;/'.
Voici maintenant quelques exemples lires des écrivains populaires :
J 'allons aller chez 1' pus riche, Chez l' proprio qu'est l' pus rupin..,
(Bruant, Route, p. îli).
Oui, je l'sais ben, j'ai-z-un' sal' fiole, J'ai vraiment l'air d'un rupin...
C'est rupin, c'est urf, c'est joli.
Ça a de bell's manières...
Fort île* llùtes et de la pince, Vuv plus rupins il disait mince Et cognait dur...
(Idem, ibidem, p. 2A).
(Idem, Rue, II, i*3).
(Richepin, Gueux, p. 182).
Car la femme a n'a qu'un pépin,
Sou mal' s'rait-y l'roi des Rupins,
L' pus marioll' de tous les royaumes,
Pour Elle... c'est jamais qu'un pauv' môme.
(Rictus, Soliloques, p. 62).
Les patrons sont des exploiteurs et les contremaîtres des mufes, mais lui [le sublime] c'est un chouette, un rupin, un d'attaque (Poulot, p. 68).
Cependant Bec-Salé était allé chercher le tourniquet sur le comptoir et jouait des consommations avec Coupeau. — Deux cents!... T'es rupin, tu amènes le gros numéro à tous coups. «Zola, p. 447).
c. Parlers provinciaux. — Normandie (canton de Pieux) : Itupin, rusé; être en rupin, être en gaieté, être joyeux (Du Méril).
Poitou, Vendée : Avoir l'air rupin, c'est avoir l'air vif, entreprenant (Lévrier) ; c'est avoir le visage rubicond et éveillé (Lalanne).
Anjou : Rupin, beau, distingué, remarquable, ou qui se croit tel ; bien mis, plein de chic (ne s'emploie que par ironie et seulement au masculin) ; fort, solide, robuste; malin, habile ; hurf, chic, beau (Verrier et Onillon).
Voilà les vicissitudes multiples du mot rupin jusqu'à nos jours. Nous allons maintenant passer rapidement en revue les termes les plus importants du vocabulaire jargonnesque qui ont survécu, en renvoyant pour les autres au Glossaire étymologique qui termine cet ouvrage. Aux dictionnaires d'argot plus ou moins suspects nous ajouterons, entre autres1, les témoignages des deux lexiques récents dénués de toute prétention et méritant d'autant plus de confiance2.
i. Voir la note bibliographique qui précède.
2. Dictionnaire Argot- Français par Napoléon Hayard, dit l'Empereur des Camelots, Paris, Léon Hayard, s. d. [1907]. On lit dans la Notice préliminaire : a Hayard a noté ce qu'il entendait... On ne rencontrera, dans ce dictionnaire, que des termes actuellement en usage. » Malgré ces affirmations, et dans l'intention de grossir la brochure, l'éditeur y a inséré plusieurs mots suspects de Macé (tels : albache, epprener, ermite, etc.); mais, pris dans son ensemble, ce petit vocabulaire rellète assez fidèlement les milieux fréquentés par l'auteur.
Dictionnaire d'Argot par Rossignol, ex-inspecteur principal de la Sûreté, Paris, Ollendorf, s. d. [1901]. Cf. Prélace, p. vi : « Pour que ce dictionnaire soit vrai et aussi complet que possible, je ne me suis servi que de ma mémoire ; j'avais, à cet effet, depuis plusieurs années, toujours dans mes poches, un crayon et un petit cahier de papier sur lequel j'inscrivais les mots qui me semblaient bons à retenir. Ce sont ces mots réunis que j'ai classés en ce dictionnaire... »
Voici la liste de ces survivances :
Abouler, apporter (1790) et venir (Vidocq), aujourd'hui surtout avec le sens de « donner à regret, paver en s'exécutant » : Veux-tu abouler ton pèze pour raquer la chopotte ? (Rossignol).
Aboule un Iitro ! commanda Pacha au garçon (Méténier, p. 157). Le bourgeois ([u'aboul' ses six ronds, 11 connaît pas l'économie...
(Mac Nab, Chansons du Chat-Noir, 11, 28).
El avec le sens d' « arriver tout à coup » : Mettons-nous à table: vous allez le voir abouler (Zola, p. io3).
Aciiar, acharnement (Vidocq), dans l'expression d'autor et d'achar, d'autorité, vivement, énergiquement.
Je suis resté d'autor et d'achar avec les journalisses (Méténier, p. 290).
J'applaudis d'achar et d'autor.
(Bruant, Rue, II, 17G).
Les joueurs d'écarté se servent de l'expression d'autor, lorsqu'ils jouent sans aller aux cartes (Rigaud).
\i i ireh, gagner, afflr, profit (i836), aujourd'hui bénéfice, gain, licite ou non (Hayard).
Mais les lapins, mais les bécants, Ceux avec qui qu'y a pas d'aJJ'ure...
On les dégringole à la dure.
(Bruant, Rue, II, 18).
J'veux rien savoir d'ia galette, One j'easque, ou que j'affure, Qu'est-c' qu' ça fait?...
(Paillette, p. 72).
Terme familier aux joueurs : dans une partie d'écarté, celui qui gagne, affure (Rossignol) ; il porte plaisamment le nom de Monsieur de VAJJur (Delvau).
