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Noir, sur frusqnin, le (llossaire

Gaille, gave, cheval (Vidocq), anciennement galier Ci 455) et gailler (1628), conservé sous la forme gail (Hayard) ou gaye (Rossignol), surtout dans le langage des maquignons et des cochers de fiacres qui appellent leurs chevaux des caillons (Rigaud). De môme, dans l'argot des typographes (Boutmy). Moi j'étais le gaille, et va comme je te pousse (Méténier, p. 120). Garçon, voleur de campagne (Vidocq), encore vivace : dans le monde des voleurs et rôdeurs de barrières, garçon veut dire homme sur qui on peut compter, incapable de faire une dénonciation (Rossignol).

T'est t'un garçon comm' moi, tu n'a pas Y taf.

(Bruant, Rue, Iî, /,8).

On disait anciennement, dans le même sens, mauvais garçon (v. t. II, p. 102), et une des rues de Paris en a gardé le nom.

Gâte, fausse-partie dans l'argot des grecs (Vidocq), acquit l'acception généralisée de « mystification » : monter une gaye, inventer une chose désagréable à un ami pour le faire mettre en colère (Rossignol) ; de là, engayeur, individu qui par ses plaisanteries arrive à faire mettre quelqu'un en colère, et engayer faire endèver, taquiner (Idem).

Gâteux, trompeur (Villon), survit dans le moderne engailleur, espèce de filou ou complice: X engayeur est indispensable à tous les camelots ; c'est lui qui le premier achète l'objet mis en vente, pour entraîner les acheteurs ; Y engayeur est le complice du bonneteur : il mise pour engayer les pontes à jouer (Virmaître). De là, engayer, faire du boniment (Hayard), engager, attirer en général.

Vas Y engayer pour boire un glass, je vous retrouverai chez le bistro (Méténier, p. 20/1).

Allons, viv'ment, va croustiller :

T'as une heur' pour discutailler, Lire ton journal et t' fair' payer Au zanzib', le coup d' l'étrier Chez 1' bistro epu' tu veux engayer.

(Paillette, p. 60).

Ces termes ont passé de l'argot des filous ou tricheurs dans celui des camelots et ont fini par se généraliser dans le baslangage.

Gironde, jolie (1828), passé dans le bas-langage qui en a tiré un masculin girond, beau : Une belle fille est gironde, tout ce qui est beau est girond ; dans les régiments des zouaves, on

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nomme un girond le jeune soldat, beau garçon, qui campe avec un vieux (Rossignol).

J'ai un chouett' moure, La bouch' plus p'tit' que les calots, L'esgourd' girond comme un' Ostende.

(Richepin, Gueux, p. |86).

Ma gosse à moi, c'est eun' g i ronde, Mais a cran' pas comm' ces femmes-là.

(Bruant, Rue, I, 118).

Elle est rudement gironde la femme (Poulot, p. 19C).

Rigaud cite un dérivé girondin, au sens de « dupe », dans le langage des camelots et des truqueurs. Glace, verre à boire (1C28). Mot populaire. Veux-tu prendre un' glace chez le bougnat? (Hayard). Viens que je te paye un glau (Méténler, p. aili).

\ussi sous la forme glacis: prendre une consommation est sucer un glacis (Rossignol).

(ioN/E, homme, et gonzesse, femme (Vidocq), termes vivaces dans le langage des souteneurs et des filles (aussi sous la forme gonce ou goncier) ; dans celui des casernes, gonzesse désigne la maîtresse du troupier (Merlin).

La gonzesse turbine, y aura de la galtouze ce soir ! (Méténier, I». 18e).

Tous ces gonc's-la, c'est des clampins, Des richards, des muf's, des gavés...

(Richepin, Gueux, p. 170).

J' saigne un goncier comm' un lapin...

(Bruant, Rue, I, 98).

Avec quoi qu' j'aurais des gonzesses ?

(Idem, Route, p. 25).

Ces mots ont passé dans les parlers provinciaux ; dans l'Anjou, gonse désigne le gamin, le gosse, le moutard, et gonzesse, une gamine ou une drôlesse (Verrier et Onillon).

Goualeb, chanter (Vidocq), passé dans le bas-langage, comme ses dérivés : goaalant, chanteur, goualante, chanson, goualeiise, chanteuse (Rossignol).

Populo gouale ses amours Et V plaisir d'aimer dans la dèche.

(Rictus, Soliloques, p. i23).

A m' prendra dans ses bras Comm' eun' moman quient son moutard, Comm' un goualant d' su's sa guitare...

(Idem, p. 63).

'à'M\ CONCLUSION

Gouape, vagabond (Vidocq), mot devenu populaire dans ce sens et dans celui de « vagabondage, fainéantise », avec les dérivés gouaper, flâner, et gouapeur, vaurien.

Une tète canaille, au nez retroussé de youapeur... Soufflez donc, tas de gouapes ! (Méténier, p. 64 et 19e).

Il rencontrait un tas de gouapes qui ne voulaient pas vous lâcher le coude... Lorsqu'on était marié..., on ne devait pas gouaper dans les bastringues... Une bousculade de gouapeurs tirant une bordée (Zola, p. 191, 298 et 53o).

L' jour de congé, 1' marin gouape

Est heureux d' grimper dans 1' train... (Nibor, p. 85).

Dans le langage des casernes, gouape désigne le loustic, le blagueur, et gouaper y signifie ridiculiser quelqu'un, se moquer de lui (Merlin).

Dans celui des typographes, une espèce de compositeurs s'appelle les caleurs ou gouapeurs, qui se dérangent à chaque instant, en opposition avec les ogres, qui gagnent un prix fixe par jour en travaillant aux pièces (Moisand, dans le Supplément de Larchey).

Les mêmes termes ont passé dans les parlers provinciaux : dans la Bresse, gouape, vagabond, fainéant, débauché, ivrogne, et gouaper, vagabonder, boire à outrance ; — dans l'Anjou, gouape, homme ou femme peu recommandante, propre à rien, gouapeur, voleur, gouèpe, viveur, noceur, voleur, <joa<>per, voler, et gouepeur, voleur.

Gourer, tromper (xve siècle), passé au xvme siècle dans la langue générale, aujourd'hui conservé dans le bas-langage avec une nuance de « se méfier, se tromper » : Celui qui craint d'ôtre suivi par un agent pour le surveiller, se goure ; tu te goures, si tu crois que c'est Jules qui m'a dit cela (Rossignol).

Richepin emploie souvent ce verbe au sens de « se carrer », c'est-à-dire s'illusionner :

I' s' gour* dans son col qui craque... Alors, vrai, vous trouvez qu' je m' goure f

(Richepin, Gueux, p. 180 et 186).

Dans le langage des coulisses, se gourer, c'est ne pas observer la couleur locale, commettre un anachronisme (Rigaud).

Grain, écu (xvc siècle), aujourd'hui vieilli, mais encore usuel au commencement du xixc siècle : « Ce grain de six balles que je vous baillons en avance, » lit-on dans Le Galant Savetier de Saint-Firmin (1802, se. ix)*.

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