Ed. Lemaître et Clouzot, p
LES H ll\|\ VNCES DE L'ARGOT ANCIEN 233
rentrer nia pauvre frangine... Allons chez le bistro, les franijins .' (Méténier, :i7. > et 188).
Voyes-voun frangin», eh ! lergots, Faut et' bon pour l'onèce humaine.
(Hichepin, Gueux, p. 17V).
M. m vieux frangin, tu viens bouffer d' la case...
(Bruant, Rue, II, 48).
Termes usuels dans le langage des casernes (Merlin), dans celui des typographes (Boutmy) et dans certains parlers provinciaux : Bresse, frangin, frangine, frère, sœur: ils ne sont pus frangins, ils sont ennemis (Guillemant) ; Anjou, frangin, frère (« mot d'argot assez usité », Verrier et Onillon).
Frétille, paille (i5qq), a passé dans plusieurs patois :
Bourguignon, frétille, paille (La \lonnoie);
Picard, couquer à la frétille, coucher dans les champs, en plein air (Jouancoux), souvenir d'une des quatre manières de coucher des gueux (t. I, p. 1 5 1 ) :
Haut-breton, Ille-et-\ ihiine : Vous reste-t-il du pain? — II ne m'en reste pas une fertille (Grain), c'est-à-dire un fétu, rien.
lui sqi es, habits (1790), et son synonyme plus ancien frus- 01 in (1628), l'un et l'autre depuis longtemps populaires *. Le premier a produit les dérivés : frusquér, habiller, etdéfrusquer, se dévêtir (Rossignol).
Est-il frusqué un peu choueUement ? (Méténier, p. 161).
Adèle, un beau matin, a emporté ses frusques (Zola, p. 237).
Il- ont beau être riches, avoir des frusques de soie et de velours ( Mirheau, p. i3i).
Le mot est très usité dans l'argot du Temple : « Les vêtements, en termes génériques, sont des frusques » (Mornand, p. 180).
(. u ri:, gardien (Vidocq), d'où gaffer, ou faire le gaffe, faire le guet (Rossignol), et les dérivés : gaffier, filou des halles (Rigaud), gafiller, faire attention, surveiller (H. -France), ce dernier devenu populaire :
Jett' ton mégot, brave ouverier...
Viv'ment ! on rentre à l'atéier...
Au tas. turhin' sans sourciller, L' patron commence à gafiller.
(Paillette, p. 5o).