Dans le langage des ouvriers, ajfur désigne l'avance d'argent sur un ouvrage (Rigaud).
Aile, bras (Vidocq), passé dans le bas-langage: Prends mon aile, s'y te touche, je le crève (Virmaître). On dit dans le même sens, aileron (Rossignol). A l'époque de d'Hautel (1808), ce dernier désignait les mains, les doigts.
Allumer, regarder attentivement (1795) ; même sens aujourd'hui.
Allume la tronche de la môme qui radine (BossignoU.
Allume, v'ià le cipal qui vient boucler la lourde (Méténier, p. 188).
Dans le langage parisien : Allumer, regarder avec soin, observer (Rigaud), regarder avec attention, épier, espionner (Nisard, Parisianlsmes, p. 7). Verrier et Onillon donnent ce même verbe comme terme faubourien.
Ance, eau, à côté de lance (c'est-à-dire Vance), aussi avec le sens de « pluie », à côté de lansquiner, pleuvoir et pleurer (1839); de là lansquine, pluie, abrégé lansque, môme sens1. Dans le bas-langage : Lance, eau, pluie : il tombe de la lance à ne pas mettre un chien dehors ; lansquine, eau, pluie ; lansquiner, pleuvoir : il lansquine à torrents ; lansquiner des châsses, pleurer ; lansquineur, petit mendiant qui fait semblant de pleurer à chaudes larmes sur la voie publique pour attendrir les passants. Argot du peuple (Virmaitre). Aussi j' suis gai. Quand la lansquine "M'a trempé V cuir, je m'essui' l'échiné Dans 1' vent qui passe...
(Richepin, Gueux, p. i;3 .
I fait si tell'ment noir, qu'on peut Pas seul'ment voir, si i' lansquine.
Pleut-i ? Pleut-i pas ? c'est un combe !
(Bruant, Rue, I, i63).
Mais qu'y lansquine ou qu' y fasse beau, Mon Guieu... com' y f'ra bon de s'étendre !
(Rictus, Soliloques, p. 60).
Il déjeune avec un sou de pain, une botte de radis et de la lance... Nous devions aller hier voir jouer le Glacis de lance - au théâtre (Poulot, p. 71 et 268).
Le mot est particulièrement familier au langage des casernes : Lance, pluie : il tombe des lances 3, il pleut (Merlin). Il a passé en outre dans quelques parlers spéciaux, comme l'argot breton de Vannes, où lanche signifie eau, pluie (Quellien).
1. Y s'agissait de glisser un macchabée au fil de la lansque (Louise Michel, citée dans H. -France).
a. C'est-à-dire le Verre d'eau.
3. Rapprochement fortuit avec la locution populaire : il pleut des hallebardes, à laquelle fait allusion Victor Hugo, dans les Misérables, 1. VII, ch. 11 : « Il lansquine, il pleut, vieille figure frappante qui porte en quelque sorte sa date avec elle, qui assimile les longues lignes obliques de la pluie aux piques épaisses et penchées des lansquenets ». Voir, sur ces prétendues métaphores argotiques, la préface spirituelle (malgré son parti-pris d'exagération) de la Bibliographie d'Yves-Plessis : le personnage d'Hylas y est censé reproduire les idées de Marcel Schwob.
axtifk, ehtifle, église (1628;, surtout dans la locution battre Vantiffe, battre l'estrade, marcher (1725), proprement fréquenter assiduement les églises, comme faisaient les gueux,
pour demander l'aumône. Cette expression a passé dans le bas-langage.
Obi beau battre l'antijle, le flacul fait pas ses frai*.... (liéténier, p. 282).
— Que l'ait la môme î
— Elle bat Vantif pour dégoter un miche (Vinnaître).
lu nom «les chemineui d' la ville, Coureurs de rw's, batteurs (fanti/s, Qui sont des centain's et des mille "... Faut pas démolir les lortifs !
(Bruant, Dictionnaire, p. fy;).
La même expression, employée par les écrivains burlesques *t a passé dans plusieurs parlera provinciaux : Lyon, Provence, etc. ».
Le bas-langage connaît en outre : antiffbr, i:\iikkeii, entrer (Hayard), à côté de rbktiffer, rentrer, sens généralisés, proprement entrer, rentrer à l'église.
La lourde était boucler, foi antifi de riffe (Rossignol). \II011-, ma tilt', l'est temps d' briller. Vu truc !... Quoi ? tu veux rentiffer ?
(Richepin, Gueux, p. 189).
Le parler du Bas-Maine possède encore entijler, enticher, enjôler (Dottin), sens rappelant l'autre acception de battre cuti fie, dissimuler (Vidocq), et faisant allusion à la contenance hypocrite des gueux pour appeler sur eux la charité des âmes sensibles.
Arpion, main (1628), pied (Vidocq), aujourd'hui avec ce dernier sens, d'où l'on a tiré récemment arpionner, marcher (v. H. -France).
Près des théâtres, dans les gares, Entre les arpions des sergots, C'est moi que j' cueill' les bouts d'cigares, Les culots d' pipe et les mégots.
(Richepin, Gueux, p. 1G6).
Terme familier au bas-langage et aux parlers provinciaux, où il désigne, par exemple dans l'Anjou, les doigts des pieds.